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UQAR : colloque La biologie dans tous ses états

Darwin : un géant toujours actuel

30 mars 2009

Il y a déjà 150 ans que le britannique Charles Darwin a publié son œuvre majeure, L’origine des espèces, en 1859, mais sa théorie demeure toujours actuelle dans notre compréhension de l’évolution des espèces vivantes. Darwin est à la biologie ce que Einstein est à la physique, ou Beethoven à la musique : un géant incontournable.

Colloque biologie conférenciers
Thomas Grünbaum, du comité organisateur, en compagnie de l’animateur Raymond Lemieux et des conférenciers Daniel Baril, Cyrille Barrette, France Dufresne et Kamal Bouarab.

Le comité organisateur du colloque La biologie dans tous ses états avait décidé pour sa 6e édition de réunir à Rimouski quelques spécialistes de renom pour mesurer l’évolution de la pensée de Darwin, d’hier à demain. Animée par le rédacteur en chef de la revue Québec-Science, Raymond Lemieux, cette soirée de vulgarisation a attiré, le 12 mars 2009, plus de 300 personnes, principalement des étudiants de l’UQAR et des cégeps de la région.

La biologie dans tous ses états :
les gagnants

Bravo aux étudiants et étudiantes qui ont remporté des prix lors du colloque la Biologie dans tous ses états, en mars 2009.

Bourses BioNord, pour les meilleures communications orales vulgarisées du vendredi : Kaven Dionne (Biologie, UQAR) et Valérie Bélanger (ISMER).

Prix Coup de cœur Océanova (vote du public) : le kiosque du Laboratoire d'écologie benthique de l'ISMER. Mention spéciale pour l'affiche de Jean-Baptiste Favier (ISMER).

Bourse de la Biologie dans tous ses états pour le résumé de présentation le mieux vulgarisé : Daniel Munro (biologie, UQAR).

Bourse de la Société canadienne d'écologie et d'évolution pour la meilleure communication orale lors du symposium de biologie évolutive du samedi : Marie-Julie Favé (Université McGill).

Pour le biologiste du comportement animal Cyrille Barrette (Université Laval), il est plus facile de concevoir l’évolution que l’origine. « On imagine facilement une espèce s’adapter aux changements de conditions de son milieu, mais on imagine plus difficilement le début du commencement de l’existence de cette espèce. » Grâce à certaines idées simples de Darwin, dit-il, on comprend que tout n’a pas commencé par un coup de baguette magique. Sur de longues durées, avec un mélange de hasards et de transitions imperceptibles, l’origine de la vie n’est pas inévitable. On en arrive ainsi continuellement à voir émerger de nouvelles espèces, qui proviennent d’ancêtres communs. C’est comme un arbre qui déploie ses branches.

La spécialiste en génétique des populations, France Dufresne (UQAR) a expliqué qu’à chaque génération, de petites modifications dans les gènes amènent chaque individu à se différencier de ses parents, de ses semblables. « L’évolution est le résultat de l’accumulation de ces petits changements dans le temps, sur des milliers d’années. On peut aujourd’hui mieux comprendre cela avec les connaissances que nous avons sur les gènes et les lois de l’hérédité. Mais à l’époque de Darwin, on n’avait pas encore découvert les gènes. Ses intuitions étaient donc géniales. Les progrès en génétique nous permettent de raffiner sa théorie. Par exemple, on comprend aujourd’hui que les changements qui surviennent dans l’histoire des espèces sont causés par des variations de fréquences de différentes formes d’un même gène. Ces différentes formes sont parfois sélectionnées ou parfois fixées sous l’effet du hasard. »

Il y aurait environ 30 000 gènes différents chez l’humain, explique Mme Dufresne, et plusieurs de ces gènes existent également chez d’autres espèces mais s’expriment de façon différente, ce qui explique que nous différons des chimpanzés malgré un bagage génétique à 98% semblable...

« Avec le développement des techniques moléculaire et du séquençage des génomes, on commence à identifier les gènes responsables de la formation de nouvelles espèces ainsi que la façon relativement simple dont les formes complexes ont émergé. Nous entrons dans un nouvel épisode de la biologie évolutive. »

Colloque biologie comité organisateur

Le comité organisateur du colloque La biologie dans tous ses états, formé d'étudiants de l'UQAR dans les programmes de maîtrise et de doctorat

L'humain et sa nature animale

Le journaliste scientifique Daniel Baril (Université de Montréal) apprécie particulièrement Darwin parce que celui-ci a réussi à comparer les espèces animales avec les humains pour voir ce qu’ils partageaient dans leur nature. « Comme les humains, les singes ont des intuitions, des émotions. Ils peuvent être jaloux, méfiants, curieux, attentifs. Ils ont l’intelligence d’utiliser des outils : un bâton pour attraper des termites ou une grande feuille pour se protéger du soleil. »

« Les recherches récentes, explique M. Baril, donnent même des réponses à l’existence des croyances au surnaturel et aux dieux alors que rien ne permet de penser que de tels êtres existent. » Certains singes, peuvent hurler face à une pluie menaçante, comme s’ils voulaient manifester leur colère devant l’inconnu ou pour prévenir leurs semblables d’un danger. Pareillement, un chien va japper devant un parasol qui se balance au vent, surpris de voir qu’il n’y a personne autour pour l’agiter. Chez les humains, la croyance aux entités immatérielles est probablement un comportement naturel qui a pour source cette crainte innée de l’invisible, de l’inconnu. Les chasseurs de la préhistoire se sont mis à remercier ces mêmes esprits lorsque la chasse était généreuse.

Darwin s’intéressait à la vie animale, mais il était aussi un botaniste accompli. Sa théorie de l’évolution s’applique également aux plantes. Présent au colloque, le chercheur en biochimie des végétaux Kamal Bouarab (Université de Sherbrooke) travaille très précisément sur la tomate. Il étudie comment certaines variétés de plantes résistent mieux que d’autres aux infections et maladies, qui affectent de 20 à 30% de la production. « En agriculture, explique-t-il, les pesticides causent des problèmes d’environnement et de santé importants : cancers, problèmes de fertilité, pollution de la nappe phréatique. Nous essayons de trouver des alternatives aux pesticides. » Puisque la plante possède un système immunitaire, ne pourrait-on pas la vacciner, introduire une défense moléculaire contre certaines maladies? Les recherches actuelles tentent de trouver des réponses à cette question. Les plantes vivent une relation toujours ambiguë avec les pathogènes qui tentent de déjouer leurs mécanismes d’immunité.

Mario Bélanger

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Renseignements :
Mario Bélanger, Service des communications,
UQAR, 418-723-1986 poste 1426