Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire
Jennifer St-Yves-Lambert
Fortunes des œuvres d’Ancien Régime
Lectures et réceptions avant la Révolution
VIIIe colloque jeunes chercheurs du Cercle interuniversitaire d’études
sur la République des Lettres (CIERL)
Université du Québec à Rimouski (13-14 juin 2008)
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Jennfier ST-YVES-LAMBERT (UQTR), «Exemplarité féminine et rhétorique de la séduction: Gabriel Henri Gaillard et l’éducation à la parole»
Résumé de la communication
Madame de Sévigné, Madame de Lambert, Madame de Graffigny et Madame Deshoulières sont autant des femmes de lettres que des femmes du monde qui servent d’exemples dans un traité de rhétorique du XVIIIe siècle négligé par la critique littéraire. Ce texte jette pourtant un nouvel éclairage sur l’histoire des femmes, puisque pour la première fois, femmes et rhétorique se conjuguent dans un Essai de rhétorique françoise a l’usage des jeunes demoiselles publié en 1745 par Gabriel Henri Gaillard. Habile rhéteur et séducteur, l'auteur fournit plusieurs exemples qui illustrent ses préceptes, lesquels sont tirés de l’écriture de femmes d’Ancien Régime, alors que toute une argumentation flatteuse est construite autour de ces mêmes auteurs. Il écrit dans sa «Préface»: «les Femmes me paroissent plus propres aux Arts que les hommes mêmes; non-seulement à cause des agrémens de l’esprit naturel, du goût, du sentiment fin et délicat qu’elles aportent en naissant; mais encore parce que je ne vois point s’élever entre celles qui cultivent les Lettres, cette basse jalousie de métier qui nous déshonore». À partir de cet extrait et d’autres, nous tenterons de montrer comment l’exemplarité féminine est utilisée dans un savant traité de rhétorique, afin de plaire à un public de salonniers, tout en se basant sur l’idée d’Emmanuel Bury qui rappelle que «le caractère féminin [du salon] contraint le savant à se faire mondain, et à plaire: pierre de touche de toute la ‘’doctrine classique’’, la séduction est un art du monde avant d’être une règle littéraire». Il sera donc possible de voir que l’interprétation flatteuse de l’écriture de femmes du monde des XVIIe et XVIIIe siècles à l’intérieur d’un texte des Lumières sert sa propre réception dans les salons lettrés.
Notice biobibliographique
Jennifer St-Yves-Lambert est étudiante en deuxième année à la maîtrise à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Le titre de son mémoire est L’éducation des femmes à la parole: la Rhétorique à l’usage des jeunes demoiselles (1745) de Gabriel Henri Gaillard. Elle travaille sous la direction du professeur Marc André Bernier.














