Une cure de jouvence pour le Vieux-Lévis
3 novembre 2008
Deux des étudiants de l’équipe, Kathleen Giguère et Jean-François Rivard, en compagnie de Michel Andrews, président de la Corporation de développement du Vieux-Lévis.
«Le quartier du Vieux-Lévis mérite d’être mieux connu par la clientèle touristique et par les gens de Québec», estime Michel Andrews, président de la Corporation du Vieux-Lévis.
Situé le long du fleuve Saint-Laurent, juste en face du célèbre château Frontenac, le quartier du Vieux-Lévis envisage une cure de rajeunissement qui lui fera gagner en popularité. Autour de Michel Andrews, la Corporation du Vieux-Lévis, qui regroupe 150 commerçants, se mobilise pour revitaliser le secteur. Quel est l’état de la situation? Que faut-il améliorer? Où faut-il concentrer les efforts? Pour élaborer une étude sérieuse sur la question, la Corporation s’est adressée à des étudiants du programme de MBA pour cadres offert par l’UQAR à son campus de Lévis.
L’équipe comprenait les étudiants Kathleen Giguère (de Lévis), Jean-François Rivard (de Québec), Yan Lévesque (de Rimouski) et Laurent Couldiaty (de Montréal), tous inscrits au programme de MBA pour cadres offert par l’UQAR à Lévis. Les étudiants ont effectué leur travail dans le cadre de deux cours, l’un en marketing (donné par la professeure Sylvie Morin), l’autre en gestion financière (donné par le chargé de cours Robin Gagnon).

Variété de services
«Le Vieux Lévis est un quartier qui offre une grande variété de boutiques et de services», affirme Michel Andrews, qui possède lui-même une galerie d’art dans le secteur. «L’été, les affaires roulent assez rondement, mais je pense que nous pouvons faire beaucoup mieux durant les autres saisons. Nous avons plusieurs édifices charmants. Nous avons une vue superbe sur Québec, avec la traverse à proximité. Par contre, nous avons des problèmes de circulation et de stationnement. Depuis 10 ans, la Ville de Lévis a beaucoup investi dans le développement de la périphérie. Je crois que le temps est venu de redonner une touche moderne au quartier le plus ancien de Lévis. Nous voulons agrémenter la vie de ses citoyens. Aussi, nous avons du potentiel pour attirer davantage de visiteurs. Il y a de belles opportunités ici.»


Photos : Mélanie Gagnon et Mario Bélanger
Une équipe d’étudiants au MBA a donc reçu le mandat de faire le portrait du quartier et de lancer quelques idées novatrices. Il en a résulté un document de 80 pages, rempli de renseignements utiles et de propositions. Les étudiants l’ont présenté non seulement en classe, mais aussi devant le Conseil d’administration de la Corporation du Vieux-Lévis, en juin dernier. Au lieu des 30 minutes prévues à la réunion, la rencontre s’est prolongée pendant une heure et demie.
Le Vieux-Lévis s'étend des rues Saint-Laurent au nord en bordure du fleuve, jusqu'à Saint-Georges plus haut au sud, du coin rue Saint-Louis et rue Saint-Augustin à l'ouest et jusqu'à Saint-Omer à l'est. On y retrouve notamment le collège de Lévis et L'Hôtel-Dieu.
Des arguments solides
«Nous avons trouvé le travail des étudiants très pertinent, affirme M. Andrews. Leur document deviendra pour nous un précieux outil dans les prochaines années. Nous avons en main des arguments solides pour promouvoir notre développement.»
Les étudiants ont analysé une montagne de statistiques sur le quartier pour mieux comprendre la dynamique des lieux. Globalement, la population qui y réside est plus âgée et plus pauvre que la moyenne québécoise, mais toute une génération nouvelle commence à s’y implanter, avec une communauté culturelle qui s’affermit. «Ça ressemble un peu au développement du quartier St-Roch, à Québec», fait remarquer Jean-François Rivard. L’étude porte aussi sur les différents consommateurs qui circulent dans le quartier: les résidents, les travailleurs, les étudiants, les gens d’affaires, les touristes, les principaux clients des restaurants et des commerces, etc.
Recommandations
Les quatre étudiants ont présenté une série de recommandations qui pourraient éventuellement faire partie de la stratégie de développement du Vieux-Lévis.
Par exemple, l’équipe propose d’accorder une attention spéciale à la rue Saint-Louis, en y apportant diverses rénovations, mais aussi en y construisant un vaste stationnement qui deviendrait un point central. «De là pourrait partir une navette qui ferait des arrêts stratégiques d’un bout à l’autre du quartier, à longueur d’année, ce qui réduirait le problème de circulation», explique Kathleen Giguère. Celle-ci connaît très bien le secteur parce qu’elle y travaille dans un organisme lié au logement.
Autre priorité: améliorer la porte d’entrée maritime de la ville. C’est le point d’arrivée des visiteurs qui prennent le traversier, mais aussi un point de passage majeur pour l’une des pistes cyclables les plus populaires de la région. Ce secteur devra «se refaire une beauté», lit-on dans le rapport. «Il serait facile de créer un achalandage intéressant. La vue sur le fleuve est des plus agréables.» On doit penser à nettoyer et à ajouter des aménagements paysagers. On pourrait aussi augmenter l’offre de services à proximité de la terrasse, notamment par des restaurants et des antiquaires.
Pour les piétons, l’un des problèmes que vit le quartier est la dénivellation importante entre la rue St-Laurent (près du fleuve) et la zone située en haut de la falaise. Il faut donc étudier la possibilité d’un ascenseur ou d’un funiculaire facilitant l’accès aux rues plus hautes du Vieux-Lévis. «Il faudrait voir si une entreprise privée aurait avantage à construire un tel lien entre la basse ville et la haute ville, en collaboration avec la Ville de Lévis», constate Michel Andrews.
Les étudiants proposent aussi d’organiser des activités durant les autres saisons que l’été: tournois sportifs, festival gastronomique, marché public, construction d’une scène pour des spectacles, patinoire, cinéma de répertoire, etc. Ils suggèrent d’ajouter quelques restos d’ambiance et de fine cuisine dans le quartier, et aussi quelques magasins spécialisés qui pourraient attirer une jeune clientèle. «Il faut créer des activités qui plairont autant aux familles et aux jeunes du quartier qu’aux touristes de passage», croit Kathleen Giguère.
«Il faut diversifier l’offre de produits et de services, lance Jean-François Rivard. Par exemple, nous suggérons à la Ville de favoriser l’établissement des commerces au premier étage et d’inciter les entreprises de services à s’établir aux étages supérieurs.»
Autre proposition: profiter de la proximité du Vieux-Québec (avec le traversier) pour organiser des croisières d’une journée dans le Vieux-Lévis. Il ne faut pas oublier non plus d’inviter la clientèle du nouveau Centre de congrès de Lévis à se promener dans les rues de la vieille ville.
«Un kiosque d’information touristique et un dépliant seraient très utiles pour mieux faire connaître les atouts du quartier et pour donner toutes les explications nécessaires», estime Mme Giguère.
Enfin, une bonne partie de la clientèle touristique du Vieux-Québec arrive par l’autoroute 20. Pourquoi ne pas convier ces visiteurs à pénétrer dans le Vieux-Québec par Lévis, évitant ainsi d’avoir à traverser les ponts?
Enraciné dans son milieu
«C’est intéressant de voir que des étudiants peuvent participer ainsi au développement de la ville et de l’économie locale, conclut Michel Andrews. Ça démontre que le campus de Lévis est bien enraciné dans son milieu.»
Qui sait comment le plus vieux quartier de Lévis aura changé de visage d’ici 2011, alors que la ville soulignera ses 375 ans d’existence?
Mario Bélanger