Martin Akouangou compare le
dynamisme de trois municipalités
Thèse de doctorat sur l’économie rurale
1er septembre 2009

Martin Akouangou
Les coopératives, les organisations d’économie sociale et les petites entreprises privées réussissent-elles à émerger dans les communautés rurales québécoises? Est-ce que l’accueil de ces nouveaux organismes générateurs d’emplois est différent selon que la municipalité est dynamique ou en déclin?
L’étudiant Martin Akouangou, originaire du Gabon, s’est penché sur ces questions dans sa thèse de doctorat en développement régional à l’UQAR, thèse qu’il a soutenue en juin 2009, sous la direction des professeurs Carol Saucier et Bruno Jean. L’enquête porte sur trois municipalités de moins de 2500 habitants situées entre Lévis et Rivière-du-Loup. L’une de ces municipalités est considérée comme dynamique, la seconde est en restructuration et la troisième est en déclin.
L’étude constate que les entreprises et organismes de l’économie sociale n’ont pas une place prépondérante dans ces municipalités lorsqu’on ne considère que le poids économique de ces organisations. Il ne représente que 10% dans la municipalité dynamique, 9,6% dans celle en déclin et 7% dans celle en restructuration. Cette économie sociale renferme peu d’entreprises et emploie peu de personnes, ce qui limite son potentiel d’action. Toutefois, en considérant les initiatives menées par ces organismes locaux, notamment dans la volonté de donner de la vitalité aux municipalités, il ressort que l’économie sociale contribue au rayonnement de ces municipalités et au renforcement du capital social communautaire. « Malheureusement, les efforts fournis ne sont pas partout identiques, affirme l’étudiant. Pendant que la municipalité dynamique présente une image volontariste et participative, et qu’il est évident de voir dans la municipalité en restructuration des acteurs volontaires et désireux de changer la trajectoire de développement de leur localité, la municipalité en déclin inquiète autant par son immobilisme que par le manque de confiance de ses principaux leaders. »
Dans l’ensemble des cas, il se dégage un certain malaise, en raison des pertes démographiques qui provoquent une démotivation à l’égard du développement local et de la solidarité. Dans la municipalité en déclin, les acteurs locaux semblent avoir « jeté l’éponge » quant à la volonté de mettre en œuvre des nouvelles initiatives. Le secteur coopératif connaît une existence mitigée alors que les organismes à but non lucratif sont improductifs. Dans la municipalité en restructuration, des efforts sont enregistrés chez les acteurs locaux, tels que le développement d’un parc industriel ou la mise en place d’une politique familiale. Les coopératives et les organismes à but non lucratif fournissent une contribution non négligeable. La municipalité dynamique profite encore de sa position attractive et de sa qualité de vie, et cela profite aussi bien aux entreprises coopératives qu’aux organismes à but non lucratif locaux. Toutefois, les pertes démographiques qu’elle a connue pendant la dernière décennie et les difficultés actuelles de la crise du bois d’œuvre fragilisent son industrie locale.
M. Akouangou propose une piste de sortie de crise pour les communautés rurales, en mettant l’accent sur le développement des projets locaux structurants et en ouvrant l’immigration en région pour faire face à la perte démographique. « L’immigration doit être pensée comme un facteur de développement local avec des impacts réels sur le capital physique. Il s’agit alors de mettre en place des lieux d’apprentissages communautaires. » Pour sa thèse, l’étudiant a pris en compte différents concepts centraux comme : la ruralité, l’économie sociale, le développement local et le capital social.
Après des études universitaires au Gabon, (maîtrise en histoire médiévale), M. Akouangou a fait une maîtrise à l’Université de Sherbrooke en gestion du développement des coopératives et des collectivités avant d’arriver à l’UQAR pour son doctorat. L’étudiant envisage de travailler dans l’enseignement universitaire, dans l’administration municipale ou dans un Centre local de développement (CLD).
par Mario Bélanger
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Renseignements : Mario Bélanger, Service des communications, UQAR
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