Thomas Guyondet, docteur en océanographie
Une recherche sur la croissance des moules en aquaculture
Le 20 novembre 2009
Thomas Guyondet vient de terminer son doctorat à l’ISMER-UQAR sous la direction de Vladimir G. Koutitonsky (ISMER) et Jonathan Grant (Université Dalhousie). Il a approfondi la question de la culture des moules dans l’écosystème côtier des Îles-de-la-Madeleine.
D’origine française, M. Thomas Guyondet débute ses études supérieures à l’École Centrale Marseille, où il obtient un diplôme d’ingénieur en génie côtier (1998). Après une période comme volontaire dans un laboratoire d’Écologie côtière en Guyane, il vient au Québec pour approfondir ses connaissances dans ce domaine. Il obtient le diplôme de Maîtrise en océanographie de l’UQAR-ISMER en 2003, avec un travail sur la capacité de support des coquillages par les écosystèmes. Dans son doctorat réalisé à l’ISMER, il approfondit cette question en développant un modèle informatique regroupant les interactions entre la l’aquaculture des moules et l’environnement. Voici, en résumé, l’essentiel de sa recherche.
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Les ressources marines sont surexploitées. Dans ce contexte, l’aquaculture est appelée à fournir une part croissante des besoins nutritionnels de la population mondiale. La mytiliculture (l’élevage des moules) dépend uniquement des ressources naturelles pour la croissance des coquillages. Elle se heurte donc à la capacité de support des écosystèmes côtiers qui l’accueille. Ce problème fait intervenir différentes variables : la circulation des eaux dans la région concernée, les processus biogéochimiques qui régissent la production et la consommation de la nourriture de ces bivalves, et enfin, l’écophysiologie des mollusques. Il est donc nécessaire de mettre au point des outils adaptés pour comprendre ces processus.
L’objectif de la thèse de M. Guyondet est de développer un modèle numérique permettant d’intégrer les trois aspects du problème de capacité de support, tout en considérant les échelles spatiales en jeu. Le modèle ainsi développé a été mis à contribution pour étudier les interactions entre l’élevage mytilicole et l’écosystème de la lagune de Grande-Entrée, aux Îles-de-la-Madeleine, dans le Golfe du Saint-Laurent.
Le volet hydrodynamique, qui porte sur la circulation des eaux, a permis de mieux comprendre le transport de la matière organique en suspension, ce qui constitue la nourriture des moules d’élevage. Les résultats montrent que la zone de mytiliculture se situe dans une région isolée par la présence d’un tourbillon résiduel, ce qui limite les échanges avec le reste de la lagune.
Les résultats du volet biogéochimique établissent clairement la capacité du modèle informatique à reproduire avec précision la dynamique de l’écosystème lagunaire, y compris les effets de l’élevage mytilicole. Cette dynamique se caractérise en été par la dominance des processus de recyclage parmi les mécanismes d’apport en azote et également par le rôle dominant du réseau microbien, en particulier le microzooplancton, qui détermine la productivité de ce système.
Du côté écophysiologique, l’étude montre l’importance des moules dans le cycle de l’azote à l’échelle locale dans la zone d’élevage. Malgré l’influence réduite qu’exerce la ferme mytilicole à l’échelle du système complet, elle possède toutefois la capacité de modifier la structure de l’écosystème de la lagune de Grande-Entrée. Le stock de moules en élevage pourrait être considérablement augmenté avant d’atteindre la capacité de production maximale. Toutefois, si l’aspect écologique est pris en compte, la capacité de support de la zone étudiée est beaucoup plus restreinte.
Thomas Guyondet et Mario Bélanger