
A) Collation des grades
B) Texte du recteur Pierre Couture sur la remise
d’un doctorat honoris causa au peintre Basque
C) Texte du président de l’Université
du Québec, M. Pierre Lucier
D) Texte du peintre Léonard Parent,
dit Basque
E) Texte du vice-recteur Michel Ringuet sur
les Prix d’excellence de l’Université du Québec
A) Cérémonie de collation des grades de l’UQAR 1998
Leur réussite fait la fierté de l’Université ! Ils étaient nombreux et fébriles les diplômées et diplômés qui ont participé à la cérémonie de collation des grades 1998 de l’UQAR, au Centre des congrès de Rimouski, en ce samedi 24 octobre. Avec les parents et amis qui étaient invités, environ 1500 personnes étaient réunies pour assister à la remise des diplômes de fin d’études.
En tout, l’UQAR a accordé, au cours de 1997-1998, 561 diplômes (sans compter les certificats). On en retrouve 475 au baccalauréat (180 hommes et 295 femmes), 81 au 2e cycle (37 hommes et 44 femmes) et 5 au 3e cycle (3 hommes et 2 femmes).
Depuis les débuts, en 1969, l’UQAR a remis 24277 diplômes, soit 8795 à des hommes et 15482 à des femmes. Par cycles d’études, ces diplômes se répartissent ainsi : 23061 au 1er cycle, 2241 au 2e cycle et 29 au 3e cycle.
Lors de la cérémonie, l’UQAR a remis un doctorat honoris causa au peintre Basque, de son vrai nom Léonard Parent. Il s’agit du neuvième doctorat honoris causa à être accordé par l’UQAR, les autres ayant été reçus par : le botaniste Ernest Lepage (1977), le poète et chanteur Gilles Vigneault (1979), la juge Claire L’Heureux-Dubé (1989), l’homme de sciences Charles E. Beaulieu (1991), l’éthicien français René Simon (1992), la journaliste Lisette Morin (1993), l’éducateur Pascal Parent (1994) et l’homme de lettres Jules Bélanger (1994).
Pour la qualité de leur dossier universitaire respectif, la médaille d’or du Gouverneur général a été remise cette année à Mme Lise Moisan, et la médaille d’argent, à M. Jacky Lavoie.
La direction de l’Université a profité de l’occasion pour souligner publiquement les Prix d’excellence de l’Université du Québec qu’ont reçus le professeur de biologie Jean Ferron (en enseignement) et le professeur de lettres Robert Dion (en recherche).
Le présent texte vous donne tous les détails sur cette journée consistante. Bonne lecture !
B) Hommage à monsieur Léonard Parent, dit Basque
Allocution du recteur de l'UQAR, M. Pierre Couture
Monsieur Léonard Parent, dit Basque,
Monsieur le président Pierre Lucier,
Chers diplômés, Distingués invités,
Membres de la communauté universitaire,
Mesdames et Messieurs,
Il est des carrières qui suivent, sans dévier jamais de leur objectif, un tracé précis; il en est qui ont, dit-on, la flamboyance des feux de l'automne. Nul ne s'étonnera que celle de Basque, qu'honore aujourd'hui l'Université du Québec, sous l'égide de l'Université du Québec à Rimouski, en la personne de monsieur Léonard Parent, conjugue la couleur et la ligne : la connivence que l'artiste entretient avec le territoire qu'il a fait sien et les hommes qui l'habitent relève de la même intense intimité que la couleur et la ligne pour le peintre. Derrière l'œuvre, il faut lire l'aventure du créateur, découvrir le charisme discret mais efficace de l'enseignant et de l'animateur culturel, c'est-à-dire le parcours d'une vie de recherche et de création consacrée à l'enseignement et à la sensibilisation aux arts et à la culture; bref, l'histoire d'une passion partagée.
Tout commence dans le troisième rang de Trois-Pistoles où Léonard Parent naît en 1927 dans une famille de cultivateurs. C'est un jeune élève doué, à la curiosité boulimique, qui assimile en une seule année scolaire les programmes de 7e, 8e et 9e années. Pourtant, sa mère s'étonnait du fait qu'il n'avait jamais de travaux scolaires à réaliser à la maison. D'une enfance austère et contemplative, où le dessin représente déjà un mode d'expression privilégié conforme à sa réserve naturelle, il gardera le goût de l'espace et de l'indépendance. Inlassablement, sous toutes les formes il traduira, jusqu'à le rendre universel, son attachement au terroir et aux paysages de ses origines.
Le temps de ses études classiques au Petit Séminaire de Rimouski, il est premier de classe sans discontinuer de 1940 à 1948. Il n'en reste pas moins que sa mère aura l'occasion de lire sur son bulletin "Léonard pourrait encore faire mieux!". La compréhension de maîtres éclairés qui savent discerner son talent lui permet de s'adonner, avec quelques condisciples, à la passion du dessin pendant ses loisirs. Cette passion n'a d'égale que celle de la lecture: sur la foi de ses résultats, il obtiendra une dérogation pour s'y consacrer pendant le temps imparti au travail scolaire. Il en profite pour dévorer tous les livres d'art que contient la bibliothèque, découvrant ainsi les maîtres anciens: Rembrandt, Goya et Léonard de Vinci en particulier, dont l'universalisme le fascine. D'être le principal illustrateur du journal «La vie écolière» ne l'empêche pas de tenir sa place d'altiste et de contrebassiste dans la fanfare et l'orchestre du collège: ainsi se comporte un digne émule du lointain Léonardo!
Grâce à un léger coup de pouce du destin sans doute, une de ses sœurs le dote d'une boîte de peinture à l'huile. Ainsi, il "entre en peinture" en même temps qu'il commence ses études de théologie et de philosophie au Grand Séminaire de Rimouski. Nous sommes en 1948. Ce jeune lettré à la plume alerte, déjà amateur de poésie ancienne et moderne, féru d'archéologie et de géologie, se voit destiné par ses professeurs aux hautes sphères de la pensée. Il s'attaque cependant "en explorateur" — ce sont ses mots — à ce médium nouveau pour lui qu'est la peinture à l'huile. Il n'a pour tout bagage que ses connaissances livresques et son insatiable curiosité, alliées à un irrépressible sens de la recherche et de l'aventure intérieure. Il mènera dès lors de pair sa formation intellectuelle — qui le conduit à l'obtention de la maîtrise en théologie de l'Université Angelicum à Rome — et sa démarche d'artiste autodidacte. À l'étranger, il se forme au contact direct des œuvres qu'il fréquente et découvre de visu dans les musées, les galeries et les ateliers d'artistes. En marge de tout encadrement institutionnel, il éprouve et réinvente, pour le bénéfice de sa manière personnelle, les diverses techniques qui ont marqué le parcours de l'histoire de l'art, en particulier les plus récentes. Il se confronte ainsi au réalisme, à l'impressionnisme, au cubisme et à l'expressionnisme. Il s'enrichit des expériences de ces "écoles", courants ou tendances sans sacrifier sa personnalité à leurs dogmes. S'il reconnaît avoir été attiré, vers 1958-1959, par le mouvement automatiste initié par le Refus global de Borduas, sa réserve naturelle et sa sagesse foncière l'ont incité à n'en retenir que le principe de liberté qui le caractérise. "Liberté de suivre l'intuition du moment et le caprice des matériaux", selon ses propres termes. Il reste que cette "double vie", intellectuelle et artistique, débouche d'abord sur une double carrière d'enseignant.
Sa carrière d'enseignant commence au Grand Séminaire de Rimouski où il enseigne la théologie dès 1953; elle se poursuit à l'Université du Québec à Rimouski où il enseigne au Département des sciences religieuses de 1969 à 1975. La problématique qu'il propose avec "La question de Dieu" chamboule quelque peu les interrogations traditionnelles; ses collègues s'en souviennent. Puis, de 1975 à 1979, il se voit confier l'enseignement des arts au Département des sciences de l'éducation. Pendant plus de vingt-cinq ans, il s'acquitte de ses tâches pédagogiques avec le joyeux sérieux et la générosité qui le caractérisent. Il quittera l'institution en 1980 pour se consacrer à plein temps à la création artistique à laquelle il n'a jamais cessé de s'adonner jusque-là, autant comme animateur culturel expert en arts visuels que comme artiste à part entière.
En effet, de 1958 à 1980, parallèlement à sa mission officielle d'enseignant d'une part, et à sa carrière d'artiste d'autre part, monsieur Parent s'engage dans une troisième voie qui concilie en quelque sorte les deux autres: celle d'animateur en arts visuels. Malgré une apparente timidité, imputable à une grande sensibilité, qui donne à ceux qui ne le connaissent pas l'impression qu'il est un peu distant, il emploie ses talents de communicateur à faire partager son enthousiasme et sa passion pour l'art à la population du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.
Il le fera sous le nom de Basque, cette identité de substitution qu'il emprunte à partir de 1957, lors de sa première exposition, pour se démarquer d'une image sociale conventionnelle. Ce nom, choisi en hommage aux aventuriers chasseurs de baleines venus au large de Trois-Pistoles dès avant l'arrivée de Jacques Cartier, deviendra synonyme de peinture pour au moins deux générations d'amateurs et d'admirateurs du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Pendant plus de vingt ans en effet, Basque fait œuvre de prosélyte et contribue amplement au rayonnement et au développement culturel d'une région à laquelle il reste entièrement dévoué. Dispensant sans compter son temps, son savoir et son savoir-faire, il sillonne le territoire en donnant des cours et des conférences en histoire de l'art, des ateliers de dessin, de peinture et d'appréciation de l'art. Son charisme est tel que des groupes d'échange et de réflexion se forment dans divers centres: Rivière-du-Loup, Trois-Pistoles, Rimouski, Amqui, constituant de véritables forums spontanés qui répondent à un réel besoin du public en matière d'art.
En 1962-1963, à la demande de monsieur Pascal Parent, futur recteur de l'UQAR, agissant alors à titre de directeur pédagogique des cours d'extension universitaire à Rimouski, l'initiative de Basque vient s'inscrire dans le cadre d'un de ces programmes parrainés par l'Université Laval. La participation de la population est considérable; en plus de rendre justice aux talents d'artiste et d'animateur de Basque, ce succès est aussi particulièrement révélateur du dénuement culturel qui entourait à cette époque les arts visuels et de la soif de connaissance de la population. Le groupe "Les amis de l'art", né en 1962 à Trois-Pistoles et ainsi dénommé en 1972, témoigne encore de l'engouement d'alors. Cet organisme à but non lucratif fait l'acquisition de la "Maison du Notaire", patrimoine historique, et la transforme en atelier pour une vingtaine de créateurs et en centre de diffusion de l'art. Trente-six ans plus tard, ce lieu demeure un souvenir actif de cette période d'intense effervescence qu'a pu susciter Basque. Sa visite occasionnelle continue d'ailleurs de compter comme événement à ne pas manquer.
La contribution de Basque à la diffusion de la connaissance et de la culture artistique ne s'arrête pas là. En plus de collaborer à des livres d'art religieux et d'illustrer une vingtaine d'ouvrages divers, le peintre, fort d'une renommée qui dépasse déjà largement les limites du Québec, décide, en 1974, de partager ses contacts et sa propre clientèle avec des peintres qui exposeront chez lui. Il fonde donc, en collaboration avec son épouse, une galerie destinée à la promotion des artistes professionnels. Agissant comme conseiller artistique, il partage son expertise en prodiguant généreusement ses conseils aux artistes en début de carrière. Au nom de son amour de l'art, il leur offre ainsi le tremplin nécessaire à un bon départ tout en ménageant au public le plaisir de découvrir de nouveaux talents aussi bien que des artistes confirmés. Depuis vingt-quatre ans que la galerie est ouverte, plus de cent vingt expositions-solo y ont eu lieu, sans aucune subvention. C'est dire le nombre de visiteurs — qui se compte par milliers — venus des alentours bien sûr, mais aussi de tous les coins du pays et de l'étranger, qui ont pu, grâce à l'initiative et au rayonnement de la Galerie Basque, apprécier la beauté et la vitalité de la région et en emporter un souvenir de qualité.
Pour achever de souligner l'engagement et l'implication de Basque dans son milieu, on mentionnera encore sa disponibilité de personne-ressource dans les projets de restauration d'édifices: il concrétise son attachement au patrimoine et aux valeurs ancestrales en tant que commissaire à la Commission des biens culturels du Québec depuis 1993; le don de certaines œuvres, la cession de ses droits de reproduction au profit d'un certain nombre d'organismes, ainsi que sa participation à divers événements manifestent concrètement son soutien aux institutions culturelles et de bienfaisance de la communauté. Enfin, il a exprimé sa solidarité avec les autres peintres en participant au travail de sensibilisation aux arts entrepris par Québec-Téléphone et en étant actif comme membre de l'Institut des arts figuratifs et du Regroupement des artistes en arts visuels. Jamais ce travailleur acharné ne refuse la tâche quand il s'agit de promouvoir les arts.
Il est vrai que les arts et la vie de Basque se confondent indissociablement: l'histoire de sa peinture est l'histoire de sa vie, et vice versa. Les étapes de son évolution spirituelle, intellectuelle et affective se déchiffrent en toute transparence sous son coup de spatule, dans ce qu'il appelle les "accidents de matière". Il ne semble pas exagéré de dire que, pour ce passionné, la vie est avant tout art de vivre en harmonie entre l'art et la nature. C'est ce que — dans l'abstraction ou la figuration — l'œuvre ne cesse de scander sur tous les tons et sous toutes ses formes: huiles, encres et lavis ou émaux sur cuivre qui, d'Est en Ouest et au-delà des mers, font le bonheur des collectionneurs. Depuis 1960 en effet, plus d'une centaine d'expositions-solo et de groupe dans des petites et grandes galeries aussi bien que dans les musées de Montréal, Québec et Rimouski témoignent de cet indissoluble lien qui unit l'homme à son pays et — tels le ressac, le roc, si souvent présents dans cet œuvre — le façonne à son image.
Dans un monde essentiellement voué à la technologie et à l'économie, la démarche de Basque peut sembler anachronique à beaucoup de ceux qui parmi nous sont arrivés dans un monde déjà en marche, voire en panne ou du moins en état d'essoufflement, je pense en particulier aux plus jeunes de nos étudiants et étudiantes. Cependant, cet apparent anachronisme — si tel était le cas — a le mérite d'exiger de nous de faire une pause et de nous inviter à réfléchir à ce qui donne sens à nos vies et à notre société. Contrairement à bon nombre d'idées reçues, la culture n'est pas un domaine évanescent, géré en pure perte par quelques rêveurs; c'est bien davantage ce qui continue de nous unir dans nos différences en nous rattachant à des racines communes. En ce sens et par-delà les modes ou les querelles d'écoles, le travail de Basque est exemplaire, car il redit bellement et simplement, à sa manière, comment la force de conviction et la persévérance tranquille d'un seul être sert à en éveiller d'autres et à leur donner le goût et l'espoir de voir le monde autrement.
Monsieur Léonard Parent,
Monsieur Parent, cher Basque, au nom de toute la communauté universitaire, laissez-moi vous témoigner toute notre gratitude et notre amitié respectueuse.
C) La création artistique et littéraire: l'université et «l'utile»
Allocution du président de l’Université du Québec, M. Pierre Lucier
Monsieur le Recteur,
Monsieur le Président du Conseil d'administration,
Madame la Députée,
Monsieur le représentant de la ministre de l'Éducation,
Monsieur le Maire,
Monsieur Parent-Basque,
Mesdames et Messieurs de la direction, du corps professoral
et du personnel de l'Université du Québec à Rimouski,
Mesdames et Messieurs les nouveaux diplômés,
Mesdames, Messieurs,
Mon premier mot sera pour féliciter chaleureusement celles et ceux qui reçoivent aujourd'hui la reconnaissance académique officielle de leurs années de travail, d'effort, de constance et ? disons-le ? de courage. Bravo ! Bravo aussi à celles et ceux qui les ont encouragés et soutenus, ce qui ne constitue pas toujours une tâche beaucoup plus facile que celle d'étudier! Je vous dirai très simplement que, même nombreuses en cette période de l'année dans le réseau de l'Université du Québec, les cérémonies de collation des grades ont toutes un cachet de nouveauté. Chaque fois, en tout cas, j'ai l'impression de revivre la joie et le sentiment de satisfaction qu'il m'a été donné d'éprouver en de pareilles circonstances, il y a hélas bien des années déjà!
Au cours de cette collation des grades, un doctorat honorifique sera décerné à monsieur Léonard Parent ? professionnellement connu sous le nom de Basque. Ce geste complète la fête d'aujourd'hui, en ce qu'il indique, aux diplômés et à nous tous, une réalisation dont l'Université a jugé qu'elle est exemplaire et peut servir de balise aux trajectoires professionnelles et personnelles qu'entreprennent les diplômés de ce jour. Point de départ et point d'arrivée, en quelque sorte, dans des itinéraires nourris aux valeurs de créativité et de liberté qui font partie de la nature même de l'université.
En honorant le peintre Basque, nous saluons assurément le cheminement réussi d'un homme et la qualité de son œuvre. Mais, par-delà l'un et l'autre, nous affirmons la place irremplaçable de l'art et de la création dans la société et à l'université. Je pense ici, à la création entendue au sens large, incluant l'aboutissement de la démarche scientifique elle-même, mais, plus spécifiquement, je pense à la création artistique et littéraire, où l'expérience et le génie s'expriment dans des œuvres belles, offertes à l'accueil et à l'interprétation de quiconque peut y communier et y réexprimer sa propre expérience.
Ce n'est pas d'hier que les mystères de la création artistique, de l'interprétation des signes et même de l'idée du Beau intriguent et passionnent celles et ceux qui cherchent à comprendre les secrets de la vie humaine. Rien de plus mystérieux, en effet, que ce besoin irrésistible et cette capacité de bâtir un monde à même des agencements inédits de couleurs, de lignes, de sons, de gestes, de mots, d'images. Expérience troublante que ces moments où des puissances intérieures semblent s'emparer de nous et s'exprimer à travers nous, sans que nous puissions en contrôler toutes les composantes. Oui, il y a, dans la création artistique et littéraire, quelque chose de la «révélation», de l'incantation, de la transe divinatoire, comme si «cela» parlait et s'exprimait à travers nous, tout autant que nous nous exprimons nous-mêmes. Et par des signes toujours à interpréter et obéissant à des règles de combinaison elles-mêmes porteuses de sens.
Le mot «poète» vient du grec «poiein», qui veut dire «faire», «fabriquer» «créer». Un poète, c'est quelqu'un qui crée un univers. Et c'est pour cela que bien des penseurs n'ont pas hésité à soutenir que c'est dans la création, en étant poète donc, que l'homme ressemble le plus à Dieu, que les premières lignes de la Bible décrivent comme un créateur d'univers, un «poète». Dès avant Socrate, Héraclite disait d'ailleurs du dieu dont l'oracle est à Delphes qu'«il ne dit pas, ne cache pas, mais signifie», c'est-à-dire s'exprime dans des signes. Les créateurs ne font rien d'autre. Et ils le font dans la beauté, cette harmonie grâce à laquelle leurs œuvres durent et parlent bien au-delà d'eux-mêmes.
Le monde des signes est le monde humain par excellence. Dès lors qu'elle s'affirme et mûrit, la vie humaine produit des signes; elle est même faite de signes, elle «est» signe, comme la Nature est un livre, disait-on. Dans toute notre vie quotidienne, nous signifions ? par nos physionomies, par nos vêtements, par nos gestes, par nos mots. C'est par des signes et des rituels que nous inaugurons la vie, que nous scellons nos amours et nos destinées, que nous apprivoisons la mort et négocions avec elle. Depuis les temps les plus reculés, c'est par les œuvres d'art que les humains expriment leurs plus grandes angoisses et leurs plus grands espoirs. «L'écriture ou la vie», titre un des derniers ouvrages de Jorge Semprun, cet écrivain espagnol sorti de l'enfer de Buchenwald grâce à l'écriture; «l'art ou la vie», pourrait-on tout aussi bien dire. On crée ultimement pour vivre, pour mieux vivre, pour ne pas mourir.
Comment dès lors s'interroger sur l'«utilité» de l'art ? Comment surtout pouvoir en douter ? À celles et ceux qui sont préoccupés de l'utilité de ce qui se fait à l'université et à qui il arrive de penser qu'il y a mieux à y faire que de soutenir et de promouvoir la création artistique et littéraire, nous devons répondre sans aucune hésitation. La création artistique est éminemment utile, non seulement parce qu'elle génère une part significative du P.I.B. ? car elle fait aussi cela, ne l'oublions pas! ?, mais essentiellement parce qu'elle nous «fait vivre» au sens le plus riche du terme. Classer l'art dans le seul domaine de l'agréable, l'opposer à l'utile, voire l'identifier au futile, ou plus subtilement le ranger en marge de la «société du savoir» en émergence, c'est réducteur, c'est simpliste, c'est dangereux. En raison des zones de la vie humaine qu'il rejoint, l'art fait bel et bien partie des forces montantes. Dès ses origines, l'université occidentale l'a compris, qui a fait des arts une des premières de ses facultés, l'appellation de ses grades de baccalauréat et de maîtrise (B.A., M.A.) en témoignant encore aujourd'hui, à côté du doctorat (Ph.D.) qui, lui, rend toujours son tribut à la philosophie.
Il n'est ni inopportun ni saugrenu de rappeler ces choses. Car il s'en trouve actuellement beaucoup, en particulier parmi les tenants des néolibéralismes à la mode, pour examiner les moyens d'inciter les universités à délaisser les domaines déclarés «mous», «gratuits», voire «folkloriques», pour s'engager plutôt dans ce qu'ils considèrent comme les voies de l'avenir. Dans l'«outil de consultation sur la politique gouvernementale à l'égard des universités québécoises» publié en septembre 1998, le Ministère éprouve le besoin de soulever la question, sans doute parce qu'il l'a maintes fois entendue. Je cite: «Pourrait-on imaginer la mise en place de mesures financières aménagées de façon telle qu'elles inciteraient les candidates et les candidats à l'inscription à privilégier les disciplines et les cycles menant aux formations les plus en demande sur le marché du travail, ou considérés comme les plus propices au développement, au Québec, de ce qu'il est convenu d'appeler la "société du savoir"?» (page 7). Et encore: «… le Gouvernement ne pourrait-il pas, en tant que représentant des intérêts de toute la collectivité, utiliser au moins une part des ressources nouvelles qui seront éventuellement disponibles, pour favoriser d'abord le développement des secteurs, des disciplines ou des cycles qu'il jugerait prioritaires pour l'avenir de la société québécoise?» (page 9). La question est posée, et même deux fois plutôt qu'une. Ce n'est évidemment pas le lieu d'y répondre de manière systématique, mais je tenais au moins à attirer votre attention sur le fait lui-même et sur son arrière-plan idéologique fort répandu.
À la vérité, les frontières de l'art et de la science sont beaucoup moins étanches que ne le prétendent de nombreux discours courants, souvent déphasés même par rapport à une partie importante de la production artistique actuelle, étroitement associée aux technologies avancées. Plus fondamentalement, l'art et la science se rejoignent dans la créativité, qui fait naître les théories scientifiques comme les œuvres d'art; ils se rejoignent dans l'incontournable pari d'interprétation du réel qui sous-tend la thèse et l'hypothèse aussi bien que le phantasme créateur; ils se rejoignent aussi en ce qu'ils traduisent une même volonté de vivre et de comprendre, de faire vivre et de faire comprendre. Leur enjeu anthropologique est ultimement le même: la volonté et la capacité de vivre et de survivre. Les Grecs suggéraient essentiellement cela quand ils faisaient se rejoindre le Vrai, le Bien et le Beau. Leurs successeurs n'ont pas fait autrement pendant des siècles, quand ils ont affirmé la nécessaire existence d'une Conscience personnelle transcendante, fondement dernier et unique à la fois de toute vérité, de tout bien et de toute beauté. Oui, vraiment l'esthétique s'enracine plus profondément que dans le seul épiderme.
J'évoque ces réalités fondatrices à seule fin de suggérer la portée de la reconnaissance qui est accordée aujourd'hui au peintre Basque. Basque, vous avez créé un monde de formes, de couleurs et de perspectives qui disent et signifient le pays d'ici et une certaine manière de vivre la vie humaine. Vous contribuez ainsi, dans la beauté, à la quête de sens de celles et ceux qui reçoivent vos œuvres et se les approprient. L'université vous accueille aujourd'hui avec respect. Sentez-vous-y chez vous, avec tous les créateurs de signes et de beauté. Et merci d'être, pour nous et pour les diplômés de ce jour, un repère de signification et d'inspiration dans notre volonté commune de «faire œuvre utile».
Et vous, chers nouveaux diplômés, je vous souhaite de trouver votre propre chemin de sens et de beauté. Sans doute concluez-vous aujourd'hui des périples de formation dans des secteurs qui sont diversement et inégalement liés aux perspectives de la création artistique. Mais, à y regarder de plus près, on constate rapidement qu'aucun secteur de connaissance et d'intervention n'est totalement étranger aux réalités que j'ai voulu évoquer. En tout cas, aucun de vous ? éducateurs, intervenants sociaux ou médicaux, biologistes, chimistes, océanographes, ingénieurs, historiens, géographes, sociologues, théologiens, éthiciens, littéraires, administrateurs, gestionnaires, développeurs ?, aucun, aucune de vous ne pourra passer à côté de l'expérience de la création ou de la communion avec des œuvres qui interpellent et grandissent. Car l'existence humaine nous conduit toujours et inévitablement dans les mystérieux et exigeants sentiers de la vie, de l'amour, de la joie, de l'angoisse, de la mort même, toutes des expériences fondamentales que nous devons apprivoiser et qui font que surgit l'œuvre d'art.
J'ose espérer que votre passage à l'Université du Québec à Rimouski vous aura donné l'occasion de saisir et d'approfondir quelque chose de ces dimensions essentielles de la vie humaine. Permettez-nous aussi de compter que, grâce aux compétences acquises à l'Université du Québec à Rimouski, et grâce à votre expérience de vie, vous serez, dans la région, partout au Québec et même bien au-delà, dans chacun de vos secteurs d'activité, des créateurs d'univers. Bonne route!
D) Discours de monsieur Léonard
Parent,
récipiendaire d'un doctorat honorifique
de l'Université du Québec
Monsieur le Président de l'Université du Québec,
Monsieur le Recteur de l'Université du Québec à
Rimouski,
Distingués invités, chers diplômés,
Mesdames, Messieurs,
Je vais commencer par vous parler de Ronsard, un vieux poète de la Renaissance que j'aime beaucoup. Âgé de 50 ans, Ronsard se trouvait vieux et il écrivait: "Déjà dix lustres et mon poil grison m'appellent au logis et sonnent la retraite". Il continua quand même d'écrire et, six ans plus tard, il revenait sur le sujet de son âge: "Déjà cinquante et six ans ont neigé sur ma tête, il est temps de laisser les vers et les amours et de prendre congé."
Comme Ronsard, il m'arrive de me préoccuper de mon âge et je me dis alors que je ferais mieux de m'inspirer du côté de Cicéron qui vécut 16 siècles avant Ronsard. Cicéron est sexagénaire quant il écrit son "de Senectute". C'est un petit livre sur la vieillesse où il vante les nombreux privilèges liés à son âge (ses 62 ans, c'était vraiment le grand âge à cette époque). Cicéron se sent plein d'enthousiasme et il donne l'exemple de prédécesseurs et de contemporains plus âgés que lui dont la vie publique a été ou est encore très active. À ceux que la vieillesse rend maussades, il suggère de cultiver une vigne ou un potager. C'est un conseil encore pertinent après deux millénaires.
Il m'apparaît qu'à l'Université du Québec, on partage l'optimisme de Cicéron puisque, septuagénaire, on me décerne le titre de docteur, un titre qui se donne habituellement à celui qui débute dans la carrière. Si un tel honneur m'échoit gracieusement, c'est qu'on estime que je pourrais être encore utile et faire davantage. Je remercie l'Université du Québec de cette confiance et je ne doute pas que Cicéron défendrait ce point de vue.
Quant à Ronsard, vous le savez peut-être, il fut nommé chanoine. J'aime supposer qu'il aurait eu une vieillesse plus productive, si on lui avait donné quelques doctorats au lieu du canonicat.
Mesdames, Messieurs, si, jusqu'ici, ma vie a été un peu utile, je le dois dans une bonne mesure à des maîtres pour qui j'ai une profonde reconnaissance. Si je devais remonter encore dans le passé lointain, je citerais Jean de La Fontaine, ce magnifique conteur - moraliste - poète à qui je dois mes premières belles lectures à l'âge de neuf ans. Je vous parlerais de Rembrandt qui m'a communiqué la passion de la peinture à 15 ans. Je pourrais ainsi faire une longue liste de maîtres anciens qui ont fait mon éducation.
Ces maîtres, pour moi, ne sont pas tout à fait morts puisque leur âme lumineuse et légère continue de vivre dans les livres et les partitions musicales, dans les traditions populaires, dans les musées et les temples, à travers nous tous qui sommes leurs héritiers spirituels.
Plus près de nous, pendant mes études, j'ai connu une équipe de professeurs très compétents et dévoués à la tâche. Ici, je voudrais saluer la mémoire de Mgr Georges Dionne, un maître pour qui j'ai gardé une profonde estime. Il fut pour moi l'image du parfait pédagogue. Traduire avec lui un texte latin ou analyser un morceau de littérature française, c'était participer à une dégustation. Il cherchait avec nous le sens d'un texte comme s'il le voyait pour la première fois. Cet homme avait la passion du mot juste. Avec lui, il n'y avait pas ou si peu de synonymes. Pour le définir, je dirais à la façon de Verlaine "pas la couleur, mais la nuance... rien que la nuance." Et ma conviction est restée que la nuance il n'y a que ça de vrai.
J'ai eu de bons professeurs, mais je ne suis pas sûr d'avoir été l'étudiant idéal. Étudiant de peu de foi, peu porté vers les doctrines étanches, j'étais plutôt l'étudiant de toutes les curiosités qui musarde et grappille à tous les râteliers du savoir. Plus ou moins autodidacte au départ, autodidacte je suis resté dans une large mesure.
Je justifie mon attitude en me disant que l'enseignement ne peut donner toutes les réponses. L'enseignement, d'ailleurs, n'est valable que s'il ouvre une fenêtre sur des horizons inexplorés. Dans les arts comme dans la science, il faut préserver le "sfumato" comme disait de Vinci, c'est-à-dire garder ouverts des espaces encore indéfinis, une "terra incognita", parce que la vérité ne révèle pas son visage d'un seul coup. L'enseignement est une invitation au voyage comme le tableau qui ne peut tout révéler au premier regard et qui laisse un espace pour l'indicible.
Après l'école, il y a eu la vie. Une vie qui, somme toute, a été bonne puisqu'elle m'a permis de rester dans une région riche de sa beauté naturelle et riche de la beauté des gens qui l'habitent. J'aime beaucoup les gens d'ici. Dans ce pays du Bas-Saint-Laurent, il y a une population qui m'a toujours soutenu et traité avec bienveillance. J'y ai trouvé de bons amis dont la présence est stimulante et ce ne sont pas des "amis que le vent emporte". Je les remercie de leur fidélité.
La vie m'a aussi permis de rencontrer Marielle, celle qui partage mon existence depuis 25 ans. Je ne peux dire ici tout le bien que je pense d'elle. Dans les milieux où elle a oeuvré, on connaît son enthousiasme, sa créativité, sa générosité, son jugement artistique, son sens de l'organisation. Elle est pour moi une présence inestimable et irremplaçable.
Quant à Mélody, notre grande fille, elle se doute bien qu'elle est le soleil de nos vies et que nous faisons de grands efforts pour taire le bonheur qu'elle nous procure.
Pour conclure, je remercie bien sincèrement monsieur Lucier et monsieur Couture pour le bien qu'ils ont dit de moi. Je suis touché par l'honneur dont ils me gratifient. Je suis profondément reconnaissant à l'Université du Québec pour ce doctorat honorifique que je vois comme un encouragement à bien travailler.
J'offre mes félicitations et mes voeux de succès aux nouveaux diplômés et médaillés. On sait que ces titres sont pour eux la récompense du talent, du travail et de la discipline. Merci à vous tous pour votre attention à mon propos.
E) Présentation des
prix d’excellence
de l’Université du Québec
aux professeurs Jean Ferron et Robert Dion
Allocution du vice-recteur
à la formation et à la recherche de l’UQAR, M. Michel
Ringuet
La cérémonie de la collation des grades vise d’abord et avant tout à reconnaître publiquement l’atteinte de l’objectif que s’étaient fixés les diplômés d'aujourd’hui, soit celui de pouvoir porter les titres de bachelier, de maître ou de docteur. L’obtention de ces titres demande cependant une telle somme de travail, et pour ne pas dire d’acharnement, que l’intérêt porté par les étudiantes et les étudiants aux études universitaires ne peut pas résider uniquement dans le fait de « décrocher » son diplôme. Non, ce que ces derniers viennent véritablement chercher à l’université c’est une formation, une formation de qualité qui ouvre l’esprit et le rend critique, qui intègre les connaissances et les aptitudes nouvelles, qui assure l’autonomie nécessaire à la contribution signifiante du diplômé universitaire au développement de la société.
Les membres du personnel de l’UQAR, professeurs, chargés de cours et non-enseignants ont depuis toujours témoigné de la très grande qualité de la formation offerte à l’UQAR. Nous avons aujourd’hui l’occasion de confirmer nos propos par la remise de deux prix d’excellence prestigieux, l’un en enseignement, l’autre en recherche, à deux professeurs de l’UQAR.
Le Prix d’excellence en enseignement de l’Université du Québec vise à reconnaître la contribution exceptionnelle en enseignement d’une professeure ou d’un professeur de l’une ou l’autre des constituantes de l’Université du Québec. Ainsi donc, parmi tous les professeurs et toutes les professeures de sciences naturelles, de génie et de sciences de la santé du réseau, l’Université du Québec remet cette année ce prix d’une valeur de 25 000 $ au professeur Jean Ferron, du Département de biologie et des sciences de la santé de l’UQAR.
Cette reconnaissance des mérites du professeur Ferron s’inscrit dans le sillage des nombreux témoignages d’étudiantes et d’étudiants, et de collègues professeurs de l’UQAR, d’autres universités québécoises, canadiennes ou étrangères, qui confirment tous le fort degré d’appréciation des interventions pédagogiques du professeur Ferron. L’un de ces anciens étudiants, devenu à son tour professeur d’université, nous disait même : « Les étudiants sont en quête de modèles, Jean Ferron en est un »; j’ajouterais, un modèle oui, de dynamisme, de disponibilité, de passion mis au service du moulage de têtes bien faites, du développement des connaissances en biologie et plus globalement, de l’établissement en région d’une université à part entière, dont la réputation franchit les frontières.
Monsieur Ferron est un véritable professeur de carrière. Ayant obtenu un doctorat en biologie de l’Université de Montréal en 1974, il arrive à l’UQAR en 1975, où il est devenu, semble-t-il, omniprésent. Enseignant et formateur efficace, il ne se limite pas à une prestation classique mais utilise plutôt tout un éventail d’approches pédagogiques souvent novatrices et adaptées aux objectifs de formation recherchés : apprentissage par problèmes, travaux pratiques réalisés en collaboration avec le milieu, transformation du campus de l’Université en un véritable laboratoire extérieur d'observation du comportement de la petite faune par l’installation d’enclos pour écureuils et de mangeoires d’oiseaux autour duquel butinent ses disciples. Ces différentes façons d'interpeller l’étudiant, de susciter sa curiosité et sa soif d’apprendre sont certes un élément-clef de l’excellente réputation qu’ont les diplômés du baccalauréat en biologie de l’UQAR auprès des employeurs.
Monsieur Ferron a aussi grandement contribué au développement des programmes de deuxième cycle en gestion de la faune et à l’encadrement de bon nombre d’étudiantes et d’étudiants qui y ont cheminé. Il n’hésite pas à faire usage de ses propres activités et résultats de recherche, pour compléter la formation des étudiantes et des étudiants, leur livrant ainsi la fine pointe du savoir dans sa discipline et surtout les amenant à réaliser que la formation universitaire n’est qu’une initiation à la recherche de la connaissance qui devrait se poursuivre toute la vie.
Omniprésent Jean Ferron ? Oui, il l’est, toujours disponible pour accompagner les groupes d’étudiantes et d’étudiants dans des colloques savants, pour intéresser des candidats, même étrangers, aux études à l’UQAR, pour collaborer au développement de la biologie et de la gestion de la faune par la mise en place de programmes d’études originaux, pour servir la société comme il l’a fait récemment en utilisant ses talents de pédagogue pour créer un CD-Rom traitant des aménagements sylvicoles favorables au bien-être de la petite faune.
Voilà pour le lauréat du Prix d’excellence en enseignement.
Le Prix d’excellence en recherche de l’Université du Québec, quant à lui, vise à reconnaître la grande valeur des réalisations de recherche et de création d’une professeure ou d’un professeur de l’une ou l’autre des constituantes de l’Université du Québec et détenteur d'un doctorat depuis moins de dix ans. Et parmi toutes les professeures et les professeurs du secteur des arts et des lettres du réseau, deux récipiendaires se partagent cette année ce prix d’une valeur de 25 000 $, l’un de l’UQAM et l’autre du Département de lettres de l’UQAR, M. Robert Dion. Les quelques éléments de la carrière du professeur Dion que je relaterai ici, nous feront bien réaliser qu’une telle reconnaissance est certes bien fondée.
Arrivé à l’UQAR en 1989, année d’obtention de son doctorat en littérature française de l’Université Laval, le professeur Dion s’est immédiatement attaqué à la lourde tâche de développer, en région, une programmation de recherche originale et qui présente suffisamment d’intérêt et de profondeur pour recueillir la reconnaissance de ses pairs. En moins de dix ans, il y réussit admirablement tel que nous le confirme, entre autres distinctions, l’obtention l’an dernier de la prestigieuse bourse Humboldt.
Un tel succès repose sur des dons intellectuels remarquables et une capacité de travail qui sort de l’ordinaire, mais aussi sur la personnalité même du professeur Dion qui en font un collaborateur apprécié tant par ses collègues littéraires que par les nombreux étudiants et étudiantes dont il dirige les travaux à la maîtrise et au doctorat.
L’activité de recherche du professeur Dion est considérable. Sa jeune carrière est jalonnée de plus de 20 articles dans des revues prestigieuses et d’autant de communications devant des auditoires choisis. La liste de ses réalisations est encore longue : entre autres, mentionnons 4 numéros de revue, 1 ouvrage collectif, 2 ouvrages majeurs. Sous sa direction, la revue Tangence sera devenue interdisciplinaire.
Un collègue du professeur Dion, le professeur Denis St-Jacques de l’Université Laval, affirme que deux de ses publications, Le Structuralisme littéraire en France et Le moment critique de la fiction posent Robert Dion en intervenant majeur dans le champ de la critique québécoise.
Le professeur Dion s’est penché sur trois thématiques de recherche. Il a d’abord procédé à l’analyse des modèles théoriques étrangers dans la critique universitaire québécoise de 1950 à 1980. Il a ensuite élargi cette dimension interculturelle qui caractérise son oeuvre en examinant les inter-influences littéraires Québec/France/États-Unis. Enfin, suite logique, il amorçait plus récemment une étude des dispositifs du discours critique québécois depuis 1980. L’intérêt particulier de ces travaux réside certes dans le fait d’associer une analyse pointue des textes à une approche théorique et méthodologique véritablement originale, le tout étant chapeauté par une orientation franche vers l’interculturalité.
Chercheur reconnu, critique et écrivain de renom, vous dire professeur Dion comment, nous de l'UQAR, apprécions que vous mettiez tous ces talents au service de notre institution, de nos programmes de formation. Car il faut mentionner que le professeur Dion conserve toujours ce souci de former la jeunesse.
Il prend encore le temps de commenter de façon étoffée et éclairante les travaux des étudiantes et étudiants au baccalauréat. Il vient même d’accepter la direction du Module de lettres. Choyés ces étudiantes et ces étudiants qui auront pour conseiller un homme cultivé, d’une grande ouverture d’esprit et d’une curiosité insatiable.
Messieurs Ferron et Dion, la grande valeur de vos contributions à
l’avancement de notre société font la fierté de l’UQAR.
Je me fais le porte-parole de notre collectivité universitaire pour
vous féliciter bien chaleureusement et vous remercier de tout coeur.
Le samedi 21 novembre 1998, à 20 h, l’Association des diplômées et diplômés de l’UQAR présente une Soirée Casino, à l'Hôtel Rimouski, sous la présidence d'honneur de M. Simon Bélanger, directeur général du Club Papetier et lui-même diplômé de l'UQAR.
Coût du billet : 25 $ (incluant 75 000 $ en jetons de jeux)
(Sur demande, un reçu de 15 $ est émis pour fins d’impôt)
Renseignements : Lucille Ruest
Association des diplômées et des diplômés
de l'UQAR
Téléphone: (418) 724-1484
assoc_diplomes@uqar.qc.ca
Dans le cadre d’une visite dans le Bas-Saint-Laurent, le président
du Mouvement Desjardins, M. Claude Béland, participera à
un séminaire à l’UQAR le mercredi 25 novembre prochain, de
13h30 à 14h30, à la salle D-340. Il a accepté l’invitation
du Groupe de recherche Ethos de l’UQAR pour venir parler des valeurs
et des pièges du nouveau pouvoir économique. L’activité
est ouverte au public.
Rappelons que M. Béland vient de publier, aux éditions Québec Amérique, un livre intitulé Inquiétude et espoir, qui traite justement de la responsabilité des citoyens, de démocratie, du partage du pouvoir, dans le contexte des transformations mondiales suscitées par les nouveaux pouvoirs économiques.
Président du Mouvement Desjardins depuis plus de dix ans, M. Béland est l’un des principaux acteurs sur l’échiquier économique et politique québécois. Il est aussi un homme d’action et un grand humaniste.
Bienvenue à tous !
Deux professeurs, Emmanuel Garon et Jules Bouchard, organisent pour le mercredi 18 novembre prochain, à l’auditorium du Collège de Lévis, un colloque intitulé "L’université au XXIe siècle à Lévis". La journée vise à fournir un forum pour débattre publiquement de l’avenir des études universitaires à Lévis.
Parmi les questions qui seront débattues, on retrouve les suivantes : Que pourrait être l’université au XXIe siècle ? Quel rôle pourrait jouer l’université par rapport au développement régional, en particulier dans une région d’entreprises ? Quels pourraient être les axes de développement de l’université dans ce contexte ? Quelles pourraient être les retombées socio-économiques et les contraintes financières du développement de l’université ? Quelles seraient, pour cette institution, les conditions optimales en matière de taille, d’autonomie, de fonctionnement et d’appartenance ?
Le colloque sera sous la présidence d’honneur du metteur en scène et réalisateur Robert Lepage. Plus d’une quinzaine de conférenciers ont été invités, principalement des universitaires, mais aussi quelques gens du milieu.
Signalons que l’UQAR est présente à Lévis depuis 1980, répondant alors aux demandes même du milieu de la Rive-Sud de Québec. Le Campus de Lévis, que l’UQAR a développé depuis 18 ans avec une équipe d’employés installés en permanence, accueille maintenant environ 1000 étudiantes et étudiants, dont près de 300 à temps complet.
Professeur de littérature à l’Université de Liège, en Belgique, M. Jacques Dubois a séjourné à l’UQAR au cours des dernières semaines. Il a donné à des étudiants de la maîtrise en études littéraires de l’UQAR un séminaire sur Marcel Proust, un auteur qu’il affectionne particulièrement.
Le professeur Dubois, qui vient tout juste de prendre sa retraite de l’enseignement en Belgique, est le fondateur du Département de communications de l’Université de Liège. Au début des années 1990, il a été, pendant trois ans, directeur de la rédaction pour un quotidien belge, La Wallonie. C’est cependant dans le monde de la littérature qu’il a surtout fait carrière. Il a d’ailleurs participé dans son Université à la fondation d’un Centre d’études québécoises, qui s’intéresse à la langue et à la littérature.
Jacques Dubois est l’auteur d’un livre sur Proust, Pour Albertine, publié l’an dernier aux éditions du Seuil. Personnage d’une jeune fille de la classe moyenne, Albertine joue un rôle important dans l’œuvre de Proust. " Elle est sportive, mobile, vivante, explique M. Dubois. Elle est aventureuse, surprenante, vulgaire même. Elle représente une nouvelle culture, un personnage révolutionnaire, à l’encontre du monde que Proust connaît au tournant des années 1900. Pour moi, elle évoque un peu ce que Proust anticipe pour le XXe siècle. "
De son séjour à Rimouski, M. Dubois a remarqué la bonne qualité de vie, le sérieux des étudiants dans le travail, le campus universitaire paisible et... le bon fonctionnement de la bibliothèque de l’UQAR. " On s’empresse toujours de bien vous servir ! "
Dans les années ’70, le district de Parthenay, une zone rurale de 18 000 habitants dans l’ouest de la France, vivait une crise d’identité. L’équipe municipale a alors décidé d’encourager diverses initiatives culturelles et associatives. Aujourd’hui, Parthenay est une cité dynamique, avec 250 associations dans des domaines variés. C’est aussi l’une des régions d’Europe où les nouvelles technologies de la communication sont les plus présentes. En 1996, vingt ordinateurs, branchés sur Internet, étaient offerts aux citoyens par la municipalité, en accès libre et gratuit. Aujourd’hui, cinq espaces numérisés sont ouverts dans différents endroits de la ville.
" Les petites villes peuvent jouer un rôle majeur d’expérimentation sociale ", expliquait M. Michel Hervé, maire de Parthenay, lors d’une récente visite à l’UQAR, où il a rencontré des intervenants du domaine de la culture et du développement régional. " Nous voulions voir les conséquences de l’introduction des nouvelles technologies dans une petite ville, et apprécier comment la vie de tous les jours s’en trouverait modifiée si ces technologies étaient utilisées par 80 % de la population. "
Aujourd’hui, tout un réseau Intranet local relie les habitants. Ils peuvent obtenir de nombreuses informations et avoir accès à divers services concernant l’urbanisme, la santé, les services sociaux, l’emploi, les plans municipaux, l’annuaire téléphonique, les médias, le courrier électronique, les petites annonces, les loisirs, le tourisme, le patrimoine, etc. Plus de 14 000 pages d’informations ont été créées. D’où sans doute le nouveau slogan de le ville : " Parthenay la créative ".
Dans les prochains mois, les priorités vont porter sur la formation des enfants aux NTIC, sur le développement du commerce électronique, sur l’accès des personnes âgées au cybermarché, sur le développement des transactions administratives en ligne et enfin, sur l’ouverture du réseau Intranet aux communautés rurales voisines. Pas de répit pour les créateurs !
Lors de l’Assemblée générale de la Fondation de l’UQAR, en janvier 1987, le président M. Pascal Parent a soumis le projet de création de " La distinction Alcide-C.-Horth ". Un processus de mise en nomination et de sélection est alors mis en œuvre et le premier récipiendaire est nommé en 1991. Il s’agit de M. Mohammed El-Sabh, professeur en océanographie. Depuis, la Fondation de l’UQAR n’a procédé à aucune mise en nomination. La Fondation désire remettre actif ce prix.
La distinction Alcide.-C.-Horth est une marque de mérite, un témoignage reconnaissant le travail d’un chercheur ou d’une équipe de recherche. Elle n’est pas assortie d’une subvention, elle n’est pas nécessairement accordée chaque année, et elle ne peut être accordée plus d’une fois à la même personne ou à la même équipe.
Critères d’attribution
La distinction Alcide-C.-Horth sera attribuée, chaque année, en alternance au secteur des sciences naturelles et appliquées et au secteur des sciences humaines et sociales. Elle est accordée en fonction des éléments suivants : contribution au développement de la recherche à l’UQAR et/ou à l’INRS-Océanologie ; contribution à la formation de chercheurs ; qualité et importance de la contribution scientifique ; reconnaissance par les organismes subventionnaires ; retombées de la recherche dans le milieu régional (Développement du milieu par la recherche ; contribution au développement d’institutions ou d’organismes de la région). Chacun de ces cinq critères se voit attribué une pondération égale de 20 points.
Comité de sélection
Le Comité de sélection sera composé d’un minimum de trois membres et d’un maximum de cinq membres. Le Comité comprendra au moins un membre délégué par la Fondation de l’UQAR. Les autres membres du Comité seront des chercheurs ou des cadres à l’emploi de l’UQAR, chargés de l’administration académique et recommandés par le recteur. Aucun candidat à " La distinction Alcide-C.-Horth " ne pourra faire partie du Comité. La direction de la Fondation agit à titre de secrétaire du Comité.
Appel des candidatures
L’appel des candidatures se fait par la FUQAR sous forme d’affichage sur les babillards, dans l’UQAR-INFO ainsi que par une lettre adressée aux directeurs de départements et aux directeurs de groupes de recherche. Un individu ou un groupe de recherche peut soumettre lui-même sa candidature ou la candidature peut être soumise par un ou des collègues.
Le dossier de mise en candidature doit comprendre : une lettre de présentation, laquelle met en évidence les éléments des critères retenus ; des lettres d’appui ; un résumé de carrière ; le curriculum vitae ; la liste des publications et/ou réalisations ; tout autre document jugé pertinent.
Cheminement des dossiers
Tous les dossiers complets de mise en candidature doivent être
adressés à :
Fondation de l’UQAR, Université du Québec à Rimouski,
Bureau D-405.
Date limite : 23 novembre 1998.
Sélection
À l’étude des dossiers complets, et selon les critères de pondération, les membres du Comité recommandent, au Conseil d’administration de la Fondation, le nom du récipiendaire.
La distinction Alcide-C.-Horth est remise au récipiendaire lors d’une activité de prestige regroupant la communauté universitaire. Sont également invités à cette activité, la presse régionale ainsi que les individus, organismes et entreprises répondant aux critères du plan de reconnaissance de la Fondation.
Pour l’année 1998-1999
Considérant que la distinction Alcide.-C.-Horth a été accordée en 1991 à M. Mohammed El-Sabh, du secteur des sciences naturelles et appliquées, le comité recommande que, pour l’année 1998-1999, le prix soit remis au secteur des sciences humaines et sociales.
Calendrier
C’est sur l’Acadie, ce pays proche et cousin, que porte le regard du dernier numéro (le 58e) de la revue Tangence. Cette revue d’analyse littéraire, publiée à l’UQAR, a pris l’habitude, dans chacun de ses numéros, de développer un thème en long et en large. Ici, sept auteurs lancent avec brio une réflexion sur la littérature postmoderne acadienne. Le numéro a été préparé par Raoul Boudreau et Jean Morency.
La lecture de cet ouvrage permet d’observer une Acadie qui hésite encore entre la tradition et la modernité, une Acadie qui vit son attachement à la langue française et son attirance vers la culture nord-américaine. Les auteurs expliquent qu’une nouvelle vision de la littérature acadienne se profile, cherchant à concilier les considérations de l’identité et l’ouverture aux réalités du monde moderne.
Dans ce livre, on discute de poésie et de roman, mais aussi du rapport à la langue (français? anglais? chiac?), du rapport entre la ville et le rural, des liens avec le Québec. Les différences entre l’Acadie du Nord, influencée par Montréal, et l’Acadie du Sud, qui vit plutôt à l’heure d’Halifax et de Boston, nous deviennent plus claires.
L’incontournable Herménégilde Chiasson, écrivain phare et conscience critique de l’Acadie, participe de façon percutante à ce numéro avec un texte intitulé "Traversées", dans lequel il montre le cheminement et les points d’horizon de la littérature acadienne.
Ainsi, à propos de la langue anglaise, il écrit que : "l’anglais est désormais la langue de l’innovation, du moins de celle qui nous parvient le plus facilement puisque c’est aussi le véhicule de la technologie et des médias. (…) Or la plupart des jeunes Acadiens utilisent très facilement cette langue qu’ils parlent, qui les inspire et dans laquelle ils écrivent de plus en plus, se retrouvant ainsi dans une vibration large et fonctionnelle qui ressemble au latin quand les moines l’écrivaient de préférence aux langues vulgaires."
Et à propos du Québec, son commentaire ne manque pas de piquant : "Pour un temps le Québec aura tenu le rôle de terre d’accueil mais, dans la conjoncture politique actuelle et considérant l’ethnocentricité dont il fait montre de nos jours, nous ne voulons (pouvons) plus jouer le rôle de preuve vivante du décès à court terme de la francophonie canadienne. Il nous faut aller vers des terres encore plus lointaines mais l’accès en est également contrôlé par le Québec qui nous gère, là comme ailleurs, en fonction de ses propres besoins et intérêts."
La revue est en vente (8 $).
Le Module de lettres de l’UQAR offre un programme court en scénarisation, ainsi qu’un certificat et un programme court en français écrit. Il est possible de s’inscrire dès maintenant à certains de ces cours pour le trimestre qui commence en janvier 1999.
Le programme court de premier cycle en scénarisation a été créé en 1997. Il s’adresse à toute personne qui désire acquérir une formation de base en scénarisation (radio, télévision, animation, cinéma, vidéo, multimédia). Le programme est orienté avant tout vers la rédaction de scénarios (apprentissage de la dramatisation, de la fragmentation, etc.), laquelle constitue une étape préalable à la production audio, vidéo ou multimédia. Signalons que le programme a été revu en début d’année afin de lui donner plus d’unité. Le cours Technique générale de scénarisation est offert dès janvier à Rimouski et à Rivière-du-Loup ; il s’intègre par ailleurs au baccalauréat en études littéraires, au certificat de premier cycle en français écrit et au programme court de premier cycle en français écrit.
Le programme de certificat de premier cycle en français écrit, offert par l’UQAR depuis 1986, a été modifié en profondeur en janvier 1998. Le certificat ne s’adresse plus tant aux personnes "en difficulté" qu’à celles qui veulent se donner une formation plus poussée dans le domaine de l’écrit sous toutes ses formes. Le programme propose des cours optionnels enrichis et mieux adaptés aux pratiques rédactionnelles actuelles. Sont offerts en janvier les cours suivants : Pragmatique, Maîtrise du français écrit (à Rivière-du-Loup), Maîtrise avancée du français écrit, Syntaxe du français et Rédaction argumentative.
Enfin, l’Université offre un programme court de premier cycle en français écrit, programme créé en 1995 et modifié cette année. Centré sur l’acquisition des compétences de base, il s’adresse à tous ceux et celles qui visent à augmenter leur capacité de rédaction. Trois cours sont offerts en janvier : Maîtrise du français écrit (à Rivière-du-Loup), Maîtrise avancée du français écrit et Rédaction argumentative.
Renseignements : Robert Dion, directeur du Module de lettres, 724-1646.
Le secrétaire d’État responsable de Développement économique Canada, l’Honorable Martin Cauchon, a annoncé, fin octobre à Sainte-Flavie, une importante initiative régionale stratégique (IRS) visant à faire de l’Est du Québec la "Technopole maritime du Québec".
Cette initiative vise à consolider et à développer cet axe d’excellence régionale et unique au Québec que sont les sciences et techniques de la mer. Développement économique Canada mettra à la disposition de la région une enveloppe globale de 11,3 millions $ au cours des cinq prochaines années (jusqu’en 2003) pour la réalisation de divers projets reliés au domaine maritime. Des établissements comme l’UQAR, l’Institut maritime du Québec et l’Institut Maurice-Lamontagne, pourraient être appelés, avec d’autres partenaires du domaine maritime, à collaborer à certains de ces projets.
"Notre intervention constitue un appui majeur du gouvernement du Canada et de ses partenaires à une initiative particulière qui s’inscrit à l’intérieur des priorités définies par le milieu", a déclaré M. Cauchon. Le projet contribuera au développement technologique de la région en partant des activités de recherche jusqu’à la consolidation et la mise sur pied de PME innovatrices et créatrices d’emplois durables.
La mise en place de la Technopole maritime du Québec vise quatre grands objectifs : renforcer la base industrielle du pôle maritime en stimulant et en développant les PME dans ce secteur; augmenter la compétence technologique de la région; stimuler la cohésion des organismes œuvrant dans le domaine; et finalement, promouvoir l’expertise régionale au Canada et sur les marchés extérieurs.
Développement économique Canada se consacre à promouvoir le développement économique à long terme dans les régions du Québec. La stratégie s’appuie sur l’innovation et le développement des marchés par les PME, la valorisation de l’entrepreneurship et la réalisation de projets structurants. [ www.dec-ced.gc.ca ].