Pourquoi étudier à la maîtrise en sciences infirmières?
8 avril 2009
Peux-tu donner une brève description de ton cheminement scolaire?
C’est d’abord l’émergence d’une passion pour les relations humaines, la santé et les sciences qui m’a amenée à choisir une carrière d’infirmière. Suite à l’obtention d’un diplôme d’études collégiales en soins infirmiers et d’un permis d’exercice de la profession de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, j’ai travaillé quelques années au Centre hospitalier régional de Rimouski, plus particulièrement au département d’urgence. Cependant, en travaillant auprès des personnes vivant avec des problématiques de santé complexes, j’ai vite pris conscience de la nécessité de poursuivre ma formation, ce qui m’a incitée à débuter des études universitaires.
Après le baccalauréat, qu'est-ce qui t'incitait particulièrement à poursuivre au 2e cycle (maîtrise)?
Plusieurs facteurs ont suscité en moi un intérêt pour les études graduées, notamment l’enthousiasme et l’assurance véhiculée par mes professeures au baccalauréat. Par ailleurs, j’ai toujours été curieuse de nature et un jour, j’ai entendu une phrase qui m’a interpellée : « Sans la pratique, la théorie est vide et sans la théorie, la pratique est aveugle ». J’ai donc décidé de faire ma part pour outiller les infirmières dans leur pratique clinique auprès des patients, en oeuvrant dans l’enseignement universitaire depuis l’automne 2004. Je suis également profondément convaincue de l’importance de la recherche en sciences infirmières et je m’intéresse particulièrement au bien-être psychologique et à l’empowerment au travail. De plus, je suis fortement motivée à travailler pour favoriser la reconnaissance de l’expertise des infirmières. La maîtrise s’est donc avérée un choix judicieux vers l’atteinte de mes objectifs professionnels.
Comment ça va les études? Sur quoi travailles-tu surtout?
L’épuisement professionnel est reconnu comme un problème majeur de santé au travail chez les infirmières. Certains facteurs dans l’environnement organisationnel et psychosocial du travail, notamment le manque de reconnaissance, la lourdeur soutenue de la tâche et le peu de pouvoir des infirmières sur leur organisation de travail et leur vie professionnelle, sont reconnus comme contributifs au problème. Dans cette perspective, plusieurs écrits suggèrent que l’autonomisation (empowerment) serait un élément important pour favoriser la santé au travail et représenterait une stratégie pertinente face à la détresse psychologique. Malgré les avantages qui y sont associés, peu d'études se sont intéressées à la perception des infirmières en regard des stratégies d'empowerment au travail les plus efficaces. Nous avons donc voulu explorer les stratégies d'empowerment développées par les infirmières, selon leur perspective, pour favoriser leur santé psychologique au travail. Les données de recherche ont été recueillies dans le cadre d'entrevues semi-dirigées et de groupes de discussion auprès d'infirmières d’une région éloignée du Québec. Nous en sommes présentement à l’analyse des données.
Tes études au 2e cycle peuvent ouvrir des portes sur quoi exactement?
Personnellement, je désire poursuivre une carrière en enseignement et en recherche. Je prévois donc entreprendre des études au doctorat d’ici un an ou deux. De façon générale, une maîtrise en sciences infirmières donne accès à un vaste choix de carrières et permet de postuler sur des emplois fort intéressants permettant à l’infirmière de jouer un rôle transformateur au sein du système de santé et d’avoir un effet sur la santé de la population. Des emplois en santé publique, au sein de groupes de médecine familiale, en enseignement ou encore à titre de conseillère en soins ou infirmière cadre dans les établissements de santé, deviennent donc accessibles.
Dans quoi aimerais-tu travailler plus tard?
Définitivement en enseignement et en recherche.Entrevue par Mario Bélanger