Journal intime d’une pute conforme
20 novembre 2008
Encore dans la mi-vingtaine, Anick Fortin en est déjà à sa troisième publication, avec ce Journal intime d’une pute conforme, qui vient de paraître aux Éditions Trois-Pistoles, tout comme ses deux premiers livres, La Blasphème et Les colons de village. Loquace, cette écrivaine de Matane, qui a étudié à l’UQAR en éducation, aime bien dire les choses crûment, sans détours. Les illusions de l’amour et les angoisses de la maternité sont au cœur de ce dernier ouvrage. «Laurie avait un fœtus dans le corps, une motte de bébé en devenir, un problème plus qu’une solution.» Elle livre aussi quelques commentaires acerbes sur la pédagogie et l’enseignement. Plus qu’un véritable roman cependant, on se retrouve surtout avec un recueil de réflexions et de poésies parfois erratiques. On cherche toujours le fil conducteur. Les personnages manquent de profondeur. On reconnaît quand même sa griffe rageuse, féline. Et son désir intense d’écrire: «Je saurai comment faire pénétrer les mots les uns dans les autres pour qu’ils jouissent tous en même temps.»