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Avalanches mortelles au Québec :
la région de Lévis est la zone la plus touchée

Le 14 octobre 2009

Les avalanches de neige ont causé 73 décès au Québec, entre 1825 et 2007. La région de Chaudière-Appalaches compte le plus grand nombre de victimes, avec 27 décès, soit plus du tiers. C’est la région de la Capitale Nationale qui suit, avec 19 décès, suivie loin derrière par le Nord du Québec (9), la Gaspésie (7) et la Côte-Nord (5). Les autres régions sont peu affectées.

Professeur de géographie à l’UQAR, M. Bernard Hétu a réalisé, en collaboration avec Kati Brown (UQAR) et Daniel Germain (Université du Québec à Montréal), un inventaire historique des avalanches mortelles au Québec depuis 1825. L’étude a été publiée dans les Actes de la 4e Conférence canadienne sur les géorisques, en 2008.

En compagnie de Dominic Boucher, un diplômé de l’UQAR en géographie qui est maintenant coordonnateur au Centre d’avalanche de la Haute-Gaspésie (CAHG), Bernard Hétu a présenté les résultats de cette enquête dans le cadre de l'International Snow Science Workshop, à Davos, en Suisse (28 septembre au 2 octobre) ( www.issw.ch/ ). Leur communication s’intitule : « La ‘mort blanche’ au Québec (Canada) depuis 1825 : de la prise de conscience du problème à la gestion du risque ».

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Pour mener à terme cette recherche, il a fallu croiser des enquêtes des coroners, des articles publiés dans les journaux et des compilations déjà publiées. On a ainsi retracé 43 avalanches de neige mortelles au Québec depuis 1825. « Le bilan provisoire de l’analyse s’élève à 73 morts et près de 70 blessés, explique M. Hétu. L’une des surprises de cette enquête est le grand nombre d’avalanches qui se sont produites en milieu résidentiel, avec 11 accidents, 37 morts et 42 blessés, principalement dans les villes de Lévis et de Québec. »

Il est important de signaler que près de la moitié des décès (32 morts en 14 accidents) sont survenus sur le territoire urbain des villes de Lévis et de Québec, sur les escarpements qui encadrent le fleuve Saint-Laurent. Plusieurs grosses avalanches ont frappé cette zone au cours du 19e siècle. Ainsi, des avalanches ont causé plusieurs morts à Lévis en février 1825, en mars 1869 et en février 1898.

Le pire accident jusqu’à maintenant, et le plus dramatique, est celui survenu le 1er janvier 1999, à Kangiqsualujjuak, dans le Nord du Québec. Une école avait été enfoncée par une grosse avalanche, causant 9 morts et 25 blessés parmi la population qui festoyait dans le gymnase.

Selon l’enquête, on dénombre en tout 25 accidents reliés aux activités sportives (ski, toboggan, motoneige, etc.) pour un total de 29 morts, auxquels s’ajoutent quelques accidents dans des corridors routiers, dont trois mortels. La majorité des accidents se sont produits sur des pentes relativement courtes, pendant ou immédiatement après une forte chute de neige (tempête, blizzard).

Les deux conditions propices à une avalanche sont d’avoir des précipitations solides abondantes et des pentes suffisamment raides pour permettre le départ des coulées de neige. « Contrairement à l’idée répandue, les avalanches n’arrivent pas que dans les hautes montagnes, affirme le géographe. Toutes les régions du Québec possèdent des pentes susceptibles de produire des avalanches. Les pentes peu boisées sont plus à risque. »

Il demeure que les montagnes représentent un danger. Au Canada, 61% des mortalités causées par des avalanches se produisent en Colombie-Britannique alors que le Québec n’en compte que 10%.

Le chercheur Bernard Hétu reconnaît qu’il reste encore de nombreuses archives régionales qui n’ont pas été consultées ou qui ont été perdues, surtout au 19e siècle. Ce bilan pourrait donc être appelé à augmenter.

Mario Bélanger

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Renseignements : Mario Bélanger, Service des communications, UQAR
418-723-1986 poste 1426   mario_belanger@uqar.ca

 

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