Pourquoi étudier en sciences de la mer?
Entrevue avec Cindy Grant, étudiante à la maîtrise en océanographie à l’ISMER-UQAR
6 février 2009
Peux-tu donner une brève description de ton cheminement scolaire?
Après avoir complété un diplôme d’études collégiales en sciences de la nature au Cégep de Matane, je me suis inscrite au baccalauréat en biologie de l’UQAR. Je dois avouer que c’est la biologie marine qui m’a d’abord attirée ! Finalement, j’ai fait un baccalauréat en biologie mais avec un profil général.
Après le baccalauréat, qu'est-ce qui t'incitait particulièrement à poursuivre au 2e cycle?
J’ai obtenu mon baccalauréat en 2003 et j’avais alors besoin de connaître le marché du travail. Il n’y avait, à ce moment dans ma tête, aucun projet de maîtrise dans l’air ! J’ai donc travaillé en tant que contractuelle en biologie marine, à l’Institut Maurice Lamontagne, pendant quelques années. Ces années m’ont permis de bien cibler le type de travail que je souhaitais faire tout en acquérant de l’expérience dans un domaine peu achalandé : la taxonomie d’invertébrés marins. Le retour aux études est venu d’une envie de gérer mon propre projet, d’aller voir un peu plus loin que ne me le permettaient les contrats de travail et aussi, d’approfondir mes connaissances théoriques et pratiques. Étant biologiste de formation, la maîtrise en océanographie me donne l’occasion d’apprendre sur des disciplines telles que la chimie, la physique ou la géologie. L’intégration de ces notions me fournit une vision plus globale des problématiques de recherche qui m’intéressent.
Comment ça va les études? Sur quoi travailles-tu surtout?
J’en suis maintenant à ma 6e session d’études à la maîtrise en océanographie à l’ISMER. Mon projet de recherche est une collaboration avec une équipe française ce qui m’a permis de passer plusieurs mois en France dans le cadre de mes études. Je travaille sur la faune benthique, c’est-à-dire les petits vers, les coquillages et les crustacés qui se trouvent dans le sédiment. Avec mon directeur de recherche Philippe Archambault (ISMER-UQAR) et mes co-directeurs Chris McKindsey (Institut Maurice Lamontagne-MPO) et Frédéric Olivier (Muséum National d’Histoire Naturelle de France), nous tentons de déterminer l’impact d’installations mytilicoles (moules) sur l’environnement benthique. En France, l’aquaculture des moules se fait entre autres sur des pieux (qu’on appelle bouchots), dans la zone de balancement des marées. Dans le cadre de mon projet, nous voulons savoir comment la présence de ces pieux modifie ou influence l’écosystème benthique, à savoir le sédiment lui-même ainsi que les organismes qui y vivent. Concrètement, les résultats de mon projet visent à proposer des éléments de gestion de l’activité mytilicole à l’échelle du site étudié.
Tes études au 2e cycle peuvent ouvrir des portes sur quoi exactement?
Avec un diplôme de 2e cycle en océanographie, il est possible d’être chargé de projet, que ce soit pour une université, ou bien dans les domaines public ou privé. Je peux à la fois faire du travail de terrain ou en laboratoire, mais aussi de l’analyse de données et de la rédaction de rapports ou d’articles scientifiques. Ça offre aussi des possibilités d’enseigner. Pour moi, c’est la situation parfaite ! Un emploi diversifié sans les nombreuses tâches administratives inhérentes à un poste de chercheur !
Dans quoi aimerais-tu travailler plus tard?
La maîtrise me confirme dans le fait que j’aime beaucoup la recherche et le monde de la science… Mais j’ai aussi besoin d’être en contact avec les gens, de transmettre des connaissances. Pour ce faire, la vulgarisation scientifique m’apparaît être un outil primordial. J’espère continuer à mener à terme des projets et j’avoue que j’aime bien mes petites bêtes benthiques ! Ces organismes, encore méconnus, jouent un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes marins. Peut-être un jour, grâce à nos travaux, deviendront-ils aussi populaires que les mammifères marins du Saint-Laurent !?