Participation à la mission CFL en Arctique
14 octobre 2008
Photos: Christian Nozais
Une dizaine d’étudiants, de stagiaires et de techniciens de l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) et du Département de biologie, chimie et géographie de l’UQAR ont participé, au printemps et à l’été 2008, à la mission «Étude du chenal de séparation circumpolaire/Circumpolar Flaw Lead (CFL) system study», qui s’est déroulée dans la mer de Beaufort (Territoires du Nord-Ouest) dans le haut Arctique canadien. Le principal objectif de ce projet de recherche est de mieux comprendre les effets potentiels des changements climatiques sur le fonctionnement des écosystèmes marins arctiques. Cette étude est réalisée dans le cadre de l’Année polaire internationale 2007-2008 dont la dernière remonte à 1957-1958.
La mission océanographique s’est déroulée à bord du navire de recherche canadien Amundsen, entre le 27 septembre 2007 et le 7 août 2008, et a réuni plus de 200 chercheurs et étudiants provenant de 14 pays. Un changement d’équipage et du personnel scientifique avait lieu tous les 42 jours.
Un stagiaire postdoctoral (Christopher-John Mundy), deux étudiants au doctorat (Eva Alou Font et Heike Link) et cinq à la maîtrise (Mathieu Ardyna, Corinne Bourgault-Brunelle, Chantal Lacoste, Benoît Philippe et Amélie Sallon) en océanographie ainsi que cinq techniciens (Cyril Aubry, Luc Bourgeois, Mylène Bourque, Greg Niemi et Geneviève Tremblay) de l’ISMER ont participé à la mission. Les étudiants de l’ISMER ont effectué différentes collectes de données reliées à leurs projets d’études. Certains travaillent sur l’écologie des glaces de mer (algues et faune), la dynamique du phytoplancton, l’écologie des organismes benthiques, les propriétés optiques de l’eau de mer et la photo-oxydation du matériel organique dissous. Les stages ont été supervisés par quatre professeurs de l’ISMER (Michel Gosselin, Philippe Archambault, Suzanne Roy et Huixiang Xie), deux professeurs de Département de biologie, chimie et géographie (Simon Bélanger et Christian Nozais) et trois professeurs associés de l’UQAR (Pierre Larouche, Christine Michel et Michel Poulin).
«On a le sentiment d’être des explorateurs», affirme Corinne Bourgault-Brunelle, de Québec, étudiante en 2e année à la maîtrise en océanographie à l’ISMER. Elle a passé six semaines à bord du navire au printemps 2008. «Parfois, nous sommes les premiers à prendre certains échantillons dans cette région du monde. Les résultats de nos données vont servir à mieux comprendre scientifiquement l’état et le rôle de l’océan Arctique et ce, dans un contexte de réchauffement climatique.»
L’étudiante a été impressionnée par l’ampleur du Grand Nord, avec ses paysages désertiques blancs et bleus à perte de vue. «La mer de Beaufort est quand même une région biologiquement très productive, avec des oiseaux, des phoques, des ours polaires. Nous nous concentrons par contre sur la base de cette chaîne alimentaire en étudiant la production des algues.»
Corinne souligne aussi l’accueil chaleureux que les étudiants ont reçu en participant à cette mission. «Nous sommes loin de tout, dit-elle. C’est important d’avoir un bon esprit de groupe, de tenir compte des besoins de chacun. Beaucoup de jeunes chercheurs se retrouvent sur le bateau, avec des responsabilités importantes dans des laboratoires du monde entier. Chacun doit bien faire son travail, au bon moment. Il faut souvent s’entraider, être patient, être prévenant. C’est stimulant de vivre une telle expérience, de prendre sa place dans un groupe de recherche.»
La mission CFL a accueilli à son bord plusieurs journalistes ainsi qu’une trentaine d’adolescents (dans le cadre du projet «Écoles à bord/Schools on Board») intéressés par les questions scientifiques reliées au réchauffement climatique. Une équipe médicale était aussi présente pour vérifier l’état de santé des populations inuites vivant sur les rives de la mer de Beaufort.
Mario Bélanger
