Publication de Karine Hébert, de l’UQAR
Impatient d’être soi-même.
Les étudiants montréalais, 1895-1960
29 février 2008
Professeure d’histoire à l’UQAR, Mme Karine Hébert vient de faire paraître, aux Presses de l’Université du Québec, le résultat d’une longue recherche doctorale sur la vie étudiante au Québec. Abordant la période précédant la Révolution tranquille et, surtout, l’arrivée des baby-boomers à l’université, son livre a pour titre: Impatient d’être soi-même. Les étudiants montréalais, 1895-1960 (Presses de l’Université du Québec, collection Enseignement supérieur dirigée par Yves Gingras).
En plus de brosser un portrait détaillé des communautés étudiantes de l’Université de Montréal et de l’Université McGill, le livre de Karine Hébert propose des réponses à différentes questions toujours d’actualité: de quelle manière un groupe en vient-il à prendre conscience de son existence? Qu’est-ce qui suscite la prise de parole et l’action sociale? Quelle importance prend la jeunesse, le genre, l’appartenance ethnique et religieuse, ou encore la classe sociale dans la construction de l’identité estudiantine?
«Avant de constituer le groupe organisé que l’on connaît aujourd’hui, affirme Karine Hébert, les étudiants ont maintes fois pris la parole dans les grands débats publics au nom du rôle qu’ils joueraient dans le futur. Ils ont longtemps été perçus, et se sont considérés eux-mêmes, comme l’avenir de la société.»
L’auteure a donc scruté l’histoire de deux communautés étudiantes montréalaises très actives, celles de l’Université de Montréal et de l’Université McGill. Entre 1895 et 1960, explique-t-elle, les étudiants de ces deux universités ont fondé des journaux et des associations étudiantes. Ils ont fait entendre leur voix dans les débats sociaux, ils sont entrés en contact avec des étudiants et des jeunes de partout au Québec, au Canada et dans le monde. Ils ont réagi aux grands événements comme les guerres mondiales, la Crise des années 1930, la montée du communisme et les querelles dans le financement des universités.
Surtout, poursuit Mme Hébert, les étudiants ont dû se positionner face à la représentation que la société et les autorités universitaires se faisaient d’eux. «Élite de demain, jeune génération, groupe social, classe sociale, jeunes travailleurs intellectuels, groupe de pression: autant de catégories selon lesquelles les étudiants ont tenté de définir, tout au long de la période étudiée, leur statut et leur rôle dans la société.»
Il ressort de ce livre que les deux groupes d’étudiants, sans concertation et en dépit d’influences différentes, ont «traversé sensiblement les mêmes étapes et ont eu recours à des notions assez semblables pour parler d’eux-mêmes».
Dans ses recherches, Mme Hébert s’intéresse particulièrement à l’histoire de la jeunesse et des femmes et à l’histoire du patrimoine.
Mario Bélanger
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Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
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