Le Comité de pédagogie universitaire de l’UQAR
s’intéresse à l’Approche par problèmes et par projets
30 mars 2009
Pour améliorer l’intégration des apprentissage par les étudiants, comment peut-on développer une Approche par Problèmes et par Projets (APP) dans l’enseignement universitaire?
L’invité belge, Benoît Raucent (au centre), en compagnie de deux représentants du Comité de pédagogie universitaire (CPU) de l’UQAR, Claude Galaise et Jacinthe Tardif.
Ingénieur et professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain, en Belgique, M. Benoît Raucent était invité par le Comité de pédagogie universitaire (CPU) à l’UQAR du 11 au 13 mars 2009, afin de répondre à cette question. Sur les deux campus, à Lévis et à Rimouski, le spécialiste a rencontré une cinquantaine de participants, professeurs et chargés de cours, lors des ateliers qu’il a donnés sur l’APP et des dîners pédagogiques sur l’importance du premier trimestre.
Déjà, dans plusieurs universités, l’APP est en vigueur, dans le cadre de certains cours et certains programmes d’études. Des expériences ont d’ailleurs déjà été explorées à l’UQAR, en biologie et en océanographie.
Pour sa part, M. Raucent venait témoigner d’une expérience en APP menée intensivement par toute une équipe de professeurs de son université, à Louvain, dans le domaine des sciences.
L’APP, explique-t-il, essaie avant tout de donner du sens à l’apprentissage que font les étudiants à l’université. « Les étudiants sont sollicités par une foule d’activités en dehors des cours. Ils sont prêts à faire des efforts pour apprendre en autant que cela ait du sens pour eux. » Et avec la formation magistrale qui est généralement utilisée un peu partout, les enseignants ont souvent l’impression de prêcher dans le vide.
Les recherches menées sur la réussite scolaire montrent que plusieurs facteurs peuvent affecter la réussite et l’abandon des études. Les institutions d’enseignement peuvent intervenir entre autres dans l’encadrement des étudiants, dans l’intégration à la vie universitaire, dans le sentiment d’appartenance. Le premier trimestre s’avère à cet égard un moment névralgique pour la réussite.
Certains étudiants, dans un pourcentage inquiétant, laissent tomber l’université dès les premiers mois, se sentant peu intégrés à la vie universitaire. D’autres s’absentent ou se complaisent dans un apprentissage superficiel : ils font le strict minimum. Une étude européenne a démontré que 45% des étudiants qui réussissent leurs examens ne peuvent les réussir six mois plus tard, car ils oublient la matière enseignée… M. Raucent est venu partager la vision de son programme afin de contrer ces méfaits.
L’APP est une formule qui vise à stimuler davantage les étudiants, à les rendre actifs face aux apprentissages à faire. Ainsi, une formation en APP commence par une grande question à déploiement. Les étudiants, seuls ou en équipe, cheminent dans différentes expériences, lectures et réflexions leur permettant d’aller chercher eux-mêmes l’ensemble des connaissances pour mieux comprendre toutes les ramifications d’une situation complexe. Le professeur devient davantage un guide qui oriente les étudiants plutôt qu’un fournisseur de réponses toutes cuites.
Le professeur s’occupe de mettre les étudiants en situation face à un projet, explique M. Raucent. Ensuite, il s’agit de bien répartir le travail dans une équipe. « Les étudiants s’engagent parfois dans des impasses, mais finalement, on apprend beaucoup de ses erreurs. Et les échanges sont productifs. Chaque étudiant est toujours directement impliqué dans les expériences d’apprentissage. » Le travail se fait généralement en groupe, mais chaque étudiant a intérêt à faire sa part car certains exercices et les examens finaux sont individuels.
Benoît Raucent reconnaît qu’une formation spécifique est nécessaire pour les professeurs et chargés de cours qui utilisent la formule APP. Il croit aussi que les enseignants doivent travailler en équipe, afin de mieux coordonner les objectifs, les activités et les évaluations pour l’ensemble du programme de formation. Il croit aussi que l’APP ne s’applique peut-être pas à toutes les disciplines, mais qu’il est préférable d’en faire l’essai avant de simplement la rejeter.
Signalons enfin que c’est à l’Université Catholique de Louvain qu’a été développée Claroline, une plate-forme pédagogique qui est devenue très populaire à l’UQAR.
Mario Bélanger