Pourquoi étudier à la maîtrise en étude des pratiques psychosociales?
8 avril 2009
Peux-tu donner une brève description de ton cheminement scolaire?
Du plus loin que je me souvienne, la nature, ses forêts et bestioles de toutes sortes, ont toujours été d’une grande importance dans ma vie. Je crois que c’est un peu pour ça, qu’à un moment, étudier l’horticulture à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de St-Hyacinthe était le choix le plus sensé pour moi. Après ma graduation, en 2002, j’ai participé à un projet de coopération au Costa Rica où j’ai travaillé avec une petite collectivité pour mettre en place un projet horticole qui visait la réinsertion sociale de jeunes en difficulté. C’est au cours de cette expérience que mon intérêt pour les relations humaines est vraiment apparu. En 2004, j’ai choisi d’orienter de nouvelles études dans ce sens à l’UQAR, au 1er cycle, en psychosociologie.
Après le baccalauréat, qu'est-ce qui t'incitait particulièrement à poursuivre au 2e cycle?
Mes études en psychosociologie ont été une vraie révolution dans ma vie. Ma rencontre avec le travail de groupe et le vaste champ des interactions humaines, avec la pédagogie expérientielle centrée sur le processus et le potentiel humain, ont gagné mon intérêt dès le début de mes études. À la fin du baccalauréat, l’envie d’aller plus loin dans ce que je découvrais s’est fait sentir. J’ai eu soif d’approfondir davantage les dimensions intrapersonnelles, interpersonnelles et systémiques en lien avec certains thèmes qui me concernent plus particulièrement. La maîtrise en Étude des pratiques psychosociales devenait ainsi une avenue où les conditions étaient réunies pour me permettre de m’investir dans un projet sur mesure pour moi.
Comment ça va les études? Sur quoi travailles-tu surtout?
J’en suis à ma 2e année de maîtrise. J’aime particulièrement les différentes approches codéveloppementales et praxéologiques que nous utilisons pour questionner nos pratiques professionnelles et/ou personnelles. Je crois que notre programme d’inspiration phénoménologique est un lieu fertile à la production de savoirs originaux susceptibles de concerner autant les praticiens que les chercheurs. Pour ma part, dans ma recherche, j’explore en quoi et comment mon expérience personnelle et professionnelle peut me permettre de tracer les contours d’une pratique écoformatrice d’accompagnement du changement humain. J’ai le projet de faire des ponts entre le rapport à la nature et le rapport à soi. Sur le chemin de cette recherche, qui prend racine directement dans mon expérience de vie, j’utilise entre autres le récit autobiographique et l’analyse praxéologique pour alimenter mon questionnement.
Tes études au 2e cycle peuvent ouvrir des portes sur quoi exactement?
À tous les domaines qui touchent à l’intervention ou à l’éducation. Beaucoup d’étudiants qui choisissent ce programme sont des praticiens qui œuvrent depuis un bon moment dans un certain secteur. Ils viennent donc pour se pencher sur leur propre pratique et faire avancer leur modèle d’intervention. La maîtrise ouvre aussi la voie à ceux qui veulent poursuivre au doctorat.
Dans quoi aimerais-tu travailler plus tard?
Pour le moment, j’ai la chance d’être chargé de cours au baccalauréat en psychosociologie. C’est vraiment chouette cette possibilité d’étudier et d’enseigner tout à la fois. Ça me convient parfaitement actuellement et je souhaite continuer ainsi pour les prochaines années. À moyen terme, entamer un doctorat interdisciplinaire est aussi une perspective qui m’interpelle beaucoup.
Entrevue par Mario Bélanger