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Petites mutations du comportement animal
face aux changements climatiques

28 novembre 2008

Bolduc et McKinnonÉlise Bolduc et Laura McKinnon >
 
 

Afin de mesurer l’effet des changements climatiques sur le comportement des animaux nordiques, deux étudiantes de l’UQAR, Élise Bolduc et Laura McKinnon, ont passé une partie de l’été 2008 en Arctique, sur l’île Bylot, au nord de l’immense Terre de Baffin. Sachez que Montréal est plus loin de l’île Bylot que de Mexico…

Pourquoi se rendre aussi loin? C’est que, dans l’Arctique, l’été est plus chaud qu’avant et que les changements climatiques risquent d’y avoir des répercussions plus grandes qu’ailleurs, en raison de la fragilité de l’écosystème et de la brièveté des périodes de reproduction chez plusieurs espèces. Un printemps plus hâtif de deux semaines et voilà que les routines de la vie sont en mutation…

Au mérite, les deux étudiantes ont reçu d’importantes bourses d’études pour poursuivre leurs recherches, en particulier de la Fondation Garfield-Weston (une fondation canadienne privée qui accorde des bourses principalement dans les domaines de l'éducation et de l'environnement), du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT) et du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Leurs recherches s’inscrivent dans un vaste plan de suivi écologique, le projet Arctic WOLVES (Arctic Wildlife Observatories Linking Vulnerable Ecological Systems). L’UQAR et son équipe en Nordicité sont associées à cette démarche internationale.

Insectes et araignées

BolducE

Élise Bolduc
, une fille de l’Abitibi, fait sa maîtrise en gestion de la faune à l’UQAR, sous la direction du professeur Joël Bêty. Elle s’intéresse à la présence des insectes et des araignées dans l’Arctique. «Malgré leur période active très courte, à peine quelques semaines, les arthropodes ont un rôle écologique important dans le Grand Nord. Ils contribuent à la pollinisation des plantes et ils représentent une nourriture indispensable pour les insectivores, incluant plusieurs oiseaux migrateurs.»

Les oiseaux migrateurs, en particulier les oisillons, se nourrissent abondamment d’insectes en juillet, le temps de se faire des réserves avant le grand retour vers le sud. «Ma recherche vise à documenter les variations d’abondance des insectes et des araignées durant leur période active. Ça fait partie d’un projet en cours depuis quatre ans, mené avec d’autres étudiants et professeurs. Est-ce que le nombre et le comportement des insectes sont modifiés par les variables environnementales? Jusqu’à maintenant, on constate que la période active est arrivée plus tôt en 2007, par rapport à 2005 et à 2006. Il nous faudra poursuivre la recherche sur plusieurs années pour détecter l’effet des changements climatiques.»

Oiseaux de rivage

McKinnonLEn provenance de Toronto, Laura McKinnon est inscrite au doctorat en biologie à l’UQAR. Les professeurs Joël Bêty et Dominique Berteaux dirigent sa recherche, qui porte sur les oiseaux de rivage qui nichent dans l’Arctique. En 2008, c’était le quatrième été qu’elle se rendait sur l’île Bylot.

«Alors que les insectes semblent avoir eu leur pic d’activités plus tôt que par les années passées, explique Laura, la date de ponte des oiseaux a été plus tardive en 2008, peut-être en raison du mauvais temps rencontré durant la migration printanière vers le Nord. Contrairement aux années précédentes, les oisillons ne pouvaient donc pas dévorer leur lot d’insectes pendant la meilleure période de disponibilité de nourriture.»

Grâce entre autres à des caméras automatisées, Laura prend en note les dates de ponte des oiseaux, ainsi que les changements dans la croissance et dans les habitudes alimentaires des jeunes dans cet environnement fragile. «En particulier, j’essaie de comprendre les variations dans le succès de reproduction des oiseaux en fonction des prédateurs qui menacent leurs œufs. Par exemple, il existe une relation indirecte entre le lemming (un petit rongeur) et les oiseaux de rivage. Ainsi, le renard arctique mange surtout des lemmings. Mais quand le lemming est peu abondant, le renard se tourne vers les œufs d’oiseaux. Alors, même s’il n’y a pas de lien direct entre le lemming et les oiseaux migrateurs, la faible abondance de l’un pour une année peut avoir une grave incidence sur l’autre.»

Au début novembre, alors que le Congrès de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement (SQÉBC) s’est déroulé à l’UQAR Rimouski, les deux étudiantes ont présenté les résultats de leurs observations.

Mario Bélanger

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Mario Bélanger, Service des communications UQAR,
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