Apprendre à mieux conserver
les écosystèmes nordiques
19 décembre 2006
L’adaptation des écureuils aux changements climatiques, la survie du renard arctique, la dynamique de la population de porcs-épics dans le Parc du Bic, les aires de protection des mammifères marins dans le Saint-Laurent: voilà autant de préoccupations qui motivent les étudiants de Dominique Berteaux, professeur de biologie à l’UQAR et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la Conservation des écosystèmes nordiques.
Depuis cinq ans, une vingtaine d’étudiants inscrits à la maîtrise ou au doctorat, à l’UQAR mais aussi dans d’autres universités, ont travaillé avec M. Berteaux, sur de tels projets de recherche. D’autres, au baccalauréat, ont également été initiés aux recherches sur le terrain.
«L’objectif de la Chaire, explique le chercheur, c’est de mieux comprendre les écosystèmes qui caractérisent les pays nordiques. Notre nordicité nous impose des écosystèmes uniques. Nous essayons de mesurer la dynamique des populations animales, de comprendre les influences humaines dans ces systèmes et aussi, de proposer des moyens pour limiter les dommages à la biodiversité et pour faire du développement durable.»
Dominique Berteaux dirige cette chaire de recherche depuis cinq ans. Il est optimiste pour un renouvellement prochain, qui permettrait de continuer le travail jusqu’en 2011. Le mandat de la chaire pourrait être élargi avec l’ajout d’un cotitulaire. Il s’agirait du professeur de biologie Joël Bety, qui s’intéresse aussi aux questions écologiques des milieux nordiques, avec une attention particulière pour les oiseaux (oie des neiges, oiseaux de rivages).
Préoccupations pour l’environnement
«Mes étudiants font partie d’une génération très préoccupée par l’environnement, constate Dominique Berteaux. Je suis toujours étonné de voir leur très forte motivation pour aller sur le terrain, parfois pendant plusieurs mois et dans des lieux lointains et isolés. Ce n’est pas toujours rigolo... En biologie, il y a un aspect intellectuel, mais aussi un côté pratique et très lié à la nature. C’est cette fusion des deux que les étudiants apprécient. Avec des téléphones satellites, des tentes, des boîtes de conserve et des armes pour se protéger des prédateurs, ils sont prêts à relever des défis, en petites équipes. Ça tombe bien, nous avons besoin de leur expertise pour mieux comprendre les comportements des animaux sauvages et pour mesurer les changements qui surviennent dans la nature nordique.»
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En plus des projets sur les mammifères terrestres, l’un des projets de recherche du professeur Berteaux porte sur les mammifères marins. En collaboration avec l’Institut Maurice-Lamontagne, le Groupe de recherche et d'éducation sur les Mammifères marins (GREMM) (à Tadoussac) et la Station des recherche des îles Mingan, des étudiants de l’UQAR tentent de délimiter des zones de protection nécessaires à leur survie. «La pression des touristes, qui partent en croisière pour observer les bélugas et les rorquals, et le trafic marchand créent des problèmes pour ces grands mammifères marins. Nous essayons de mieux comprendre leur écologie et leurs comportements pour que la gestion des zones qui sont importantes pour leur survie se fasse sur des bases scientifiques solides.»
Dominique Berteaux fait aussi partie du COSEPAC, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ce comité est formé de spécialistes qui font des recommandations au gouvernement du Canada pour identifier les espèces en péril, sur terre, dans les airs ou dans les eaux. Ces recommandations préparent le travail des comités de rétablissement des espèces en péril qui, eux, proposent dans chaque cas des mesures de protection des habitats: création de parcs, diminution de l’exploitation forestière dans certaines zones, exploitation durable, etc.
Les membres du COSEPAC commencent d’ailleurs à s’inquiéter de l’absence de réponses de la ministre de l’environnement du Canada, Mme Rona Ambrose, à tous les messages qu’ils lui font parvenir. Son prédécesseur, Stéphane Dion, avait au moins l’amabilité de participer au dialogue avec les scientifiques…
«Par rapport à la préservation de l’environnement, estime Dominique Berteaux, je pense que le degré de conscience augmente dans la population, mais moins vite que les problèmes auxquels nous sommes confrontés avec, par exemple, la pollution et les changements climatiques. C’est donc important que les représentants politiques se sentent concernés par ces questions et soient de bons leaders.»
Mario Bélanger
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Renseignements:
Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
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