Étudiante en développement régional à l’UQAR

Carline Destilus a vécu le tremblement de terre en Haïti

 

Le 16 février 2010

 

Caline Destilus

« C’était une minute d’enfer. Ça bougeait partout. J’avais très peur. C’était comme la fin du monde. » Unique étudiante originaire d’Haïti à être inscrite à l’UQAR cette année, Mme Carline Destilus a vécu en direct le bouleversant tremblement de terre qui est arrivé à Port-au-Prince le 12 janvier, en fin d’après-midi.

Dans le cadre de ses études à la maîtrise en développement régional, Carline travaille à la rédaction d’un mémoire qui porte sur la contribution des pratiques d’économie sociale dans le développement communautaire d’Haïti. « Je cherche à comprendre la contribution des structures mutualistes sur les conditions de vie des individus et de la communauté. »

Elle était retournée dans son pays depuis le mois de novembre pour un séjour de trois mois et demi et avait entrepris d’y faire une série d’entrevues avec des acteurs s’impliquant dans les mutuelles de solidarité de la commune de Port-de-Paix (au nord-ouest d’Haïti), pour alimenter sa recherche. Elle était dans sa maison à Port-au-Prince quand la catastrophe est survenue.

« C’était la stupéfaction totale, raconte-t-elle. Je ne pouvais me tenir debout quand c’est arrivé. Ensuite, j’ai vu des maisons écroulées. Des enfants blessés. Des gens paniqués. C’était impossible de se servir du téléphone. Trouver du pain et de l’eau était difficile. Les prix ont grimpés rapidement. On reste sur les nerfs pendant des jours. On ne sait pas comment on va s’en sortir. »

Mari CarlineAu moment du tremblement de terre, son mari, Pierre-André, ingénieur électronicien, était en ville, dans sa voiture, alors que leur fils de 22 mois, Carl Andy, était à la garderie. Carline a réussi à retrouver son mari dans la soirée, sain et sauf. Mais c’est seulement le lendemain qu’elle a réussi à revoir son fils, sous le choc, mais en pleine santé et bien content de revoir ses parents.

 

« Heureusement, Dieu nous a épargnés, moi et ma famille ! » Comme beaucoup d’Haïtiens, Carline est très croyante et remercie de ciel d’être encore vivante malgré les malheurs. Le ciel comme une bouée de sauvetage! L’étudiante estime même que le sentiment religieux a sûrement pris de l’expansion en Haïti depuis le 12 janvier.

Dans les jours qui ont suivi, d’autres défis attendaient la jeune famille. « Nous avons dû coucher dans la rue, comme tout le monde. Le bruit des hélicoptères qui tournaient au-dessus de la ville nous effrayaient. Ce qui était intéressant, par contre, c’est que les liens d’amitiés se développaient entre les voisins. Les gens s’aidaient, se passaient des vêtements, partageaient leurs ressources. C’était facile d’aborder les gens. »

La peur et les rumeurs régnaient sur la ville. « Les gens craignaient de nouvelles secousses sismiques ou un tsunami. Les milliers de détenus qui se sont évadés représentent aussi une menace sérieuse sur la sécurité. J’ai même entendu une rumeur qui disait qu’on avait fait tomber une bombe nucléaire sur la ville ! »

Au début février, Carline a réussi à revenir à Rimouski, avec son mari et son fils. Elle veut terminer sa maîtrise en 2010. « J’ai reçu un accueil très chaleureux à l’UQAR, lance-t-elle, autant de la part des professeurs, des Services aux étudiants que de mes collègues étudiants. Je remercie tout le monde. »

Développement rural

Boursière de l’ACDI pour ses études à l’UQAR, Carline a toujours eu un intérêt pour le développement rural. Avant d’arriver à Rimouski, elle a fait des études en agronomie à l’Université d’État d’Haïti.

La ville de Port-au-Prince compte près d’une dizaine d’universités, la plupart étant privées. « En général, explique l’étudiante, chaque université peut compter plusieurs bâtiments répartis à différents endroits de la ville, selon les domaines d’études. Certaines facultés ont été complètement détruites par le tremblement de terre. »

« Ce que je souhaite le plus, dit-elle, c’est qu’Haïti apprenne à décentraliser ses activités. Tout était trop concentré à Port-au-Prince : les industries, les emplois, les universités, les décisions politiques. Il faudrait rebâtir le pays en décentralisant les activités pour qu’il y ait des retombées dans tout le pays et que les gens puissent vivre ailleurs que dans la capitale. Ça va prendre beaucoup d’efforts et de coopération, avec des équipes compétentes et de bonne volonté. Le développement communautaire et l’implication des gens seront plus pertinents que jamais. Je le souhaite. »

Mario Bélanger

 

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Renseignements : Mario Bélanger, Service des communications UQAR
418-723-1986, poste 1426

 

 

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