Publication deR’Kia Laroui
La présence féminine dans le roman pour la jeunesse au Québec
18 février 2009
Mme R’kia Laroui, professeure au Département des sciences de l’éducation de l'UQAR, a écrit un article dans le récent ouvrage portant sur L’inscription du social dans le roman contemporain pour la jeunesse, publié chez l’Harmattan, en décembre 2008. Cet ouvrage est sous la direction de Kodjo Attikpoé.
L’article de R’kia Laroui traite Des représentations du féminin dans le roman de jeunesse au Québec. Il présente les romans de jeunesse comme un miroir et un vivier d’analyse de la société québécoise. L’article explique comment la littérature de jeunesse contribue à la socialisation des jeunes tout en transmettant des modèles culturels auxquels les jeunes peuvent s’identifier pour s’adapter à la culture environnante.
L’article est subdivisé en trois parties. Il expose d’abord un bref historique de la littérature d’enfance et de jeunesse. La naissance de cette littérature s’inscrit dans une formation nationaliste. L’article retrace l’évolution de la littérature de jeunesse, d’abord en 1960 vers une diversification des genres, puis en 1980 par un développement phénoménal de l’édition québécoise pour la jeunesse. Cette situation de production va favoriser la recherche sur la littérature pour la jeunesse. Les recherches menées précisent que cette littérature contribue au développement affectif, psychologique, intellectuel, social et culturel de la jeunesse. Par la diversité des thèmes privilégiés, elle rejoint les préoccupations des jeunes et leur intérêt vers le roman d’aventures, la bande dessinée et le roman policier.
L’article propose ensuite des représentations du féminin dans quelques écrits pour la jeunesse au Québec. L’étude est centrée sur l’analyse de modèles sociaux féminins, exploités dans des livres québécois écrits pour la jeunesse. Les œuvres analysées sont souvent exploitées dans les classes de français des écoles secondaires au Québec. Parmi les romans analysés se trouve Atterrissage forcé, de Joceline Sanschagrin, roman fantastique qui intègre une critique sociale de l’enfance abandonnée. La narration dans L’automne à 15 ans, de Josée Fréchette, raconte l’histoire d’une adolescente vivant le processus de l’acceptation de soi et le rôle de la musique dans le développement humain. Le rapport qu’entretient l’adolescente avec son corps et ses sentiments est également analysé dans le roman Cassiopée ou l’été polonais, de Michèle Marineau. Les thèmes de l’amour, des relations amoureuses et de la sexualité sont traités avec humour. La monoparentalité féminine est traitée avec beaucoup d’indulgence dans Les chats d’Aurélie, de Charlotte Gingras. Par contre, le thème de l’anorexie est exposé avec beaucoup de détails dans le récit Comme une peau de chagrin, de Sonia Sarfati. Les émotions fortes de l’adolescence face aux déceptions amoureuses sont analysées dans L’été enchanté, de Paule Daveluy. Le passage de l’adolescence à la vie adulte et le tiraillement entre les croyances religieuses et la liberté sexuelle féminine sont également traités dans le roman Ils dansent dans la tempête, de Dominique Demers. Les thèmes traités dans les récits analysés préoccupent les jeunes femmes : la grossesse à l’adolescence, l’amour, la foi, la religion, l’adoption, le suicide. Les garçons et les filles les vivent différemment. Les jeunes essayent soit de s’identifier à la culture sociale dominante, soit de s’en différencier pour critiquer l’éducation répressive au sein d’une société normative.
La troisième partie de l’article explique l’inscription du social dans le roman de jeunesse au Québec. Dans les romans analysés, les personnages féminins se cherchent et cherchent leur place dans le système social. Ces personnages féminins en quête d’équilibre et d’harmonie expriment des émotions et des sentiments intérieurs dans un paysage imagé et lyrique. Le « moi » féminin questionne ou critique le « surmoi social ». Les thématiques traitées dans les romans de jeunesse analysés ne s’inscrivent pas dans un discours de constats et de souffrances, mais dans celui d’une critique sociale de provocation, et aussi de dépassement vers la liberté et l’autonomie du personnage féminin. Les représentations stéréotypées de l’adolescence féminine sont livrées avec ironie et humour. C’est l’image de la féminité épanouie et assumée qui est valorisée. Tout en présentant des personnages attachants et passionnés, le style de la narration ludique, adopté dans les romans de jeunesse, permet de dépasser les clichés du genre. Ainsi, les procédés discursifs et la rhétorique de l’humour utilisés neutralisent le sexisme. S’ajoutent à ces procédés discursifs, les choix thématiques qui s’inscrivent dans un réalisme social et une conception ouverte des pratiques culturelles.
La conclusion de l’article précise qu’à travers les quelques écrits analysés et commentés, les romans de jeunesse au Québec peuvent être utilisés comme outils d’apprentissage et comme repères culturels participant à la construction identitaire chez les jeunes.
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Renseignements:
Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
mario_belanger@uqar.ca ou 418-723-1986 # 1426