Conférence
Louis Hamelin, entre la nature et l’écriture
Le 2 novembre2009
Se tenant le 29 septembre 2009 à l’UQAR campus de Rimouski, la conférence donnée par l’écrivain québécois Louis Hamelin reflétait bien les préoccupations nourrissant, en grande partie, la production littéraire de ce dernier.
À l’instar des nature writers américains dont il ne nie pas l’influence, Hamelin a exposé d’emblée les liens profonds qui l’unissent au monde sauvage. L’auteur originaire de la Mauricie avait d’ailleurs jeté son dévolu sur des études en biologie et en écologie avant de se tourner vers la littérature! Il n’est donc pas étonnant de retrouver dans ses œuvres des enjeux environnementaux, comme la dénonciation de la coupe à blanc dans son roman Le joueur de flûte, ou tout simplement des observations sur la faune et la flore, sur le peuple autochtone et sur la vie en forêt.
Pour l’occasion, Hamelin se proposait donc de réfléchir aux liens qui unissent la création et la nature, liens caractérisant sa propre sensibilité artistique. Il tentait aussi par là de répondre aux questions suivantes : en quoi l’environnement dans lequel travaille un écrivain peut influencer sa création? Pourquoi naît chez l’auteur l’envie de se retirer pour écrire, entraînant cette idée d’ermitage littéraire?
Selon Hamelin, plusieurs raisons poussent certains créateurs à vivre en retrait et à rechercher cette communion particulière avec les éléments de la nature. « Avoir la paix » pour écrire en s’isolant ou en « s’encabanant », comme il le dit, en est une. La recherche de la contemplation ou encore l’observation scientifique de la nature, qui sont des regards poétiques et passifs posés sur le monde, sont également convoitées et peuvent être des motifs qui entraînent un tel mode de vie. Cela peut aussi découler d’un certain goût pour l’aventure, comme lieu de défi physique où l’on se prouve à soi-même. Finalement, ce retour aux sources, qu’il soit permanent ou périodique, permet un contact avec la réalité et la crudité des choses, tout en se rapprochant de la « vie vivante ». Toutes ces raisons combinées mènent à ce qu’il nomme l’eccéité, thème que l’écrivain a mis en valeur dans son roman Betsi Larousse - ou l’ineffable eccéité de la loutre. Il le définit comme étant une expérience unique touchant à l’existentiel et à l’essentiel, lorsqu’une créature sauvage, par exemple, s’incarne et se révèle dans son unicité.
En somme, le besoin des auteurs de se retirer est souvent davantage mu par le désir de se sentir vivre plutôt que pour écrire. Ce mode de vie intact, non technicisé, semble être un moyen privilégié pour éviter la déshumanisation qu’entraîne trop souvent, aux dires de l’auteur, la technologie multipliant les intermédiaires entre l’homme et l’extérieur, ce qui le coupe du monde réel, matériel et tangible. D’où l’importance de se replonger dans l’authenticité de la nature, afin de la ramener en littérature.
Marise Belletête
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Renseignements : Mario Bélanger, Service des communications, UQAR
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