Logo UQAR-INFO
Sciences de la mer

Le dernier Maximum glaciaire : pas si froid que ça…?

1er mai 2009

RochonA< André Rochon, l'été dernier à Nain au Labrador, avant l'embarquement sur un navire de recherche de la Garde côtière pour une mission d'échantillonnage dans la baie de Baffin.

 

 

 

Les reconstitutions paléoenvironnementales constituent un outil efficace pour comprendre la variabilité climatique dans le temps, mais aussi pour évaluer la précision des modèles de simulation du climat servant à élaborer des scénarios climatiques, tels ceux décrits dans le récent rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (IPCC 2007).

L’article « Constraints on the Magnitude and Patterns of Ocean Cooling at the last Glacial Maximum », qui a paru dans le numéro de février 2009 dans la revue Nature Geoscience (p. 127-132), décrit les efforts du groupe MARGO (Multiproxy Approach for the Reconstruction of the Glacial Ocean) pour raffiner les résultats de travaux antérieurs sur la reconstitution des conditions océaniques de surface durant le dernier maximum glaciaire réalisées par le groupe CLIMAP (Climate: Long-range Investigation, Mapping and Prediction) durant les années 70 et 80. Le professeur de géologie marine André Rochon, de l’ISMER, co-signe l’article et fait partie du groupe MARGO qui comprend 53 chercheurs provenant de 26 institutions à travers le monde.

Dinoflagellé
Kyste de dinoflagellé
Les photos illustrent quelques uns des indicateurs paléoclimatiques considérés dans l’article. À droite, un kyste de dinoflagellé, dont la membrane organique se fossilise très bien dans les sédiments marins. >

 

 

 

Diatomée

Diatomée
< À gauche, un frustule de diatomée, qui est l'exosquelette siliceux secrété par les diatomées (microalgues marines), qu'on retrouve généralement préservés en grand nombre dans les sédiments marins.

 

 

 

 

Radiolaire

Radiolaire
À droite, l'endosquelette siliceux secrété par les radiolaires (organismes zooplanctoniques) et qui se préserve en grand nombre dans les sédiments marins.>

 

Le dernier Maximum glaciaire (de 19 000 à 23 000 ans avant l’actuel) constitue le point culminant de la dernière ère glaciaire ayant affecté notre planète. Durant cette période, une masse de glace de plus de 2000 mètres d’épaisseur recouvrait alors le Québec et la majeure partie du Canada et des États-Unis. Les efforts du groupe visent à développer une approche où plusieurs indicateurs microfossiles et géochimiques sont comparés et utilisés pour les reconstitutions paléoenvironnementales.

Entre autres, l’étude met en évidence des variations climatiques latitudinales importantes qui n’avaient pas été détectées lors des travaux antérieurs de CLIMAP. Ainsi, contrairement à ce qui était généralement admis dans la communauté scientifique, plusieurs mers nordiques étaient libres de glace en été durant le dernier maximum glaciaire. De plus, la température de surface dans le Nord-Ouest de l’océan Pacifique était légèrement plus chaude que dans la période actuelle, durant les mêmes saisons.

Ces exemples illustrent les différences importantes entre les reconstitutions faites durant les années 1980 et celles étudiées dans le cadre de la présente étude. Les résultats obtenus permettront notamment de raffiner la précision des modèles climatiques utilisés dans l’élaboration de scénarios climatiques dans le cadre du réchauffement global actuel.

-30-
Renseignements :
Mario Bélanger, Service des communications,
UQAR, 418-723-1986 poste 1426   mario_belanger@uqar.ca

D'autres nouvelles sur l'UQAR>