Publication de Jean Bédard: Le pouvoir ou la vie
3 avril 2008
Le prolifique auteur Jean Bédard poursuit sa réflexion intense sur la route des mots avec un onzième ouvrage, intitulé: Le pouvoir ou la vie, Repenser les enjeux de notre temps (Éditions Fides). Cet essai de 350 pages a été lancé à l'UQAR Rimouski le 27 mars. Devant un auditoire attentif, l'auteur, qui est chargé de cours à l’UQAR, a été généreux de son temps et de ses commentaires pour expliquer la menace qui pèse sur l'humanité. Cette menace, dit-il, vient de la manière dont nous exerçons le pouvoir.
Plus encore que le réchauffement de la planète ou la mondialisation, des problèmes quand même bien réels, c’est, selon Jean Bédard, la manière d’exercer le pouvoir qui menace les humains. «Le pouvoir ne peut plus être assumé comme il l’est depuis des milliers d’années, dit-il. Il ne peut plus être le règne de la force, il doit devenir le moyen d’un projet viable pour l’humanité.»
Un pouvoir de domination
Dans la première partie de son ouvrage, Jean Bédard décortique la structure du pouvoir, ce pouvoir de domination basé sur la manipulation, la dissuasion ou la rétribution. Selon lui, les grands malheurs de l’humanité, que ce soit les guerres avec leur lot de victimes, l’économie sauvage, génératrice de pauvreté et d’inégalités, ou même les désastres naturels et leurs impacts d’enfer, tout ça a pour cause une tendance maladive à la domination des autres. Une domination qui se nourrit de victimes et de destructions.
La situation actuelle du monde, avec une surpopulation à plusieurs endroits et des pouvoirs surpuissants – l’auteur donne pour exemples nos excès dans l’armement et dans la pêche – , ne fait qu’amplifier les problèmes de gérance générale de la planète, avec des forces incompatibles avec la vie et l’intelligence humaine. «Il faut reprendre le pouvoir sur le pouvoir», lance-t-il.
Faut-il vraiment que la loi du plus fort l’emporte? Non!, répond Jean Bédard. «Ce genre de pouvoir dominant n’est pas dans notre nature, c’est une maladie de civilisation, qui peut nous tuer, mais qui est guérissable.»
La deuxième partie du livre présente la sagesse comme un antidote à cette maladie sociale. C’est donc une invitation qu’il fait à chacun de manifester son indignation lorsque nécessaire, de se dissocier du monde du pouvoir actuel et de développer son autonomie spirituelle, économique et intellectuelle. Il fait appel à des valeurs de solidarité, d’ouverture et de collaboration. «Il faut aller vers le désir plutôt que vers le vouloir.»
Jean Bédard a surtout écrit des romans aux saveurs historique et philosophique, Maître Echart, Nicolas de Cues et Comenius ou l’art sacré de l’éducation. Ceux-ci ont connu du succès tant en Europe qu’en Amérique. Voilà qu’il lance une vaste réflexion sur le pouvoir. Il souhaite alimenter un espoir lucide afin que ceux qui espèrent un véritable changement de société «reprennent en main le pouvoir qu’ils abandonnent à leur insu». Il espère aussi contribuer à l’avènement politique d’une culture «plus intelligente, égalitaire et écologique.» (En vente, 25$)
Mario Bélanger
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