32e année, numéro 7    Mardi, 28 novembre 2000


  • Dans ce numéro :
      •  

    En appui au développement de l’Université
    La Fondation de l’UQAR recueille plus de 300 000 $

    La Fondation de l'UQAR a recueilli 302 415 $ au cours de la Campagne de financement 2000. Les montants amassés ont été dévoilés, par secteurs d'intervention, lors de la cérémonie des donateurs, à l'UQAR, le 24 novembre dernier, en présence de quelques personnalités et de plusieurs donateurs et bénévoles.

    " L'essentiel de l'argent recueilli reviendra aux étudiants et étudiantes, affirme le président de la Fondation, MeAndré P. Casgrain. Plus de la moitié des sommes seront remises sous forme de bourses d'excellence aux étudiantes et étudiants. Les autres allocations iront au développement de la bibliothèque et des laboratoires, dans les projets de recherche à incidence régionale, etc. C'est toute la communauté universitaire qui en bénéficie. Depuis sa création, la Fondation a investi 2,5 millions $ en appui au développement de l’UQAR."

    Entreprises
    Ainsi, auprès des entreprises, la Fondation a amassé plus de 179 000 $, dépassant l'objectif de 150 000 $ qui était prévu. " Cela représente une augmentation de 17% comparativement aux résultats de 1999 ", affirme le président de la campagne auprès des entreprises, M. André Turcotte (diplômé en administration 1978, président de Concerpro Stratégies d'entreprise). En tout, 172 entreprises et individus ont donné généreusement. " Cette campagne est le résultat d'un travail collectif, ajoute M. Turcotte, et je tiens à remercier les bénévoles qui ont assuré la relance auprès des entreprises et des individus. "

    Des partenariats ont été développés avec plusieurs entreprises qui se sont engagées ou qui ont renouvelé leur engagement auprès de la Fondation. Il s'agit de : Hydro-Québec, la Ville de Rimouski, QuébecTel, la Banque Nationale, Cogéco, le Ministère des Régions, le Regroupement des comptables agréés du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie-Côte-Nord, le Groupe Cédrico ainsi que le Fonds de solidarité et les fonds régionaux du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et de la Côte-Nord.

    Diplômés
    Auprès des diplômés de l'UQAR, la Fondation a recueilli 64 000 $, soit 28% de plus que l'objectif visé. " C'est aussi une augmentation de 20% comparativement à l’an dernier ", constate le président de la campagne auprès des diplômés, M. Jules Fugère (administration 1979, vice-président Autobus Ménard Sept-Îles). " Merci à tous ceux et celles qui ont contribué en argent et en temps pour le succès de cette campagne ", a lancé M. Fugère. Plus de 15 000 diplômés ont été rejoints dans le cadre de cette activité. " Je remercie tous ceux qui ont donné. Merci aussi aux étudiants et étudiantes qui ont fait les appels téléphoniques. "

    Communauté universitaire
    L'argent recueilli auprès de la communauté universitaire totalise 54 400 $ sur un objectif de 50 000 $. " C'est une augmentation de 17% par rapport à l'an dernier ", résume le président de la campagne auprès de la communauté universitaire, M. Guy Perron (administration 1978, professeur en sciences comptables à l'UQAR). Celui-ci se montre satisfait des résultats : " environ les deux-tiers des membres de la communauté universitaire fournissent un don. Je tiens à remercier les donateurs et toute mon équipe de bénévoles. "

    Bourse Estelle-Laberge
    Une campagne spéciale s’est déroulée à l’intérieur de la campagne annuelle. La Campagne de la Bourse Estelle-Laberge a permis de recueillir plus de 5000 $, ce qui permettra à la Fondation de l’UQAR d’augmenter la valeur des Bourses Estelle-Laberge qui sont remises aux étudiants et étudiantes en sciences de la mer.

    Merci à tous ces généreux donateurs. Merci à toutes les personnes qui ont collaboré à la Campagne de financement.

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    Colloque
    Les nouvelles technologies
    et les perspectives d’emploi en ingénierie

    Ne manquez pas ce rendez-vous! Des étudiants des collèges et de l’UQAR, des industriels, des ingénieurs, des techniciens : tout ce monde sera réuni à l’UQAR, le vendredi 1er décembre, pour un séminaire d’une journée.

    Ce sera l’occasion de voir ce qui attend les ingénieurs dans les prochaines années. Différents conférenciers, des experts dans leur milieu de travail, présenteront des exposés sur la profession, dans des secteurs comme : l’aérospatiale, les énergies renouvelables, les télécommunications, les véhicules électriques, etc.

    Un groupe d’étudiants et de professeurs en génie de l’UQAR organise cette activité. La journée se déroule à l’UQAR, au cœur du pavillon de génie. Dans ce programme, on retrouve une équipe de professeurs jeunes et dynamiques, plus de 85 futurs ingénieurs et des laboratoires de haute technologie. Vous aurez l’occasion de rencontrer les personnes, de visiter leurs locaux. Renseignements : Anne Malenfant, 723-1986 poste 1260 [anne_malenfant@uqar.qc.ca].

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    Allocution de Sœur Pauline Charron

    MERCI, c'est un mot que l'on écrit au singulier mais que l'on ressent au pluriel quand on en vérifie le pourquoi.

    C'est ce MERCI que j'adresse d'abord aux autorités de l'Université du Québec qui reconnaissent l'importance du développement artistique de la région ; c'est très valorisant pour nous, les musiciens, qui consacrons notre vie et notre carrière à l'éducation de se sentir encouragés par notre Université à poursuivre les démarches commencées.

    Merci également à toutes les personnes qui, avec moi, ont travaillé à faire connaître et aimer la musique : c'est avec vous tous et vous toutes que je partage l'honneur qui m'est rendu aujourd'hui. Ce doctorat honorifique, je tiens à le partager particulièrement avec les Sœurs de ma communauté qui travaillent depuis 125 ans, à la suite de notre bien-aimée fondatrice ÉLISABETH TURGEON à la formation des jeunes.

    Et vous, chers nouveaux diplômés et médaillés, j'aimerais vous féliciter très chaleureusement. Que le succès de vos carrières respectives soit la récompense de toutes ces années de travail si magnifiquement reconnues par l'Université du Québec, aujourd'hui.

    Le développement culturel est un travail de collaboration dont nous sommes tous un peu, les artisans. Bien avant mon entrée en religion, la vie artistique était très vivante à Rimouski, grâce aux efforts de l'abbé Georges Beaulieu et de son équipe, aux communautés religieuses et à plusieurs musiciens et musiciennes de notre région.

    Suivant les traces des pionniers, les diffuseurs de spectacles, les ensembles dont l'OSE, les chorales, l'ensemble Antoine-Perrault, les jeunes Vivaldistes, les organismes tels les Amis de l'orgue, les Jeunesses musicales pour ne nommer que ceux-là, sont des maillons d'une grande chaîne qui forme, avec les professeurs de musique, une vie culturelle importante. Depuis 1973, une équipe compétente de professeurs prépare les futurs professionnels de la musique au Conservatoire de Rimouski. Nos élèves avancés, lors des examens terminaux, remportent souvent les premières places de tout le réseau des Conservatoires. Il y a de quoi être très fier ! La nouvelle mission du Conservatoire ouvre un volet important sur le support pédagogique à apporter aux professeurs de notre grande région. Dans l'immense chaîne que nous formons, je réserve une place spéciale aux musiciens-éducateurs qui exercent leur dévouement dans les écoles primaires et secondaires. J'ai été à même de constater leur enthousiasme en vivant avec eux, le Congrès-provincial de la FAMEQ en octobre 1999 et je leur redis toute mon admiration.

    Monsieur le recteur vous a dévoilé la vie musicale qui existait dans ma famille : c'est juste. À ma naissance, j'ai été placée dans un bain de musique ; et comme je suis arrivée la 15e, je fus entourée d'une chaude et continuelle tendresse qui de très bonne heure me prédisposa à une grande sensibilité. L'amour que m'ont prodigué mon père et ma mère est intraduisible par des mots. Mes frères et sœurs m'ont aidée à développer toutes sortes d'habiletés musicales, une richesse qui m'a suivie durant toute ma vie. Je les remercie. Le piano trônait dans le salon familial à ma naissance : ce fut un compagnon inséparable. " Piano aimant, piano aimé " disait Chopin… Pour moi, m'asseoir au piano, c'est contribuer à créer un espace poétique de bonheur, de beauté à l'intérieur et à l'extérieur de soi. Je fus vite attirée par l'orgue, par la majesté et la diversité des timbres. Et mon petit côté d'architecte que je tiens sans doute de mon père, est fasciné par la beauté des sculptures des buffets anciens.

    Vous devinez sans peine que la musique est le centre de ma vie. Même si elle n'est pas une fin en soi, elle est, je le crois, un chemin privilégié qui nous permet d'accéder aux vraies valeurs de la vie, comme le font d'ailleurs les autres arts. Et comme le disait CONFUSIUS, Mesdames, Messieurs " Quand on a maîtrisé la musique, qu'on règle sur elle le cœur et l'esprit, alors on développe un cœur naturel, correct, doux et honnête et de cela naît la joie ". (fin de la citation). Donner de la joie, quelle belle chose, quand on y pense ! Sans doute, quand on est musicienne, il faut de la technique mais par-dessus tout, de la sensibilité. Il faut être capable d'aimer passionnément. Passionnée, je le suis et je souhaite le demeurer et passer le flambeau de ma passion à mes chers élèves.

    J'aimerais rendre hommage aux excellents professeurs qui m'ont formée dans mon enfance et à l'École normale. Comme j'aspirais à être religieuse dès mon jeune âge et que je rêvais de devenir institutrice, les sœurs de Notre-Dame du St-Rosaire ont été pour moi les modèles dont j'avais besoin : des femmes heureuses, toutes données, si généreuses !

    Après quelques années d'enseignement dans les petites écoles de campagne et une vie de jeune fille, bien remplie, j'entrais en religion. Le départ de la maison paternelle fut déchirant ; mais j'ai trouvé à la Maison mère des Sœurs du St-Rosaire, des sœurs semeuses de paix, de sérénité, (ici, je pense à ma chère tante Sr Anaïs qui célébrera dans quelques jours ses 103 ans dans une belle lucidité), à ma chère sœur Sr Germaine dont la présence affectueuse et efficace me permet de travailler à plein temps et demi… Entourée et choyée, je le suis encore. Ma communauté m'a aidée à aller au bout de mes rêves : tout en voyageant régulièrement à l'Université Laval et à Montréal pour y rencontrer les plus éminents professeurs, j'ai enseigné à Rimouski le chant choral, le piano et l'orgue. En ceci, j'ai été encouragée par notre directrice des Études musicales, notre regrettée Sr Victoire Perrault, sœur d'Antoine. Comment oublier une personne qui a servi avec tant de droiture, la BEAUTÉ, reflet de celle qui est maintenant sa récompense ?

    Très heureuse, je le suis à l'orgue et au piano ; cependant, une de mes plus grandes sources d'émerveillement se trouve dans l'enseignement. Les deux pôles qui sous-tendent toutes mes activités de professeur ont toujours été la CONFIANCE  et la DÉTERMINATION dans la recherche de l'excellence.

    Ici, j'aimerais dire aux nouveaux diplômés en Éducation qu'ils ont choisi la meilleure part et je leur souhaite le bonheur qui m'habite depuis le premier jour de ma carrière d'éducatrice. Rappelez-vous souvent que le plus merveilleux cadeau qu'un professeur puisse faire à son élève, c'est de l'aimer profondément : le travail se fait beaucoup mieux ensuite. Et pour moi, musicienne, rien n'est plus beau que d'apprendre à un enfant à faire chanter son cœur dans ses doigts. Il faut aussi l'amener, surtout l'enfant très doué à comprendre que ses dons, ses talents sont au service des autres sans idée de supériorité ou d'infériorité. Debussy disait : " Être supérieur aux autres n'a jamais représenté un grand effort si l'on n'y joint pas le désir d'être supérieur à soi-même. " C'est aussi ma conviction ; vous pouvez demander à mes élèves s'ils en ont déjà entendu parler…

    J'ai été bénie dans ma carrière de professeur car j'ai eu le bonheur d'enseigner à beaucoup d'élèves parmi lesquels plusieurs étaient très doués. Et d'où venaient-ils ? Du grand Rimouski, bien sûr, mais aussi plusieurs jeunes ont voyagé de la Côte-Nord, de la Gaspésie, des provinces maritimes, du Témiscouata : la région est très vaste et les talents germent partout. Ces élèves sont vite devenus " mes enfants " et la collaboration des parents à leur formation a été exceptionnelle.

    Je m'en voudrais de ne pas signaler comment les Concours de musique du Québec et du Canada ont pu être un tremplin pour mes élèves. Quelle expérience exigeante mais combien enrichissante pour un jeune qui n'a pas peur des défis. En parcourant la liste des gagnants provinciaux et nationaux de notre région, il est encourageant de constater que la plupart ont choisi de poursuivre une carrière musicale et d'être ainsi nos ambassadeurs à l'étranger. Claude Deschamps de Montréal a fondé ces concours il y a 42 ans ; je lui redis Merci ainsi qu'à toutes les personnes qui ont permis à nos élèves de bénéficier de cette motivation dans la poursuite d'une carrière compétitive et exigeante.

    Les principaux artisans de l'honneur que je reçois aujourd'hui par ce doctorat honorifique ce sont mes chers élèves : sans leur présence dans ma vie, je ne serais jamais devenue ce que je suis. Ils m'ont amenée à me dépasser continuellement. Ensemble nous avons travaillé à viser très haut (comme un Bernard Voyer qui gravit l'Everest). Ces jeunes ne demandent pas mieux qu'à repousser les limites, à être soutenus dans l'apprentissage d'un travail méthodique et constant, quelle que soit la carrière qu'ils choisissent.

    Parmi les nombreux élèves qui ont subi parfois douloureusement (je m'en excuse) mes exigences de recherche d'excellence, je me dois d'en nommer quelques-uns qui ont inspiré les plus jeunes à aller au bout de leurs possibilités. Je citerai d'abord Jean-Guy Proulx que je compare à une bougie d'allumage pour les musiciens de la région. Jean-Guy est entré dans ma classe de piano et d'orgue environ à la même époque que l'orgue de notre nouvelle chapelle. Je suis sûre que cet instrument a été un atout important dans l'ascension étonnante de mes jeunes organistes ; il en est défilé plus de 130 à cette console. J'étais loin de penser à l'époque, qu'un jour on nommerait Rimouski " la ville de l'orgue " sans doute à cause de la qualité des instruments que l'on possède mais surtout en constatant la floraison d'organistes de talent issus de notre belle région. Et Jean-Guy après de brillantes études à l'Université Laval et en Europe n'a cessé de porter très haut le flambeau d'excellence ici et à l'étranger. Bravo, Jean-Guy et Merci de m'avoir aidée.

    Un jour, une de mes pianistes très douée, Nancy Bélisle, me confia en quittant mon studio (mon petit paradis, comme j'aime l'appeler) " Sœur Pauline, promettez-moi de laisser la photo de Stéphane près de la porte d'entrée : il m'encourage à travailler beaucoup pendant toute la semaine " Stéphane, c'est Stéphane Lemelin, un grand ami plus qu'un élève ; il a été l'inspiration de toute une génération de pianistes. Après l'obtention d'un doctorat à l'Université Yale, à New-Haven, Stéphane poursuit sa carrière de concertiste dans le monde ? il est actuellement en tournée en Asie, en Chine plus précisément ? tout en enseignant à l'Université d'Alberta.

    Avec moi, au Conservatoire, j'ai une autre docteure, Josée April, une musicienne remarquablement douée en piano, clavecin et orgue, détentrice de plusieurs premiers prix. L'équipe des professeurs et des élèves est à même de constater sa compétence et sa passion de transmettre si généreusement tout ce qu'elle possède. Josée, tu es mon inspiration, ma meilleure amie. Merci d'être là.

    Chez mes plus jeunes, je nommerai David Jalbert. Passionné pour son art et toujours aussi perfectionniste et déterminé, il travaille le piano de 6 à 7 heures par jour, à Toronto, où il poursuit ses études avec de grands maîtres. Déjà, à 22 ans, il cumule de nombreux prix nationaux et internationaux : une gloire pour Rimouski et un stimulant pour la jeune génération tel un César Fuentes-Ortega qui est très inspiré par la démarche artistique de David.

    La plus étonnée de cette belle aventure qu'est ma vie de musicienne-éducatrice-religieuse, c'est encore moi ! Lorsque je suis avec mes élèves, plus rien ne compte : ni l'heure des repas, ni les loisirs. Ils sont toute ma vie. Que de merveilleux moments nous passons ensemble… C'est à vous rendre un peu jaloux, je crois…

    Aujourd'hui, par un concours de circonstance, je suis là à recevoir un doctorat honorifique, un événement inespéré dans ma vie. Vous m'en voyez émerveillée, très touchée. Monsieur le recteur, ce geste si généreux mérite toute ma reconnaissance.

    Rien ne s'accomplit de grand sans enthousiasme : l'Université du Québec à Rimouski en est une preuve vivante et j'aimerais vous féliciter, vous, votre admirable équipe et les éminents professeurs de l'UQAR pour l'enrichissement que votre présence efficace et compétente apporte à notre région. Comme il n'y a de certain que le passé et qu'on ne travaille qu'avec l'avenir, votre encouragement nous invite à poursuivre notre collaboration.

    Je vous remercie chaleureusement,
    Pauline Charron, R.S.R.
     

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    La qualité du français écrit à l’université
    Des professeurs se prononcent

    Dernièrement, nous avons donné la parole à quelques étudiants sur la qualité du français à l’université (voir UQAR-Info, 31 octobre 2000). Voici maintenant les perceptions de quatre professeurs sur la question. MM. Pierre Paradis, Pierre Groulx et Jean-Claude Huot enseignent en sciences de l’éducation, alors que Mme Nicole Ouellet est professeure en sciences de la santé.

    Pierre Paradis :
    Le " Référentiel de compétences professionnelles des futurs enseignants " est actuellement en consultation dans les universités québécoises. Ce référentiel propose onze compétences à développer comme guide pour que la formation des maîtres réponde aux exigences de la réforme des programmes du MEQ. La compétence numéro 6 met l'accent sur la qualité du français. Elle indique qu’au terme de la formation initiale, l’étudiant ou l’étudiante devra : " maîtriser les règles de la langue orale et écrite de manière à être compris " et " s’exprimer avec la justesse et l’exactitude qui conviennent à un professionnel de l’enseignement ".

    Pourtant, dans un examen de routine du CEFRAN sur la qualité du français, le quart des étudiants universitaires en éducation échouent. À l’UQAR comme dans les autres universités. Il y a donc un énorme travail à faire.

    Dans mes cours, je fais une correction méthodique des travaux qui me sont présentés. À la session d'hiver 2000, dans chacun de mes trois groupes-cours, j'ai compté, en moyenne, plus de 30 fautes (d’orthographe et de grammaire) par étudiant dans un travail de 20 à 30 pages. Certains étudiants font très peu de fautes, d’autres peuvent se rendre à 200… Ça m’inquiète.

    Je me considère exigeant quant à la qualité du français dans les travaux, mais quand je demande aux étudiants si j’ai été trop sévère, en grande majorité, ils me répondent que non. Ils disent qu’il est important que les professeurs soulignent les fautes qu’ils trouvent dans les travaux. Il faut que tout le monde s’en préoccupe. C’est la seule façon d’améliorer la qualité générale du français écrit dans la société. Ça prend une volonté commune, une contribution de tous les acteurs, et il faut prendre en considération que ça ne se fait pas du jour au lendemain.

    La langue est notre fierté nationale, mais je sens qu’il y a eu un certain laisser-aller. On a privilégié l’expression orale en disant qu’on écrirait de moins en moins. En général, le discours oral des jeunes s’est amélioré, mais je pense que le respect de la syntaxe, dans les écrits, s’est détérioré.

    Avec Internet, il y a une recrudescence formidable de la communication écrite. Les jeunes utilisent beaucoup Internet en classe, pour des travaux, pour communiquer avec d’autres élèves par correspondance, pour chercher des sites. Il y a une revalorisation de l’écrit, et on sait que l’écriture demande plus de rigueur que l’oral. Il faut éviter que les jeunes se limitent à un langage de rue, incompréhensible pour plusieurs, alors qu’ils ont la possibilité de communiquer en français à travers le monde.

    Les enseignants, à tous les niveaux d’enseignement, doivent prendre conscience de l’importance de leur apport quant à la qualité du français chez les élèves et étudiants, dans toutes les matières scolaires.

    Par ailleurs, les étudiants doivent comprendre qu’écrire et se corriger, ce sont deux processus différents. Et qu’il faut franchir les deux étapes pour produire un texte de qualité. Les analyses neuropsychologiques démontrent clairement qu'écrire, c'est se donner à soi-même une dictée. Il apparaît donc évident que le fait de recevoir des dictées permet de développer et de maîtriser les structures neuropsychologiques nécessaires pour apprendre à bien écrire soi-même et aussi à se corriger soi-même. Les exercices sont essentiels pour maîtriser cette forme de communication.

    L’ordinateur pourra aider à faire certaines corrections, mais la machine ne pensera jamais à la place de l’étudiant. Elle ne pourra jamais corriger toutes les fautes. Comment évaluer la qualité de la phrase? La logique d’un texte? Pour l’ordinateur, une expression comme " ces le poteau rose " n’a rien de fautif!

    Pierre Groulx :
    Superviser la qualité du français écrit des étudiants est une fonction parmi d’autres de l’enseignement universitaire. Les étudiants rencontrent au cours de leur formation une équipe de professeurs avec des spécialités différentes, et certains se consacrent davantage que d’autres à la maîtrise de la langue. L’enseignant qui prend ses fonctions à cœur sait qu’il a un rôle de symbolisation important à propos du développement de la pensée et de la maîtrise du langage. Il doit porter une attention à tous les éléments de la langue, y compris bien sûr à l’orthographe.

    Cependant, l’orthographe et la grammaire ne représentent que des fonctions mécaniques du langage. Je pense qu’on accorde parfois à cette mécanique une importance démesurée. Surtout au Québec, où la langue est toujours un thème sensible.

    Il faut tenir compte aussi de la fonction créatrice du langage, et ne pas seulement s’attarder à la fonction normalisante. La langue sert à éveiller la créativité, l’intuition, les habiletés. Elle sert à développer l’esprit critique. Améliorer la qualité du français, c’est aussi lancer une invitation aux étudiants à explorer le sens des mots et ce qu’ils cherchent à dire. C’est être attentifs à l’expression exacte de sa pensée, de ses sentiments.

    Aussi, une langue créative et créatrice doit toujours évoluer et s’adapter à de nouvelles réalités. Ça se fait dans d’autres langues : épuration de l’orthographe et du vocabulaire, acceptation rapide de mots nouveaux, de tournures originales. L’anglais s’adapte plus facilement aux développements de la langue. La langue française est plus hésitante. C’est pourtant vital : voir évoluer une langue, c’est accepter que certaines façons de dire et d’écrire puissent changer avec le temps, selon les usages et les nécessités. Une langue, c’est un outil de communication, c’est un moyen de se comprendre, de partager.

    Aussi, chaque individu apprend à s’adresser à divers publics avec des niveaux de langue différents. Le langage s’adapte au contexte. La personne qui est attentive au but de sa communication apprend à s’adapter. Il ne sert à rien de formaliser toutes les formes de communication. Toutes les générations reviennent avec le même débat sur la qualité du français, avec l’impression que les gens parlaient et écrivaient mieux autrefois, ce qui est loin d’être démontré.

    Il ne faut pas se contenter de comparer les difficultés en français écrit de l’ensemble des étudiants actuels avec l’impression vague qu’autrefois, une élite d’étudiants, triés sur le volet, maîtrisait admirablement la mécanique de la langue. Dans l’ensemble, je ne pense pas que les étudiants actuels font davantage de fautes d’orthographe et comprennent moins bien le français que ceux d’autrefois.

    Également, il est important de prendre conscience que certaines règles d’orthographes, parfois très critiquables, ont été imposées de force par l’Académie française pour des raisons sociales et politiques.

    Si on veut améliorer la qualité générale du français écrit, il faudra le faire en concertation avec les étudiants. La qualité du français, ce n’est pas seulement une question de fautes d’orthographe. Corriger sa langue, c’est avoir soin de l’expression de sa pensée. C’est surveiller la justesse de son vocabulaire, les interprétations possibles des mots que l’on choisit. Bien sûr, il faut se lancer dans cette vaste exploration avec diligence et non avec négligence. Par désir surtout, et pas seulement par obligation.

    Jean-Claude Huot :
    Il m'apparaît primordial que des étudiantes et des étudiants universitaires qui se destinent à l'enseignement maîtrisent plus que les éléments de contenu des programmes de français qu'ils auront à enseigner. Afin de produire et de comprendre de façon convenable des textes oraux ou écrits, il faut non seulement qu'ils possèdent l'orthographe d'usage et grammaticale du système linguistique, mais aussi qu'ils démontrent des compétences de communication et d'autocorrection, en recourant aux ressources disponibles.

    À l'université, les étudiantes et les étudiants en éducation peuvent recevoir deux types de formation en français. D'une part, ils suivent des cours de didactique du français axés sur la communication en classe et sur les façons de faire vivre à des élèves des situations d'apprentissage en lecture, en écriture et en communication orale. Ces cours portent principalement sur la pratique pédagogique du français.

    D'autre part, certains étudiants ou étudiantes suivent des cours de connaissance en français, centrés sur les difficultés de la langue. Bien que ces cours ne soient pas obligatoires dans tous les programmes d'enseignement, ils sont fortement recommandés par les directions des modules concernés.

    J'enseigne la didactique du français depuis vingt ans, principalement au Module d'éducation au préscolaire et d'enseignement au primaire, et je constate actuellement que des étudiants et des étudiantes écrivent en faisant des erreurs qui étaient peu courantes auparavant. Certaines d'entre elles sont influencées par l'oral. Par exemple : " Je leurs ai dit… ", ou " je les ergarde ".

    Quoi qu'il en soit, à l'université, la qualité du français varie beaucoup d'une personne à l'autre. Certains étudiants ou étudiantes ont de graves problèmes, d'autres n'en ont pas du tout. La plupart des étudiants et des étudiantes sont conscients de leurs problèmes et travaillent à les régler. Toutefois, il en existe encore qui font 40 fautes dans un texte et qui semblent indifférents ou totalement dépassés par la situation.

    Vraiment, certains étudiants et étudiantes ne comprennent pas suffisamment le système de la langue: le rôle du sujet, du verbe, du complément, etc. Ils ont encore besoin d'explications sur la structure de la phrase. Il faut les aider à améliorer non seulement la qualité de l'écriture, mais aussi le contenu et la cohérence de leurs travaux. Double boulot pour la personne qui enseigne!

    En sciences de l'éducation, je pense que les tests de français que font passer les commissions scolaires pour obtenir un poste d'enseignant sont nécessaires. Cette situation aide à faire de la qualité du français une préoccupation constante autant pour les étudiants et étudiantes que pour les professeurs et professeures .

    Enfin, je suis inquiet pour la prochaine génération d'étudiants et d'étudiantes qui arrivera bientôt au cégep et à l'université. Avec le " chat " (Internet), ils ont développé entre eux un langage écrit spontané qui va nécessairement influencer l'écriture. Ils baignent dans leur nouveau code où chacun écrit au son, en créant de nouvelles règles du code linguistique. Seront-ils capables de visualiser les formes correctes et de s'en souvenir?

    La situation en sciences de la santé
    Nicole Ouellet :
    En sciences de la santé, on retrouve deux clientèles différentes : les gradués qui sortent des cégeps et la clientèle adulte. En général, les personnes qui arrivent du collégial, les plus jeunes de nos étudiants, ont davantage de difficultés en français, autant dans les règles d’orthographe que dans l’organisation du texte.

    La qualité du français est un problème majeur. Je dirais que le quart des étudiants ont peu de difficultés, la moitié font des fautes à l’occasion, et l’autre quart ont beaucoup de problèmes à bien écrire. En général, je pense que les garçons ont plus de difficultés que les filles.

    En sciences de la santé à l’UQAR, la majorité des profs corrigent les fautes de français et la syntaxe dans les travaux des étudiants. Cela représente parfois autant de temps que de corriger le fond du travail. Je pense cependant que c’est la seule façon d’améliorer les choses. Il faut corriger les étudiants, les inviter continuellement à se corriger et à se faire relire par d’autres. Aussi, 10% pour la qualité du français dans un travail, ce n’est probablement pas assez.
     

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    Rendez-vous rural
    Du rêve à la ruralité

    Environ 75 personnes ont participé au 10e Rendez-vous rural organisé par la Coalition Urgence Rurale du Bas-Saint-Laurent, le 11 novembre dernier, à Sainte-Blandine. On y retrouvait des citoyens et des représentants, surtout du monde rural mais aussi du milieu urbain. Une dizaine d’étudiants de l’UQAR (en développement régional et en communication et relations humaines) ont collaboré activement à l’organisation de la journée et à l’animation des ateliers.

    Selon Catheline Thériault, la coordonnatrice de la Coalition, " ce rendez-vous a permis de faire le bilan des dernières années et de scruter un peu l’horizon. Nous avions d’ailleurs un thème évocateur : " Du rêve à la ruralité ". La participation des étudiants de l’UQAR a été très appréciée par tout le monde présent. "

    Le partenariat entre la Coalition Urgence Rurale et l’UQAR n’est d’ailleurs pas nouveau. Des professeurs de l’UQAR avaient d’ailleurs fait partie des fondateurs de l’organisme, au début des années 1990. Aussi, depuis un an, un étudiant-chercheur au doctorat en développement régional, M. Marcel Méthot, a travaillé à la préparation d’un document qui fait le point sur les réalisations de la Coalition, sur la perception des intervenants et sur les pistes d’actions à privilégier. Ce document, écrit avec la collaboration de Cécile Angot et Jean-Marc Pilon, a servi de base de discussion lors du Rendez-vous rural. Selon M. Méthot, " la population apprécie que des gens de l’UQAR se déplacent dans le milieu. Les universitaires nourrissent ainsi leurs connaissances par des réalités de terrain et contribuent à faire avancer le développement local et régional. C’est essentiel. "

    D’autres partenariats sont en développement entre l’UQAR et les milieux ruraux. Ainsi, des étudiants participent à l’évaluation du programme " Portraits de village ", qui vise à développer le sentiment d’appartenance des jeunes à leur communauté. De plus, un collectif de recherche et d’intervention qui regroupe des étudiants-chercheurs en développement régional, réunis sous le nom de " Latitude ", a été créé pour raffermir les liens entre l’UQAR et son milieu régional.

    Pour plus de détails, on peut communiquer avec Marcel Méthot, 723-1986 poste 1901.

    La ruralité en rêves
    Les participants aux ateliers ont été invités à identifier ce qu’ils considèrent comme les grands " rêves " à réaliser pour le milieu rural. Les idées émises ont été nombreuses. En voici quelques-unes : augmenter l’animation dans les villages et la concertation entre les villages, créer de nouveaux lieux d’échanges et de rencontres, améliorer la diffusion des produits artistiques et artisans, intégrer les ados à la vie communautaire et dans les instances décisionnelles, implanter des comités de bienvenue dans chaque village, créer un site internet pour l’ensemble des municipalités rurales, favoriser les produits du terroir, améliorer le transport, trouver des moyens de protéger la survie des écoles, implanter des cafés philosophiques, créer un observatoire de la ruralité, développer le sentiment d’appartenance des jeunes, créer un logo pour chaque village, favoriser les contacts entre urbains et ruraux, mieux connaître son histoire locale, créer de nouveaux emplois, donner du support aux jeunes familles, mettre en valeur les sites touristiques ruraux, etc. Au travail!

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    Campus universitaire de Lévis
    Inauguration du Café Lévinux

    Le jeudi 26 octobre dernier, avait lieu l'inauguration du Café Lévinux, au Campus universitaire de Lévis. MM. Jacques Daignault (professeur), Robert Paré (directeur du campus) et Luis Gomez (étudiant) étaient présents pour la coupe du ruban. Le Café Lévinux permet d’acquérir des connaissances portant sur les technologies de l'information et des communications à partir d'ordinateurs recyclés et du système d'exploitation Linux. M. Daignault mentionne que des aménagements semblables au Café Lévinux ont été implantés au Gabon et que d'autres sites sont à l'état de projets pour la MRC Desjardins.

    Trois étudiants à la maîtrise en technologies éducatives , cinq étudiants gabonnais aux études postdoctorales, et deux professeurs de l'Université Laval se sont déplacés pour l'événement. Des représentants de six organismes communautaires de la Rive-sud ainsi que le directeur du Service des loisirs de la Ville de Lévis ont participé à l'activité.

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    SQÉBC à l’UQAR
    Le 25e Congrès est l’occasion d’un bilan

    Les chercheurs et les étudiants qui étaient réunis à Rimouski, du 3 au 5 novembre dernier, dans le cadre du Congrès de la Société québécoise pour l’étude biologique du comportement (SQÉBC), ont profité de l’occasion pour faire un bilan de leurs activités. C’était en effet le 25e congrès a avoir lieu depuis la fondation de la Société, en 1976. D’ailleurs, trois des membres fondateurs ont participé activement à ce 25e congrès : Louis Lefebvre et Don Kramer (de l’Université McGill) ainsi que Jean Ferron (de l’UQAR).

    Près de 200 personnes s’étaient donc donné rendez-vous à l’UQAR, en provenance de plusieurs universités québécoises, et même canadiennes et européennes. Plus d’une cinquantaine de communications ont été présentées.

    " Vingt-cinq ans, ça donne le temps de voir l’évolution d’une science, d’évaluer le chemin parcouru et de prévoir ce qui s’en vient ", explique l’un des organisateurs, Jean-Pierre Ouellet, professeur à l’UQAR.

    En résumé, l’écologie a pris une importance grandissante dans l’ensemble des études sur le comportement animal. " Les recherches, affirment M. Ouellet, prennent davantage en considération les facteurs du milieu et répondent à des questions plus pratiques, comme l’effet de la coupe forestière sur le comportement animal. La conservation est donc au cœur de nos préoccupations. Ainsi, le financement est beaucoup plus orienté qu’autrefois vers la recherche utilitaire, qui tient compte des questions d’environnement et de protection des ressources. Certains considèrent que cette situation est valable, mais d’autres font remarquer que ce changement se fait au détriment de la recherche fondamentale. "

    Par ailleurs, un sondage sommaire a été effectué auprès des participants. Certains ont noté l’ambiance amicale de cette activité annuelle, la qualité de l’organisation, la vigueur de la relève, etc. Le congrès représente une tribune de prestige pour les étudiants qui désirent présenter leurs premiers exposés devant public. On a aussi exprimé le désir de faciliter l’accès au congrès pour les étudiants de 1er cycle.

    Quelques participants ont mentionné que l’UQAR avait une excellente réputation dans l’organisation de ce congrès, qu’elle recevait d’ailleurs pour une quatrième fois depuis 1976. Bravo à l’équipe!

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    Calendrier


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