Rencontre avec le recteur Jean-Pierre Ouellet, par Mario Bélanger


Jean-Pierre Ouellet au début d'un second mandat

Le recteur de l'UQAR, M. Jean-Pierre Ouellet, a entrepris avec enthousiasme, à l'automne 2017, son second mandat de cinq ans à titre de recteur. Les défis ne manquent pas, mais les belles réalisations qui s'accumulent semblent donner un entrain spécial au chef de l'établissement.

Le recteur était l'invité de l'Association des retraités et retraitées de l'UQAR, le 17 janvier, pour une rencontre annuelle, devenue coutumière. Environ 25 personnes étaient présentes.

Les bons coups

Jean-Pierre Ouellet a d'abord résumé quelques bons coups qui ont marqué l'UQAR dans la dernière année. Sur le plan de la recherche, l'Université s'est classée encore une fois parmi les trois premières de sa catégorie au Canada, selon l'évaluation de la firme indépendante RE$EARCH Infosource.

Le volet maritime a connu des développements majeurs, notamment avec l'Odyssée Saint-Laurent, pour laquelle le gouvernement du Québec a consacré 15 millions $ sur cinq ans et qui mobilisera différentes organisations reliées à la recherche et à l'innovation, tant au Québec qu'en France. Un montant de 13 M $ est également disponible pour moderniser l'ensemble des laboratoires de recherche.

Maintenant en construction sur les terrains de l'UQAR à Rimouski, le complexe sportif, une projet de 40 M $, deviendra à partir de septembre 2019 un atout pour attirer de nouveaux étudiants et les jeunes de la région. Une telle infrastructure pourrait ouvrir la porte à un programme de baccalauréat en kinésiologie (analyse des mouvements du corps), une extension d'un programme déjà offert à Chicoutimi.

La campagne majeure de financement, qui avait un objectif de 12 M $, a rapporté jusqu'à maintenant plus de 16 M $. Seulement à l'intérieur de l'Université, la contribution a atteint 3 M $. « Deux personnes sur trois parmi le personnel de l'Université ont fourni une contribution, ce qui est exceptionnel », estime le recteur.

Les défis

L'UQAR a connu une légère diminution de sa population étudiante à l'automne 2017. Plus de 6800 étudiants et étudiantes sont inscrits. « Le recrutement demeure toujours une priorité, autant dans les régions proches que sur la scène internationale », remarque M. Ouellet.

Le développement de nouveaux programmes d'études et de recherche permet de susciter la fréquentation sur les deux campus. Par exemple, un programme pour les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) en santé mentale ainsi qu'une maîtrise en travail social sont en élaboration. Des besoins se sont également exprimés en génie civil, notamment pour mieux gérer les infrastructures côtières dans un contexte de changements climatiques.

Le personnel

De nouveaux visages font leur apparition dans le personnel de l'UQAR. Dans le personnel cadre, Mme Lucie Laflamme, en provenance de Sherbrooke, est devenue vice-rectrice au Campus de Lévis et à la planification. M. Pietro-Luciano Buono, qui était professeur en Ontario, est le nouveau doyen de la recherche. Aussi, M. David Ouellet a été nommé secrétaire général et vice-recteur à la vie étudiante.

L'actuelle vice-rectrice aux ressources humaines et à l'administration, Mme Marjolaine Viel, a annoncé qu'elle prendrait sa retraite à compter de septembre prochain.

Par ailleurs, une douzaine de nouveaux professeurs et professeures seront embauchés au cours des prochains mois.

Stratégie collective

Le recteur a finalement signalé que les universités québécoises se concertent afin d’établir à une stratégie collective pour mieux intervenir publiquement et politiquement dans les dossiers qui les concernent. À son avis, l'implosion de la CRÉPUQ, en 2014, a créé des dommages à la cohésion du système universitaire québécois. La CRÉPUQ, qui avait un rôle de porte-parole des directions universitaires auprès des médias et des gouvernements, a alors été transformée en Bureau de coopération interuniversitaire (BCI).

Les règles d'Umberto Eco pour écrire correctement, par Mario Bélanger

Les Italiens ont un bon sens de l'humour. À preuve, ces recommandations de l'écrivain milanais Umberto Eco (décédé en 2016), qui se permet de donner des conseils pleins d'ironie sur l'art de bien rédiger un texte. La traduction de l'italien au français (ou plutôt l'adaptation, l'interprétation, le remaniement...) est due à Mario Bélanger.Umberto EcoUmberto Eco

  1. Éviter l'allitération (répétition de consonnes), ça attire les nonos et les tatas.
  2. Il est mieux que vous vous empêchiez d'utiliser le subjonctif, sauf en cas de besoin.
  3. Laissez tomber les clichés : ça sent la soupe réchauffée.
  4. Ne pas utiliser les acronymes : l'OQLF ne les recommande pas dans son GDT.
  5. Rappelez-vous (toujours) que les parenthèses (même quand elles semblent indispensables) interrompent le fil de la pensée.
  6. Attention de ne pas faire... une indigestion... de points de suspension...
  7. Utilisez les « guillemets » le « moins » possible : ce n'est pas « souhaitable ».
  8. Ne jamais généraliser! Tout le monde fait ça tout le temps.
  9. Les mots étrangers, ça reste plutôt weird et foolish.
  10. Soyez avare des citations. À juste titre, Emerson disait : «Je déteste les citations. Dis-moi ce que toi, tu sais. »
  11. Les comparaisons sont comme des pommes et des oranges.
  12. Il ne faut pas être redondant, ne pas répéter deux fois la même chose; on sait que la répétition est superflue (la redondance signifie une explication inutile de ce que le lecteur a déjà compris sans plus de détails).
  13. Bordel de merde, seuls les imbéciles utilisent des mots vulgaires.
  14. Soyez toujours plus ou moins spécifique dans votre expression.
  15. L'hyperbole est la plus extraordinaire, la plus fabuleuse, la plus formidable des techniques expressives.
  16. Ne faites pas des phrases avec seulement un ou deux mots. Retirez-les. Point final.
  17. Gardez-vous des métaphores trop audacieuses : ce sont des plumes sur les écailles d'un serpent.
  18. Mettez les virgules, au bon endroit. S'il, vous, plaît.
  19. Faites la distinction entre le point, la virgule : et les deux points. Même si ce n'est pas facile,
  20. Si vous ne trouvez pas l'expression française appropriée, approuvée par l'Académie, chassez la tournure dialectale. That's all. C'est ça qui est ça.
  21. Soyez certain de condenser vos pensées les plus percutantes en aussi peu de mots que possible, en évitant les longues phrases pénibles qui alourdissent inutilement votre propos tout en donnant aux personnes qui vous lisent l'impression malsaine que vous abusez de leur patience...
  22. Les accènts doivent être soit aîgüs, soit grâves, soit cîrcònfléxes, car il est pôssible de sé tromper.
  23. Ne soyez pas trop emphatique, grandiloquent, dithyrambique!!! Sachez rester parcimonieux avec les exclamations!!!
  24. Écrivez correctement les noms étrangers, tels que Maotsétoungue, Tchurtchille, Aïnchtaïnne et Chétéra.
  25. Nommez directement les auteurs et les personnages dont vous parlez, sans périphrases. C'est ce que suggérait le plus grand écrivain marseillais du XIXe siècle, l'auteur de L'aventure du 5 mai.
  26. Dès le début de votre discours, utilisez une amorce captivante, un appât séduisant, une captatio benevolentiae, afin d'attirer l'attention du lecteur (mais peut-être que vous ne comprenez même pas ce que je veux dire).
  27. Soagné pouintilleuzement vote orthaugrafe.
  28. Inutile de signaler que le subjonctif plus-que-parfait vous lève le cœur. Tout le monde le sait.
  29. Ne pas confondre cause et l'effet : vous auriez tort et ce serait donc erroné.
  30. Une phrase complète doit avoir...

Pour voir l'original en italien (l'auteur propose 40 règles) :
https://www.fanpage.it/umberto-eco-le-40-regole-per-scrivere-correttamente-in-italiano/

Bruno Jean et le développement régional, par Fernande Fournier

Le développement régional : un champ de connaissance original pour l'UQAR

Dans le cadre des conférences conjointes ADAUQAR/ARRUQAR, le professeur émérite Bruno Jean a donné, le 1er décembre 2017 à l'UQAR, une conférence sur le développement régional, qui représente un champ de connaissance original pour cette université.

Jean nous rappelle que le Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l’Est du Québec (GRIDEQ) a été fondé en 1974 par des chercheurs de l’UQAR en économie, en géographie, en histoire et en sociologie. Ce regroupement de chercheurs provenant d’horizons divers contribue à mieux connaître les dynamiques de développement régional et territorial.

Réponse populaire aux visées du Bureau d’aménagement de l’Est du Québec (BAEQ), les Opérations  Dignité (OD) ont marqué les premières recherches menées par les membres du GRIDEQ.  Depuis, le GRIDEQ a publié de nombreuses publications touchant les domaines d’expertise suivants :

  • Participation, contestation, acceptabilité sociale
  • Administration et politiques publiques
  • Enjeux territoriaux des évolutions sociodémographiques
  • Protection et gestion du patrimoine naturel
  • Identité et territoire
  • Agriculture et entrepreneuriat

Plusieurs formations en développement régional ont vu le jour à l’UQAR :

  • Certificat de 2e cycle en développement régional (Gaspésie)
  • Maîtrise en développement régional (septembre 1978)
  • Diplôme en administration publique régionale (entente avec l’ENAP)
  • DESS en développement régional et territorial
  • Doctorat en développement régional (septembre 1996)

Université résolument ancrée dans son territoire et ses enjeux, l’UQAR a fait siennes les préoccupations liées au développement régional de l’Est du Québec d’abord et avant tout, mais aussi des territoires faiblement urbanisés. Le développement régional est reconnu comme un axe d’excellence en recherche de l’UQAR depuis 1979.

Par ailleurs, le doctorat en développement régional est né de la collaboration de chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski et de l’Université du Québec à Chicoutimi.  Le programme met l’accent sur l’interdisciplinarité à toutes les étapes de la formation. Il revêt une formule pédagogique originale par ses séminaires à Rimouski et à Chicoutimi. Ce programme conjoint attire des étudiants en provenance du Québec, de l’Afrique francophone, de l’Amérique du Sud et de plusieurs autres nationalités. Les Bourses de la francophonie constituent un incitatif intéressant pour les étudiants internationaux.

À ces formations de deuxième cycle s’ajoute un regroupement stratégique de chercheurs.  En effet, le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) est reconnu comme regroupement par le Fonds de recherche du Québec.  L’aménagement et la gestion durable du territoire et des ressources, les dynamiques économiques et les politiques publiques et la gouvernance territoriale sont au cœur de la programmation de recherche du CRDT.  Aujourd’hui, les universités membres (UQAR, UQAC, UQO, UQAT) accueillent à tour de rôle la permanence du CRDT dont les recherches visent à mieux soutenir les réflexions critiques proposées aux décideurs et à améliorer les instruments de planification et d’aménagement ainsi que les politiques publiques de développement régional. Ces recherches concernent nos régions ainsi que  d’autres régions du Monde.

Pour M. Jean, la mise en commun interdisciplinaire et interuniversitaire du CRDT présente un sérieux avantage en développement territorial.  De plus, des projets de recherche intersectoriels sont présentement en cours.

Par cette approche novatrice du développement territorial, on peut conclure que l’Université du Québec est devenue une véritable université des régions du Québec.

Articles de l'année 2017

Conférence : Que nous réserve le futur ?, par Gaston Dumont

«  Le futur nous dira…. », c'est le titre de la conférence présentée par M. Pierre Lévesque, le 20 octobre 2017 à l'UQAR. Médecin à la retraite et membre du Club d’astronomie de Rimouski, il a offert une vision assez pessimiste, mais malheureusement réaliste, de l’aveuglement des terriens quant à leur avenir. La croissance rapide de la population, l’exploitation effrénée des ressources et la pollution croissante engendrée tracent à l’aide de modèles mathématiques un tableau troublant pour le devenir de l’humanité.

Le présentateur a utilisé de nombreuses données scientifiques étayant son propos, mais il aurait été fastidieux de les inclure ici. Dans l'ensemble, tous les tableaux mettaient en évidence les dangers des croissances exponentielles de la population, de l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables et de l'accumulation grandissante des polluants. Pierre Lévesque a insisté sur les effets pervers d'une courbe de croissance exponentielle, principale pierre angulaire de son raisonnement pessimiste sur l'avenir de l'humanité.

Population

En effet, à partir de 1850, la révolution industrielle, améliorant la vie humaine sur Terre, a favorisé l'augmentation rapide de la population. En l’an 0, on suppose que la population était de 250 millions d’humains; en 1949, elle était de 2,5 milliards; en 2017, elle est à 7,5 milliards, et on croit qu’en 2040 on aura atteint les 9 milliards! Nous sommes devant une croissance exponentielle : vers l’an 1500, il fallait 700 ans pour que la population mondiale double alors que maintenant 40 ans suffisent à la faire doubler!

Ressources naturelles

Du côté de l'exploitation des ressources naturelles, l’utilisation du charbon a accentué la production par l’emploi des machines à vapeur, suivi par l'exploitation intensive du pétrole. 42 % de la production mondiale d’électricité vient du charbon! En Chine, c’est 80%, et en Inde 70 %. Ces énergies ne sont pas renouvelables et leur exploitation augmente toujours, polluant de plus en plus notre milieu de vie.

Nous utilisons encore des « esclaves », comme aux siècles passés, mais ceux-ci sont maintenant des machines-esclaves-pétrophages. Par exemple, un camion remorque fournit le travail de 4000 hommes et consomme beaucoup d'énergie-pétrole. Ces machines permettent une augmentation de la productivité, mais du même coup, les ressources naturelles s'épuisent rapidement, et ce, pendant que la pollution, elle, augmente. De plus, l’exploitation pétrolière actuelle est 10 fois plus difficile d’accès qu'auparavant, exigeant encore plus de ressources énergétiques, matérielles et monétaires.

Les spécialistes prévoient qu'en 2100 les ressources pétrolières seront épuisées. Comment pourrons nous remplacer cette source d’énergie qui représente 87 % de ce que nous utilisons ?  Le pétrole permet, grâce à la pétrochimie, la fabrication de multiples produits dérivés : on parle de plus de 6000 produits (essence, bitume, plastique, lubrifiants, polyester, nylon, et, paradoxalement, des matériaux entrant dans la fabrication des éoliennes, etc.).

Pollution

La consommation suit l'augmentation de la production, affichant également une courbe exponentielle : l’économie double aux 23 ans! Derrière, les polluants s'accumulent à un rythme effarant : l'association des déchets générés lors de la fabrication combinés à la courte durée de vie des produits fabriqués empoisonne l'air, l'eau et la terre. La température a augmenté de 5 degrés C° depuis 20 000 ans. On peut observer régulièrement les effets de ces changements climatiques extrêmes et le coût faramineux des réparations rendues nécessaires par les dégâts occasionnés. Selon M. Lévesque, nous aurions besoin de 1,6 planète Terre pour répondre à nos besoins si la croissance exponentielle de la population continue à ce rythme. Nous épuisons l’eau potable et les sols arabes, la déforestation augmente et 52 % des espèces ont disparu depuis 1970!

Que doit-on faire pour préserver la Terre et notre espèce ? Ralentir la croissance démographique des humains, diminuer leur consommation insatiable d’objets rapidement désuets, réduire la pollution de notre milieu de vie : tout cela aurait pu permettre une sorte d’équilibre entre la croissance démographique et les ressources de la Terre. Toutefois, selon plusieurs experts, il est déjà trop tard! La courbe exponentielle de la population mondiale ne peut plus être ralentie. La Terre ne pourra plus supporter cette population dont le temps de doublement diminue toujours. Sommes-nous en mesure de déterminer précisément une population maximale que la Terre pourra supporter ou encore une date limite pour notre survie ? La réponse est claire, c'est non! Mais inévitablement, nous nous dirigeons vers un effondrement de la population humaine. La famine, les pandémies et/ou les guerres sont parmi les facteurs qui mettront fin à la croissance exponentielle de la population humaine, la ramenant à un niveau tolérable pour notre planète.

FRUQ 2017 rapport retraite

RAPPORT DU RESPONSABLE DU DOSSIER RETRAITE 2016-2017

Au 31 décembre 2016, la caisse de retraite a eu un rendement supérieur aux hypothèses, soit  8,5% .

Malgré ce bon rendement, l’indexation pour les années après 2005 n’a pu être versée.  Cependant la table réseau en est venue à une entente en mars 2017.  Voici un résumé de cette entente :

Annuler la rétroactivité de l'indexation promise pour les années 2005 à 2017

  • (plus de 200 M) è Effort intergénérationnelle pour personnes actives et retraitées.
  • Indexation promise DOIT accumuler environ 600M dans une réserve avant de la versée.
  • Horizon du premier versement de l’indexation promise 20 à 30 ans.
  • Indexation 2005 à 2017 remplacé par l'indexation conditionnelle.

Remplacement de l’indexation des années 2005 à 2017 par :

  • Création d’un fond composé de 1,15% de la cotisation de l'employeur pour INDEXATION CONTIONNELLE  (environ 8 millions par année)
  • Durée minimale de 3 ans de ce fonds.
  • Estimation de la masse salariale de l’Université du Québec de 700 millions par année.
  • Évaluation actuarielle à chaque année, si la cotisation ne dépasse pas 22%.
  • Indexation 2005-2017 versée en mars de l’année suivante.
  • Indexation basé sur l’IPC de l’année précédente

Indexation des années après 2017 à 75% de l’IPC, mais 100% pour les années avant 2005.

La cotisation patronale est fixée à 11% pour au moins 3 ans, et par la suite pourra varier selon la situation financière, mais sans excéder 11% ni diminuer sous le seuil de 10,5%.  Ce plancher de 10,5% demeure en vigueur TANT QUE l’indexation n’est pas garantie à 75% de l’IPC pour la période 2005-2017 par l’utilisation d’actif.

La politique de financement sera maintenant déterminée par la table réseau de négociation.

Exemple :

Évaluation actuarielle fait les 2017/12/31  ET  2018/12/31  (1 an)

  • Montant accumulé pour indexation conditionnelle (environ 8M)
  • Indexation due en mars 2019 pour les années 2005-2017 = 12M
  • Ratio de paiement de l'indexation conditionnelle = 8M/12M = 66%
  • Rente de 1000$, inflation de 2% par année pour 2018

Calcul de l'indexation conditionnelle à verser en mars 2019:

                               1000 x 1,33 % (2%x66%) = 13,30$    nouvelle rente = 1013,30$

Cet exemple ne fait que calculer l'indexation conditionnelle, les autres types d'indexation (avant 2005 à 100% et à 75% à partir de 2018 s'ajouteront aussi)

À NOTER, une fois votre rente indexée, ELLE NE DIMINUE PLUS.

Gaétan Naud

17 octobre 2017

Information / Désinformation - Le combat extrême du 21e siècle, par Mario Bélanger

De plus de plus de gens, en particulier les moins de 35 ans, prennent leurs nouvelles sur internet plutôt que dans les médias traditionnels. Malheureusement, quand on navigue uniquement sur internet, il est difficile de distinguer la vraie information par rapport aux fausses nouvelles qui se propagent librement. Il devient donc nécessaire de développer l'esprit critique des citoyens, dès le plus jeune âge, face à l'information qu'ils reçoivent.Bernard Gagnon, professeur d'éthique à l'UQAR, en compagnie d'Alain Saulnier.Bernard Gagnon, professeur d'éthique à l'UQAR, en compagnie d'Alain Saulnier.

C'est l'avis de M. Alain Saulnier, qui a été directeur général de l'information des services français de Radio-Canada de 2006 à 2012. Il était le conférencier invité dans le cadre du programme en éthique de l'UQAR, le 5 octobre dernier. Une cinquantaine de personnes ont assisté à sa conférence, qui était en diffusion simultanée au campus de Lévis. M. Saulnier a été l'un des créateurs de l'émission Enquête. Il enseigne aujourd'hui en communications à l'Université de Montréal.

« Le monde des médias et du journalisme vit actuellement une crise majeure », selon M. Saulnier. Avec l'expansion fulgurante d'internet, on assiste à une « invasion de fausses nouvelles qui se propagent facilement et rapidement », en concurrence avec l'information sérieuse, vérifiée et vérifiable.

L'idée n'est pas de dénigrer complètement le réseau internet. M. Saulnier fait remarquer qu'il s'agit d'une « extraordinaire bibliothèque » et que de merveilleuses possibilités y sont offertes dans de multiples domaines.

Par contre, on y trouve autant le pire que le meilleur... Il existerait même dans certains pays des équipes qui auraient pour mission de « manufacturer les fausses nouvelles », afin d'attiser les tensions dans un parti politique ou de mettre au point une situation néfaste pour une organisation.

Le contrôle de GAFA

Plus de la moitié des activités de l'internet passent maintenant par GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazone).

Le plus grave, cependant, c'est que ces grands contrôleurs d'internet s'accaparent d'une portion astronomique des revenus publicitaires dans le monde des médias (jusqu'à 70 %), au détriment des médias traditionnels (les quotidiens, les stations de télévision et de radio).

Au Canada, à cause des pertes de revenus de la publicité, les médias traditionnels ont perdu dans les dernières années de 10 à 30 % de leur personnel, selon les secteurs. Avec moins de journalistes dans les salles de presse, la qualité de l'information s'en ressent. Les grands médias s'occupent de la réalité des grands centres, délaissant les régions. Plusieurs médias ont même fermé leurs portes, notamment des hebdos. Ce sont pourtant tous ces médias traditionnels qui ont pour rôle de faire de l'information, de la vérifier avec soin et de la diffuser auprès du public.

Aujourd'hui, les grands contrôleurs d'Internet ont des pouvoirs démesurés. Ils piratent l'information produite par les médias traditionnels pour la diffuser sur leurs plateformes sans rendre de comptes à ceux-ci, qui ont fait tout le travail pour la produire. Et ces grands contrôleurs s'accaparent des revenus publicitaires à partir du nombre de clics sur leurs pages visitées.

Même le gouvernement canadien contribue à cette diminution des revenus pour les médias traditionnels en accordant un pourcentage très élevé de ses placements en publicité à des entreprises étrangères plutôt qu'aux journaux canadiens.

Le problème aussi, c'est ce qu'Alain Saulnier appelle la « dictature des algorithmes ». En fait, chaque utilisateur d'internet est orienté très fortement vers de l'information en fonction de ses goûts personnels et des intérêts de ses amis virtuels. Le côté vicieux de cette approche, c'est que chaque utilisateur est enfermé dans sa bulle, devenant imperméable et insensible aux réalités et aux idées autres que celles qui l'attirent déjà.

Le journalisme de demain

Pour l'avenir, le journalisme est confronté à de grands défis, constate M. Saulnier. « Le journaliste devra se distinguer dans cette masse de nouvelles. Il devra faire plus d'enquêtes, valider les informations pour contrer les faussetés et les mensonges, mieux expliquer l'actualité, faire du journalisme plus spécialisé. »

Et on devra aussi ne pas oublier la couverture de l'information régionale, qui souffre de la concentration de la presse dans les grands centres. « Dans le monde actuel, affirme le journaliste de carrière, Radio-Canada est un rempart plus essentiel que jamais. »

Et du côté des individus, il faudra démontrer que « nous sommes des citoyens, pas seulement des consommateurs. Comme société, nous devons favoriser l'esprit critique, le droit de débattre et de poser des questions. »

Islam, politique et terrorisme, par Fernande Fournier

« La laïcité est un principe qui est effectivement ignoré par l’Islam » - Sami Aoun

Dans le cadre des conférences conjointes ADAUQAR/ARRUQAR, le philosophe retraité Jean-Claude Simard a donné, le 29 septembre dernier, une conférence à l’UQAR intitulée « Islam, politique et terrorisme ».

Jean-Claude SimardJean-Claude SimardPour analyser ces questions difficiles, le conférencier a conjugué les ressources de la philosophie, de l’histoire et de la géopolitique. M. Simard identifie un problème posé par les religions qui affirment l’existence d’un Dieu unique et transcendant : elles tendent à mêler religion et politique. C’est le problème théologico-politique, baptisé ainsi pour la première fois par Spinoza, un philosophe hollandais d’origine juive ayant vécu au XVIIe siècle. 

Il existe trois grandes religions monothéistes : le judaïsme, le christianisme et l’islam. Le premier s’appuie sur la Torah (l’Ancien Testament) et le Talmud, le deuxième sur le Nouveau Testament, le dernier sur le Coran. Plusieurs éléments rapprochent le judaïsme et l’islam, dont la transcendance absolue de Dieu, infiniment supérieur à l’être humain, et le refus de le représenter. Pour ces deux religions, il n’y a donc pas de dieu incarné (comme Jésus-Christ), mais des prophètes. Quant à la morale, elle est intangible et ne peut être changée. Qu’il s’agisse de la Torah ou de la charia musulmane, Dieu transmet sa Loi et demande la soumission. 

Si on fait un retour dans l’histoire, on constate que Moïse et Mahomet étaient tous deux des chefs religieux, comme Jésus, mais ils étaient aussi des chefs politiques et militaires. L’islamisme, i.e. l’islam politique, qui prône une vision théologico-politique, constitue donc une tentation présente dès l’origine.

Présentement, le christianisme compte plus de deux milliards d’adhérents et l’islam un peu plus d’un milliard et demi. De ce nombre, près de 90 % sont sunnites, une confession centrée entre autres sur l’Arabie Saoudite, et environ 10 % adhèrent au chiisme, concentré surtout en Iran.

Depuis la chute de l’Empire ottoman en 1922, certains musulmans rêvent de reconstruire un empire fort, sous l’égide d’un calife. L’Arabie et l’Iran proposent d’ailleurs deux grands modèles de théocratie, le second reposant davantage sur une hiérarchie religieuse, dont l’ayatollah est le plus haut dignitaire. Par contre, beaucoup de musulmans pacifistes ne voient pas de lien essentiel entre politique et religion. À ce propos, on peut mentionner le printemps arabe de 2011, dont les manifestants souhaitaient une séparation stricte de ces deux domaines.

Simard définit le terrorisme comme une guerre non déclarée, qui présente un côté sournois, puisqu’il n’y a pas de champ de bataille et que les victimes sont des civils plutôt que des soldats. De plus, il est pratiqué par des gens qui ne veulent pas ou ne peuvent pas mener une guerre officielle. Le terrorisme représente donc un prolongement militaire, quoique non conventionnel, de l’action politique.

Le Coran, constitué de cent quatorze chapitres, les sourates, édicte la Loi divine selon l’islam, mais celle-ci peut être interprétée de différentes façons. En effet, environ un cinquième des sourates, qui relèvent de la période appelée médinoise, revêtent un aspect politico-militaire, de sorte que des organisations terroristes telles Al-Qaïda et Daech, le groupe armé État islamique, peuvent s’en servir pour légitimer leurs actes.

Pour M. Simard, le djihadisme terroriste représente l’exacerbation de l’islamisme, l’instrumentation malheureuse d’une tendance présente dès les origines de l’islam. Et en général, il apparaît lorsque la situation sociopolitique n’offre plus de débouchés.

Simard termine sa conférence sur une note d’espoir. Selon lui, le défi actuel de l’islam est de se séculariser en dénouant le problème théologico-politique, i.e. en séparant, comme Spinoza y invitait, politique et religion. Il espère que la jeunesse, les femmes réclamant davantage d’égalité ainsi que les intellectuels musulmans éclairés entraîneront une évolution favorable des sociétés musulmanes, donnant naissance à de multiples printemps arabes.

Prendre la parole en public, par Mario Bélanger

Même si leur carrière professionnelle est terminée, les personnes retraitées ont parfois à prendre la parole devant un public. Ça peut être en tant que représentant d'un groupe, comme membre bénévole d'une association ou lors d'une grande fête familiale, etc. Dans ces occasions, il faut savoir garder son sérieux, être calme et convaincant, et même être très solennel dans certaines occasions. Voici une dizaine de conseils qui pourraient vous être utiles. 

1) Savoir à qui on parle. Il est nécessaire de se renseigner auprès des responsables de l'activité : qui sont les personnes devant qui on va parler ? Quelles sont leurs attentes ? Quel est le contexte ? Sur quoi devrait-on mettre l'accent ? Quel est le message essentiel à présenter ? Y a-t-il des personnalités qui seront sur place ? Et surtout, on ne s'adresse pas toujours de la même façon devant un auditoire jeune ou âgé, devant un groupe de gens modestes ou exubérants... Il faut s'ajuster.

2) Identifier son objectif. Face au public que l'on va rencontrer, c'est important de connaître son objectif et de trouver le ton juste. Veut-on simplement donner des informations aux gens ? Veut-on les persuader d'adopter une solution en particulier ? S'agit-il d'un témoignage ? Aura-t-on besoin d'ajouter une forte dose d'émotions ?

3) Préparer son intervention. Comme l'a écrit l'auteur Robert Hollier, « on n'improvise jamais mieux que lorsqu'on sait son texte ». Vous avez intérêt à ce que votre message soit éloquent, sincère, irrésistible. Donc, préparez-le bien. Mettez de l'ordre dans vos idées. Mettez sur papier les mots-clés de votre propos. Faites des phrases courtes. Inutile d'être trop long. Faites une ou deux répétitions devant un miroir. Soignez votre diction. Modulez votre voix. Ça peut aider. Aussi, dans votre intervention, n'oubliez pas une introduction (qui précise de quoi on va parler) et une conclusion (qui rappelle l'idée principale et qui ouvre sur une nouvelle avenue).

4) Choisir ses mots. Une bonne façon de prononcer un bon discours, c'est de trouver des images expressives, qui font vivre de l'émotion. La langue est remplie de belles expressions : avoir la chair de poule, la larme à l'œil, le vague à l'âme, disposer d'une mémoire d'éléphant, être rusé comme un renard, se fendre en quatre, avoir le cœur à la bonne place, la tête dans les nuages, gravir une montagne, ramer à contre-courant, sauter des étapes, grimper dans les rideaux... Pourquoi ne pas vous en servir, au besoin ? On peut aussi y aller avec une comparaison : c'est le Boucar Diouf de l'organisation, c'est le Sydney Crosby de l'équipe, c'est la Céline Dion de la famille... Ajouter une citation ou une anecdote peut s'avérer convenable, selon les circonstances. Voici un exercice, si ça vous tente : nommez deux ou trois grandes personnalités qui, selon vous, s'expriment avec brio et allez analyser leurs performances, qui sont souvent sur internet (Youtube). Inspirant!

5) Maîtriser le trac. Tout le monde a le trac! Pour plusieurs, parler devant un groupe de personnes représente un trac sérieux. Ce mot, qui a la même racine que le verbe « tracasser », peut provoquer rougeurs, tremblements, difficulté de respirer, perte de mémoire... On a tellement peur de paraître incompétent devant tout le monde, de bafouiller, de ne plus savoir quoi dire... Il existe différents trucs pour apprivoiser le trac : éviter l'alcool et les repas trop chargés avant de parler, visiter auparavant l'endroit où l'on prendra la parole, tester le matériel technique (micro, diaporama), inscrire sur une feuille les trois ou quatre points importants que l'on veut aborder, prendre quelques respirations profondes dans l'abdomen avant de parler, faire des pas devant la salle plutôt que de rester immobile, etc. On peut aussi commencer son intervention par une question ou une brève anecdote, afin de créer une complicité avec le public. Il faut apprendre à considérer le trac comme une énergie positive.

6) Garder le contact. Vous vous adressez à un groupe d'individus qui sont là pour vous écouter. Vous devez les prendre en considération. Chacun d'eux. Tout en vous exprimant, faites circuler votre regard dans chaque coin de la salle. Parler lentement pour être bien compris. Même l'expression de votre visage et les gestes de vos mains peuvent faire partie du message. Laissez aux gens deux ou trois secondes pour réfléchir à une phrase importante dans votre discours. (Ça vous permet de prendre une bonne respiration pendant ce temps...).

7) Poursuivre l'animation. Dans certains cas, vous pouvez demander aux participants s'ils ont des commentaires à ajouter ou des questions à poser. Et si vous ne trouvez pas la réponse, dites simplement que ce sera avec plaisir que vous pourriez faire une recherche. Cette étape fait partie d'une communication réussie.

8) Rester calme. Rien de sert de paniquer. Vous êtes le maître de la rencontre, vous devez apprendre à rester calme. Plus vous aurez à prendre la parole souvent, dans des circonstances semblables, plus vous parviendrez à maîtriser la situation.

9) Évaluer votre performance. Demandez à quelques participants s'ils ont apprécié votre discours. Notez les remarques. Ça permet de s'améliorer pour la prochaine fois!

10) En apprendre davantage. Pour aller plus en profondeur dans ce domaine, voici quelques propositions de lecture :

> Vaincre la peur de parler en public, Des conseil pour captiver, séduire, convaincre, par Jacques Laurin, Les éditions de l'Homme (il est docteur un linguistique, chroniqueur et auteur de plusieurs ouvrages sur la langue française. C'est le meilleur livre!).

> Prendre la parole, Les règles de l'art, les pièges à éviter, les trucs du métier, par Jean-Luc Mongrain, Les éditions de l'Homme (ce vieux routier de la télévision propose un livre qui s'adresse particulièrement aux gens d'affaires).

> Maîtriser la parole en public, par Charline Licette, Studyrama (un petit ouvrage français, plus technique et méthodique. De bons conseils).

> Comment parler en public, par Dale Carnegie, en Livre de poche (c'est la traduction d'un livre américain qui date beaucoup, mais qui a connu un succès international).

La Syrie d'avant la guerre civile, par Fernande Fournier

MM. Yves Dion et Velitchko Velikov ont eu l'opportunité, en 2009, de visiter la Syrie et ses trésors historiques, avant la terrible guerre destructrice qui, depuis 2011 ravage le pays. Ces deux professeurs retraités de l’UQAR, en économie et en géographie, ont présenté le 31 mars 2017 une conférence sur La Syrie d’avant la guerre civile. Leurs propos étaient accompagnés d'images de plusieurs lieux marquants. Parmi la centaine de participants à cette conférence, quelques expatriés syriens, accueillis au Bas-Saint-Laurent, étaient présents.

Les conférenciers Yves Dion et Velitchko Velikov.Les conférenciers Yves Dion et Velitchko Velikov.Au cours de leur séjour de 2009, les deux conférenciers ont visité des villes très anciennes et riches d’histoire. C'est en Mésopotamie que se sont développées les premiers signes de l'agriculture, de l'écriture et de l’urbanisation. Cette région est située dans le Croissant fertile, entre le Tigre et l’Euphrate.  Elle correspond en grande partie à l’Irak actuel, mais aussi à une partie de la Syrie.

Débutons notre voyage par le site archéologique de Mari, situé à l’extrême sud-est de la Syrie. Mari, ville concentrique, est surtout connue pour son palais royal datant du IIe millénaire avant Jésus-Christ.  Grâce aux fouilles archéologiques entreprises depuis 1933, 25 000  tablettes, écrites en akkadien, ont été retrouvées dans les archives royales.  Déjà à l’Antiquité, un système d’irrigation, avec des digues et des canaux, permettait la fourniture en eau et la mise en culture de terres alluviales fertiles. Cette ville a été détruite par le feu en 1758 avant Jésus-Christ.

Dans la région de Khabour, affluent du fleuve Euphrate, le sol est aussi d’une extrême richesse.  Le site de Tell Beydar était doté d’installations sanitaires, avec douches, datant de 2 500 ans avant J.-C.

Le palais royal d'EblaLe palais royal d'EblaÀ Ebla, grande civilisation du nord-ouest, les fouilles ont permis de mettre au jour 17 000 tablettes d’argile gravées en éblaïte, un dialecte local. Par ailleurs, c’est à Ougarit qu’on a retrouvé le premier alphabet complet connu (alphabet ougaritique). Ougarit était reconnue comme le carrefour des grandes langues parlées au Moyen-Orient.

Poursuivant leur voyage à Amrit, les conférenciers nous ont fait visiter un site archéologique phénicien. Vers 330 avant J.-C., le roi Alexandre le Grand contrôlait presque toute la Méditerranée. La ville d’Apamée fut d’ailleurs fondée par un de ses généraux Séleucos (300 avant J.-C.). Puis Apamée est devenue une ville romaine. Un recensement qui eut lieu en l’an 6 après J.-C. y dénombra 117 000 habitants. On retrouve à cet endroit plusieurs mosaïques romaines.

Quant à Palmyre, c’est une oasis du désert de Syrie. Cette ville antique a connu une période d’or et une vigueur commerciale en raison de sa situation sur la route de la soie.

À Bosra, les Nabatéens, Romains, Byzantins et Ommeyyades ont tous laissé des vestiges dans la ville.  D’ailleurs, le théâtre romain contient 12 000 places.  C’est aussi à Bosra que Mahomet  y aurait rencontré le moine Bahira.

La ville d’Alep, située dans le nord-ouest du pays, est comparée à Alexandrie en Égypte.  C’était un foyer culturel, un lieu d’ouverture, d’échanges d’idées, de cohabitation en plus d’être une jonction politique et commerciale.  Les souks d’Alep sont imposants.  On y achète, entre autres, le fameux savon d’Alep. On compte aussi à Alep des églises, des mosquées et des minarets d'une rare envergure.

Damas, la capitale de la Syrie, serait la plus vieille ville au monde, encore existante et toujours habitée (IIIe millénaire avant J.-C.).  Elle a connu l’influence de nombreuses civilisations qui y ont laissé des traces.

En 1920, la Syrie fut placée sous mandat français jusqu’à son indépendance en 1946.  Depuis, la Syrie a connu une succession de coups d’État.  L’accession de Hafez el-Assad à la présidence de la Syrie a eu lieu en 1970 et, à sa mort en 2000, c'est son fils Bachar el-Assad qui a repris le pouvoir.

Depuis le déclenchement de la guerre civile, de nombreux monuments inestimables ont été détruits ou ont subi des dommages. Parmi ceux-ci figurent des monuments classés au Patrimoine mondial de l’humanité.

MM. Dion et Velikov ont terminé leur conférence en mentionnant que tout au long de leur séjour en 2009, ils ont été touchés par l’accueil, la chaleur et la tolérance du peuple syrien, malheureusement déchiré par la guerre civile depuis 2011.

LECTURE : Un livre sur le bilinguisme, par Mario Bélanger

Le Québec reçoit 45 000 nouveaux immigrants par année, et plus de 80 % de ces nouveaux citoyens s'implantent dans la région de Montréal. Les régions sont quand même de plus en plus concernées par le phénomène, et on voit y arriver d'un peu partout des gens qui n'ont pas le français comme langue maternelle. Dans les écoles, le pourcentage d'écoliers qui s'expriment d'abord dans une autre langue que le français est en augmentation. Il serait déjà à 40 % dans les écoles primaires et secondaires de la région montréalaise. Tout ça pour dire la pertinence de ce petit livre de 190 pages dont il est question ici.

Mme Agathe Tupula Kabola, orthophoniste et auteure du livre Le bilinguisme, un atout dans son jeu, fait un état de la situation et propose des conseils pour une éducation bilingue réussie. Elle donne plusieurs exemples typiques et s'intéresse aussi aux troubles potentiels du langage bilingue.

Bien sûr, les cas sont très variés, selon l'intérêt de chaque individu, les convictions de la famille, le contexte de l'apprentissage, la qualité des modèles qui interviennent, le temps d'exposition, la résonnance émotive de chaque langue apprise, etc. « Un enfant est rarement exposé à deux langues de façon égale », explique l'auteure.

En résumé, les études démontrent que le bilinguisme donne de nombreux avantages à un enfant, sur les plans éducatif, culturel ou économique. Par contre, « on ne peut acquérir adéquatement une langue seconde que si elle s'ancre dans une langue maternelle bien maîtrisée. » 

Selon les recherches, abandonner la langue originale de la famille pour la langue seconde apprise à l'école peut amener des difficultés scolaires. Mieux vaut mettre en valeur les deux langues pour le développement harmonieux de l'enfant. Se débrouiller dans deux langues pour un enfant stimule généralement « l'originalité et la flexibilité de la pensée ».

Aussi, pour bien apprendre une langue, il serait préférable de concentrer les heures d'apprentissage plutôt que de la saupoudrer.

Malheureusement, la question des conséquences du bilinguisme français-anglais est très peu abordée dans cet ouvrage. C'est pourtant un enjeu sociopolitique crucial au Québec. D'ailleurs, moins de 10 % des immigrants transmettent réellement leur langue familiale à la deuxième génération. Très souvent, la langue d'usage à la maison devient le français... ou l'anglais!

Régime de retraite

Le Secrétariat du Régime de retraite de l'Université du Québec a émis un communiqué sur l'indexation des rentes. Nous vous invitons à le consulter.

Conférence de Normand Payette sur les Surveillants du fleuve, par Gaston Dumont

Le 17 février 2017, Normand Payette est venu nous présenter son bouquin Les Surveillants du fleuve, édité en 2016 par la Société des écrivains. 

Les premières attaques de sous-marins allemands dans le Saint-Laurent ont eu lieu il y 75 ans. Déjà en 1937, l’Allemagne se montre intéressée à acquérir l’île d’Anticosti, soit disant pour le bois. Les autorités canadiennes se doutent bien que le but premier est la surveillance du golfe et du fleuve. Le premier ministre du temps, Maurice Duplessis, s’oppose farouchement à cette demande et signale que si les Allemands veulent effectivement du bois, il sera possible de le couper nous-mêmes et de leur vendre.

L’Allemagne a rapidement compris qu'une bonne partie du ravitaillement pour les troupes postées en Europe partait du port de Montréal. Aussi, les U-Boots vont attaquer et couler 23 navires dans les eaux du Saint-Laurent.  Les gouvernements vont cacher très longtemps toute information sur ces attaques. Le long du fleuve, on exige que toute les lumières soient éteintes le soir et on parle même de loi de la terre brulée si les ennemis débarquent.

Le livre de M. Payette est un roman qui utilise comme toile de fond la bataille du Saint-Laurent. Lors de sa présentation, il nous parle longuement des personnages qui habitent son récit et pourquoi ils font partie de l’œuvre. Il nous présente aussi divers évènements de la Deuxième Guerre mondiale qui ont pris place au Québec :

  • la conscription canadienne et l'opposition farouche qu'elle a connue au Québec;
  • les chemises bleues d’Adrien Arcand, supporteurs du nazisme;
  • la vingtaine d’Allemands installés à la pointe est de l’île d’Orléans, qui sont en fait des agents dormants;
  • la réunion de Churchill et Roosevelt à Québec, en août 1943, pour préparer notamment le fameux débarquement de Normandie.

Le conférencier nous a rappelé souvent qu'il en était à sa première prestation. Pour ma part, j'aurais aimé qu'il nous entretienne davantage du rôle des gardiens de phares, des pilotes et des pêcheurs dans cette guerre du Saint-Laurent et des navires qui furent coulés.

L'histoire de la monnaie au Canada, par Fernande Fournier

« La monnaie, c’est l’histoire du Canada »

M. Gaétan Aubin, président du Club de numismates du Bas-Saint-Laurent, a présenté le 27 janvier 2017 sa conférence sur L’histoire de la monnaie au Canada.

M. Aubin considère qu'il y a trois types de personnes qui s’intéressent à la monnaie.  D’abord les « ramasseux », qui accumulent de la monnaie sans être à l’affût des données entourant cette monnaie.  Ensuite viennent les « collectionneurs », qui vont classer leur monnaie et en connaître la valeur. Finalement  arrivent les « numismates », qui savent que chaque émission de monnaie correspond à un événement historique. Ces derniers font le lien entre la monnaie et l’histoire du Canada.

La première monnaie utilisée par les autochtones pour les échanges après les premiers contacts avec les Européens est le wampum. Les wampums sont des perles tubulaires mauves et blanches faites à partir de coquillages. Par après, plusieurs unités furent utilisés avec l’arrivée des empires coloniaux : le réal espagnol, le sou français (terme utilisé avant 1858), le denier français, les pièces d’or, les pièces en argent, les jetons coloniaux et finalement l’émission de papier-monnaie par l’État.

C’est en 1858 qu’on commence à utiliser la monnaie décimale canadienne.  C’est aussi à partir de ce moment qu’on doit utiliser le terme « cent » (et non pas sou) pour désigner l’unité monétaire dont la valeur est égale au centième du dollar canadien.

Mais comment fait-on aujourd’hui pour déterminer la valeur d’une pièce de monnaie ?

M. Aubin nous explique que plusieurs facteurs sont à considérer pour déterminer cette valeur : la quantité de pièces émises (la rareté fait grimper la valeur), la qualité de la pièce (l'usure, selon l’échelle de Sheldom), une variété vaut généralement plus cher que l’original, la valeur au livre, la valeur au marché (offre et demande). 

Savez-vous qu’un 50 cents de l’année 1921 peut valoir jusqu’à 150 000 $ pour sa rareté ?  On en retrouve seulement 100 sur le marché.

Lorsqu’il exerce sa passion, le parfait numismate utilise des outils tels que la loupe, l’aimant, les cartons de protection et les volumes de référence. Parmi ceux-ci, on retrouve un livre en français intitulé : Monnaie du Canada 2016, 34e édition, J.A. Haxby & R.C. Willey. 

La plupart des numismates font aussi partie d’un club.  Le Club de numismates du Bas-Saint-Laurent a été fondé en 1979 et compte 145 membres actifs. Si vous voulez en connaître davantage à ce sujet, vous pouvez consulter le site web du CNBSL au www.cnbsl.org

Le recteur Jean-Pierre Ouellet rencontre les retraités de l'UQAR, par Gaston Dumont

Poursuivant la tradition des dernières années, le recteur Jean-Pierre Ouellet a brossé un portrait de la situation de l’Université, le 18 janvier 2017, lors d’un déjeuner avec les personnes retraitées, à la salle à manger de l’UQAR. Selon le recteur, malgré les effets des compressions budgétaires des dernières années, la situation, bien que sérieuse, est moins critique que l’an passé.  Le plan de redressement présenté a été accepté par le gouvernement et il autorise la présentation de déficits raisonnables, ce qui permet de réaliser quand même certains développements.

La réduction des dépenses de 5 millions de dollars n’a pas solutionné les compressions imposées de 9 millions. À cela s’ajoute une baisse de l’effectif étudiant à l’UQAR. Elle est en grande partie causée par une réduction du nombre d'étudiantes et d'étudiants terminant un programme pré-universitaires dans les cégeps des régions desservies par l’Université. Aussi, l'augmentation des frais de scolarité pour les étudiants français a fait diminuer le nombre d'inscription de ceux-ci.

Le plan de développement en cours comprend les priorités suivantes : le recrutement, le développement de nouveaux programmes, l’accroissement  de la place de la recherche et le renforcement du positionnement de l’université au plan international.

Quant aux infrastructures, il y aura un réaménagement interne majeur des laboratoires. Le financement tant attendu pour l’entretien et l’opération du navire de recherche, le Coriolis, a été accepté.

En ce qui concerne les collaborations majeures, le Réseau Québec-Maritime est maintenant sous la gouverne de l’UQAR et le nouvel Institut Maritime Franco-Québécois permet de regrouper l'expertise de centaines de chercheurs de la France et du Québec, en plus d'établir des collaborations scientifiques sur des problématiques communes.

Le projet de complexe sportif en collaboration avec la Ville de Rimouski est grandement souhaité par l’Université, ce qui permettrait d’éventuels développements de cours, voire de programmes, en relation avec l’activité physique et la santé.

Pour sa part, le campus de Lévis se porte très bien et les relations avec le milieu sont valorisées et harmonieuses. On souhaite la construction d’un petit complexe sportif.  Avec le support de donations privées, on a mis en place, pour la formation en administration, une salle des marchés reproduisant un environnement semblable à celui des établissements financiers.

À la suite des dernières compressions budgétaires, constate Jean-Pierre Ouellet, les universités québécoises collaborent davantage entre elles et souhaitent que le gouvernement privilégie l’éducation dans ses choix budgétaires pour les prochaines années.

Articles de l'année 2016

Une population en santé mentale, par Fernande Fournier

En dépit de l’amélioration des soins et des services de santé mentale réalisée au cours des réformes successives du système de santé, il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour répondre aux besoins de la population dans ce domaine. Madame Claire Page, spécialiste en santé mentale, a présenté, le 18 novembre 2016, une conférence intitulée : Pour une population en santé mentale : complexité, perspectives et défis. La conférencière a occupé un poste de professeure en sciences infirmières à l’UQAR jusqu’en 2015.Claire PageClaire Page

En 1961, l’histoire de la psychiatrie au Québec a été marquée par la parution du livre écrit par Jean-Charles Pagé : Les fous crient au secours. La dénonciation par cet ex-patient de l’Hôpital St-Jean-de-Dieu, à propos des conditions de vie déplorables des patients et des traitements inadéquats pratiqués dans les hôpitaux psychiatriques (électrochoc, lobotomie, etc.), a participé à l’éveil d’une critique entraînant un grand débat public. Immédiatement, une Commission d’enquête sur les hôpitaux psychiatriques a été commandée. Celle-ci a été conduite par trois psychiatres : Dominique Bédard, Denis Lazure et Charles A. Roberts. Leur rapport, paru dès 1962, a démontré l’urgence de réformer les services psychiatriques. C’était le début de la désinstitutionalisation des personnes ayant des troubles mentaux.
Un autre événement majeur est survenu au Québec en 1989, soit le lancement de la Politique de santé mentale. Cette politique novatrice mettait l’accent sur cinq grands principes : 1) la primauté de la personne dans l’organisation des services, 2) l’amélioration de la qualité des services, 3) l’équité des services, 4) les solutions dans le milieu de vie et 5) la consolidation du partenariat en reconnaissant le potentiel de chacun des partenaires et en privilégiant des rapports ouverts entre eux et la poursuite d’objectifs communs. Cette politique a été la pierre angulaire de tous les plans d’actions qui ont suivi pour orienter la transformation des services de santé mentale.

Complexité

Malgré tous ces efforts, pourquoi est-il toujours aussi difficile de répondre aux besoins de santé mentale de la population ? Madame Page relève cinq points permettant de saisir la complexité des soins et des services dans ce domaine particulier. Tout d’abord, la prévalence élevée des troubles mentaux pose un grand défi. Au Québec, une personne sur cinq souffrira d’un trouble mental au cours de sa vie. La prévalence des troubles mentaux sur un an est estimée à 12 %. Pour les deux tiers de ces troubles, il s’agit de troubles dépressifs et de troubles anxieux.

La comorbidité est un autre facteur qui rend complexe la dispensation de soins et de services en santé mentale, puisque, par exemple, 60 % des gens atteints de dépression sont aussi aux prises avec une maladie chronique comme le diabète ou une maladie cardiovasculaire. La dépression et les troubles anxieux sont aussi très souvent concomitants avec une dépendance à l’alcool ou aux drogues.

La complexité relève également de la nature de la « maladie ». La nature des diagnostics psychiatriques comporte un niveau de subjectivité plus élevé que les diagnostics de maladies physiques. Par exemple, dans le cas d’un cancer, il est possible par imagerie de voir un marqueur clair, une tumeur visible. De manière différente, le diagnostic d’un trouble mental repose sur un ensemble de critères traduisant un niveau de souffrance rapporté par la personne ou ses proches, des comportements ou des traits de la personnalité. Bien qu’indispensable, le DSM-5 a fait l’objet de critiques par rapport au risque de surdiagnostiquer des personnes présentant des émotions courantes et ordinaires de de la vie. Établir un diagnostic psychiatrique demande beaucoup de connaissances, de discernement et de prudence.
La stigmatisation, qui constitue l’un des obstacles majeurs à la rechercher d’aide, s’ajoute aux facteurs de complexité. Seulement 40 % des personnes atteintes de troubles mentaux osent demander de l’aide. En plus des difficultés causées par les troubles mentaux, la personne doit lutter contre la stigmatisation. Dans notre société de performance, on associe trop souvent les troubles mentaux à une personnalité faible, à un manque de motivation. La personne, disqualifiée au plan social, en vient à s’autostigmatiser. Elle développe un sentiment de honte, de faiblesse et de culpabilité.

Enfin, répondre aux besoins des personnes atteintes de troubles mentaux requiert des interventions psychologiques complexes. Les symptômes sont souvent rapportés vaguement et semblent inexplicables. S’ajoutent à cela des problèmes sur le plan psychosocial. Ces facteurs multifactoriels n’ont pas de traitements concrets standards dont l’effet serait rapidement observable. Pour le professionnel en santé, c’est la relation qu’il aura avec la personne qui constitue le principal outil thérapeutique. Un niveau élevé de connaissances et de compétences, ainsi que de bonnes habiletés relationnelles sont nécessaires pour aider des personnes dont les manifestations de la souffrance peuvent parfois mettre à rude épreuve l’empathie. L’intervention en santé mentale se complique aussi par l’équilibre délicat entre l’encouragement à l’autonomie de la personne qui présente un trouble mental et sa protection. En outre, les conséquences peuvent être dramatiques (suicide, etc.).

Perspectives

En deuxième partie de la conférence, madame Page a présenté quatre perspectives actuelles visant à améliorer les soins et les services de santé mentale. Premièrement, la lutte contre la stigmatisation est primordiale. Les préjugés entourant les troubles mentaux et les personnes qui en souffrent doivent être remis en question. Des connaissances justes sur les troubles mentaux doivent être transmises à toute la population, mais prioritairement à tous les professionnels de la santé et intervenants en lien avec les personnes atteintes et leurs proches. La meilleure approche pour réduire la stigmatisation et pour changer les perceptions est celle qui privilégie les contacts directs avec des personnes souffrant de maladie mentale.

Deuxièmement, plus d’efforts doivent être fournis dans le champ de la promotion de la santé mentale et de la prévention des troubles mentaux. Ceci implique non seulement les actions auprès des individus, mais aussi celles visant à assurer un milieu de vie favorable.

Selon madame Page, l’accès accru à des suivis en psychothérapie fait partie des perspectives envisagées. D’ailleurs, des pays comme le Royaume-Uni et l’Australie offrent déjà ce service gratuitement. L’efficience de cette option est présentement à l’étude au Québec. Des conclusions sont attendues très prochainement.
Quatrièmement, la perspective du rétablissement est le fil conducteur des plans d’actions qui se succèdent au Québec, tout comme ailleurs dans le monde. Le rétablissement repose sur l’espoir et le pouvoir d’agir sur sa propre vie. L’objectif étant de mener une vie satisfaisante, prometteuse et productive, en dépit des limites qu’impose la maladie. Pour la personne, il s’agit de réinventer sa vie, de lui donner du sens.

Défis

Madame Page a terminé sa conférence en soulignant les grands défis à relever en santé mentale.

En premier lieu, il faut intégrer les services offerts en santé mentale (médecins, CLSC, services spécialisés, organismes communautaires). Elle insiste sur le fait que les organismes communautaires sont trop souvent peu connus et peu reconnus.

Deuxièmement, il importe de tirer profit de l’apport et du plein potentiel de tous les professionnels de la santé dans la prestation des soins et des services en santé mentale. À noter que le Québec affiche un retard important sur l’Ontario en matière de reconnaissance des infirmières praticiennes. Des travaux sont actuellement entrepris au Québec pour créer une nouvelle catégorie d’infirmières praticiennes, soit celles spécialisées en santé mentale.
En troisième lieu, le leadership gouvernemental doit être affirmé afin de faire des soins et des services de santé mentale une vraie priorité.
Et enfin, il faut une population avisée et attentive à ses préjugés car la santé mentale, c’est l’affaire de TOUT le monde.

L'influence du dialecte gallo sur les Québécois, par Mario Bélanger

On dit souvent que les premiers ancêtres des Québécois, au 17e siècle, provenaient de Normandie. C'est vrai, mais plusieurs sont sans doute arrivés aussi de Haute-Bretagne, une zone située au sud de la Normandie et à l'est de la Bretagne« bretonnante», avec Rennes comme capitale. Dans cette région, on parlait la langue gallèse, plus communément dénommée le gallo.

Avant la Révolution française, en 1789, existaient en France plus d'une vingtaine de dialectes régionaux, assez différents les uns des autres. Plusieurs de ces dialectes avaient quand même de nombreux points en commun, de par leur origine romane. Le français parisien et le dialecte angevin, avec La Pléiade, se sont par la suite imposés dans toute la France.

La variété de la langue française qui s'est développée au Québec depuis 400 ans a été influencée à l'origine non seulement par le dialecte parlé à Paris (le francien) ou à Rouen (le normand), mais aussi par celui utilisé dans la région de Rennes (le gallo). D'ailleurs, de nombreux marins et aventuriers provenaient de cette région, notamment Jacques Cartier, né à Saint-Malo.

Pour s'en rendre compte, il s'agit de parcourir les pages d'un petit ouvrage intitulé : Gallo et galloïsmes, le français tel qu'on le parle en Haute-Bretagne, écrit par Daniel Giraudon et illustré par Nono (Éditions Skol Vreizh, 2012). (Merci à Jean-Michel Bergougniou de m'avoir fait découvrir ce livre!) De nombreuses tournures propres à l'expression québécoise d'hier et d'aujourd'hui font tout naturellement partie du vocabulaire de ce dialecte. Des preuves ? En voici une vingtaine...

Où est-ce que tu restes ? (habiter) / Attends un brin (un peu) / Tirer les vaches (traire) / Asteure (maintenant) / Ça va-ti...? (Est-ce que ça va?) / V'là ti pas... (Ne voilà t'il pas...) / Tu cré-ti que... (Crois-tu que...) / Itou (aussi) / C'est bien de même (comme ça) / Du bouâs (bois) / Keudre (noisetier, comme dans l'île aux Coudres) / Hier au soir (hier soir) / À matin (Ce matin) / Le fils à Louis (de Louis) / Avri (avril) / Un beau costume su'l dos (sur lui) / Bin du monde (beaucoup de gens) / Une barouette (brouette) / Licher (lécher) / Fére (faire) / Crère (Croire) / Oyousque... (Où est-ce que...) / Histouères (histoires).

Voulez-vous bien me dire oyous qu'on aurait pêché tout ça ?

Réussir ou échouer ?, par Mario Bélanger

Les magazines américains ont souvent cette tendance de proposer à leurs lecteurs sept, dix ou douze façons pratiques d'atteindre une grande réussite ou d'éviter un échec retentissant... On peut s'en inspirer! Voici donc quinze façons de faire qui peuvent contribuer à la réussite de votre projet, de votre vie ou de votre carrière... Rien de moins!

> Soyez clair et pertinent. Rien de tel que l'écriture pour établir avec précision les objectifs à atteindre et les étapes à entreprendre pour y arriver. Avec un plan écrit bien détaillé et bien validé par son entourage, il est plus facile de se lancer dans l'action... Et ça permet d'éviter les malentendus et les erreurs de parcours. C'est important aussi d'avoir un bon plan de ce qu'on veut faire dans la journée même.

> Soyez discipliné. Ce qu'on fait parfaitement un jour, il faut pouvoir le faire aussi bien le lendemain. Et le jour suivant... Et encore le jour suivant... Cela exige un travail assidu, constant. Des remises en question. Des moments d'épuisement. Mais c'est dans la persévérance que l'on côtoie le succès.

> Démontrez votre passion. C'est souvent en étant passionné pour un projet que l'on réussit à convaincre les autres de la valeur de celui-ci. Mettez-y toujours de la ferveur. Ça donne de l'élan. C'est enthousiasmant. 

> Voyez plus loin que demain. Les histoires à succès commencent souvent par une idée de visionnaire. Qu'est-ce qui pourrait être amélioré dans ce que vous faites aujourd'hui? Comment pourriez-vous corriger ce qui va de travers? Qu'est-ce que vous pourriez ajouter de plus à ce que vous offrez déjà?

> Agissez. Certaines personnes ont de bonnes idées, mais remettent toujours à plus tard le moment de les réaliser. En étant quotidiennement dans l'action, dans l'impulsion, dans le palpable, il y a plus de chance de faire avancer ses projets. Il faut se mettre les mains à la pâte.

> Vous n'êtes pas seul au monde. Il y a sûrement quelqu'un quelque part qui peut vous aider, donner un coup de main, trouver une solution. N'hésitez pas à poser des questions, à consulter d'autres personnes dans votre entourage. Le travail en équipe peut faciliter le boulot et ouvrir de nouvelles portes.

> Soyez humble et honnête. En général, les gens n'aiment pas beaucoup les personnes qui n'arrêtent pas de se vanter ou qui magouillent dans le jeu dangereux de la corruption. En restant humble et honnête, vous augmentez les chances de prolonger votre carrière et votre notoriété. 

> Commencez tôt. Ceux et celles qui font beaucoup de choses dans leur vie commencent souvent de bonne heure le matin. C'est une bonne façon d'avoir déjà un pas d'avance sur les autres quand ceux-ci entament leur journée. 

> Simplifiez-vous la vie. Certains accomplissent une tâche en dix étapes alors qu'on peut facilement la faire en cinq. Tentez d'aller à l'essentiel en laissant tomber ce qui est superflu. Pourquoi aller chercher dix fois le même marteau à l'autre bout de la pièce alors qu'on peut le placer à proximité? Votre temps est précieux. 

> Établissez clairement la communication. Quand vous expliquer une idée ou un projet, faites-le le plus simplement et directement possible. Répondez clairement aux questions qu'on vous pose. Ayez un bon contact visuel avec les intervenants. Mettez-vous dans leur peau. Invitez-les à vous recontacter pour un éclaircissement ou pour plus de détails.

> Servez-vous des technologies modernes. Avec un téléphone portable, on peut vous rejoindre dans l'immédiat. Utilisez aussi l'ordinateur pour établir un réseau de contacts dans votre domaine de travail (LinkedIn, Viadeo, Twitter). Naviguez sur internet pour trouver des réponses à vos questions. Attention : on peut très facilement trouver des centaines de tentations gruge-temps devant un écran. Il faut savoir viser l'indispensable et éviter les distractions.

> Continuez d'apprendre. Peu importe le domaine, il y a toujours de nouvelles connaissances à assimiler. Suivez un cours de perfectionnement. Apprenez une nouvelle langue. Feuilletez les journaux et les revues pour être à jour dans l'actualité. Parcourez un livre qui vous conduira dans un monde inconnu, mais profitable.

> Mettez-vous le plus possible à l'aise. Une personne travaille beaucoup mieux si elle se trouve dans un endroit reposant et confortable. Vérifiez si votre environnement de travail vous convient : la couleur des murs, la décoration, les photos-souvenir, la chaise ergonomique, la position de votre ordinateur, la petite musique de fond, etc.

> Impliquez-vous dans la communauté. Une petite corvée pour nettoyer l'environnement dans le voisinage. Un peu de bénévolat pour un organisme social. Une inscription dans un club de scrabble. Ça demande juste un peu de temps et ça permet de nouer de nouveaux contacts.

> Devenez le spécialiste dans votre domaine. Les gens finissent par comprendre que vous connaissez parfaitement votre métier. Vous êtes le meilleur! Ils vous font confiance. Le résultat de votre travail les satisfaisait. Ils parlent en bien de vous. Votre réputation prend une belle ampleur. Vous devenez indispensable!

Bonne chance!

Le Saint-Laurent et l'imaginaire, par Fernande Fournier

« La mer est un grand poème », Arthur Rimbaud

L’historien Gaston Desjardins, qui a été professeur d’histoire à l’UQAR pendant une vingtaine d’années, a présenté le 4 octobre 2016 sa conférence intitulée : Le Saint-Laurent de la mer : l’imaginaire, les fantômes et la mort.Gaston DesjardinsGaston Desjardins

Le conférencier nous a conviés à une promenade dans l’imaginaire maritime, depuis l’héritage des sociétés européennes jusqu’aux rives du Saint-Laurent. Pour lui, la mer est une grande étendue d’histoire car il existe une relation affective entre l’être humain et le milieu maritime. Sur cette mer, on rencontre des fantômes : êtres mystérieux, lieux et choses qui hantent la mémoire.

Socrate dira qu’il y a trois catégories d’êtres humains : les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer. Dans cet espace liquide de la démesure qu'est la mer, le marin est perçu comme un être étrange.

Il suffit de s’incarner dans la mentalité des gens de l'Antiquité et de se laisser porter par l’imaginaire pour entrevoir des images répulsives que provoque la mer. Pour faire face à la colère des dieux et pour exorciser les tempêtes, les anciens avaient recours à des éléments religieux. De même, lorsque le calme plat survenait sur la mer, que les voiles ne fonctionnaient plus et qu’on craignait de manquer de vivres, on invoquait les puissances d’en haut. On croyait même que siffler légèrement, identifier un cocu notoire et lui frotter la tête au gouvernail ou encore, battre le mousse, cela pouvait réactiver le vent...

À cette époque, le mouvement des marées, les ouragans ou les raz-de-marée demeuraient des forces naturelles colossales et inexpliquables. À cela s’ajoutaient de nombreux récits mystico-religieux (Noé et le déluge, etc.). Selon la bible, un conflit originel subsistait entre la terre et l’eau.

Parallèlement à cette grande menace, la mer était vue comme un grand bienfait. On profitait de ses ressources généreuses, de ses paysages impressionnants et des occasions de voyages qu'elle proposait. On faisait des offrandes à la mer, on la personnifiait. Un rapport ambivalent de fascination mêlée à de l’effroi constituait la trame de fond de cet univers.

À la fin du Moyen Âge, pour les navigateurs européens, l’Atlantique apparaît comme le domaine foisonnant des îles et des espaces mystérieux. Des îles, les navigateurs en rencontrent partout. Peu à peu le vide de l’océan se voit parsemé d’îles. En 1498, quand Christophe Colomb débarque au Venezuela, il compare la rondeur des collines au mamelon du sein d’une femme. D’ailleurs, plusieurs îles portent des noms évocateurs : l’île du Paradis, l’île des Morts, l’île du repos des Âmes, etc. Ces îles sont des relais mythiques.

Les grands explorateurs (Cartier, Roberval, Chauvin, Champlain) sont rapidement confrontés au pays du froid. Rabelais (1558) décrira le pays de Haulte-mer comme suit : « il y fait si froid que le cri des hommes, les pleurs, le hennissement des chevaux gèlent en plein air et retombent sur le sol. Au printemps, ça fond… et on peut entendre des paroles fraîchement dégelées qui se promènent un peu partout dans l’air. »

Une autre histoire relatée en Nouvelle-France autour de 1558 nous vient de Marguerite de Navarre. « La nièce du célèbre voyageur Roberval, Marguerite, s’est engagée dans une idylle peu convenable avec un des membres de l’expédition. Roberval eut vent de l’affaire. Ces amours inconvenantes justifiaient à ses yeux un châtiment sévère. Marguerite fut débarquée sur un rocher désert, l’île aux Démons, avec son amant et sa vieille servante. Après la mort de son amant, de sa servante puis de l’enfant né de cet amour illégitime, Marguerite dut lutter contre les forces naturelles et surnaturelles qui l’assaillaient sans relâche. »

Plus près de nous, la genèse des îles du Saint-Laurent prend sa source dans la légende du Diable et du Bon Dieu. « Le Diable et le Bon Dieu étaient assis sur le Cap Diamant. En ce temps-là, tout était emmêlé. Dieu demanda au Diable d’aménager le fleuve Saint-Laurent et ses rives. Le diable se mit à l’ouvrage. Il creusa le fleuve, dispersa les caps, les rochers, les falaises, les plages. Une fois son œuvre achevée, il la regarda et en fut si fier qu’il défia Dieu d’en faire autant. Dieu s’en offusqua et déchaîna une tempête si épouvantable que le diable, pris d’une horrible frayeur, s’enfuit en courant vers la mer. Sous chacun de ses pas surgissait une île. C’est ainsi que naquirent les îles du Saint-Laurent. »

Selon Gaston Desjardins, la légende est une mise en fiction du monde. Elle est porteuse de mémoire et d’un héritage culturel issu de diverses communautés d’origine.
L’espace maritime québécois a toujours été propice aux manifestations d’un monde insolite : fées, sirènes, fantômes, esprits, etc. Pour les gens de l’époque, la mort est intimement liée au quotidien. C’est une fatalité oppressante. Selon la croyance, les naufragés errent éternellement sur les mers et le long des côtes.
Les rites et les croyances du XIXe siècle sont imprégnés du catholicisme. Pour éloigner le mauvais sort en mer, on utilise des chapelets, des crucifix, des chandelles. De plus, on évite de siffler et de sacrer...

Notre promenade dans l’imaginaire maritime s’achève ici. Si vous voulez continuer cette promenade, vous pouvez lire le livre de M. Gaston Desjardins, « La mer aux histoires », paru en 2007.

La philosophie et la mort, par Fernande Fournier

La mort est une inconnue car on ne peut en faire l’expérience qu’une seule fois, et il est alors trop tard.  L’être humain se sait mortel, il peut anticiper sa propre mort, contrairement à l’animal qui peut seulement, à l’approche de la mort, sentir qu’il va mourir. 

Jean-Claude SimardJean-Claude SimardC’est ainsi que, dans le cadre des conférences conjointes ADAUQAR et ARRUQAR de l’automne 2016, le philosophe retraité Jean-Claude Simard introduisait, le 23 septembre, sa conférence intitulée La philosophie et la mort.

Selon lui, notre conception de la mort dépend surtout de nos valeurs et de nos croyances.

Dans la religion chrétienne, par exemple, les rituels et les nombreuses cérémonies soulignent les grandes étapes de la vie. Trois croyances centrales guident ces actes : l’existence d’un être suprême, d’une âme (principe de vie) et d’une vie après la mort.  Pour cette religion, la résurrection des corps et le jugement dernier constituent d’importants actes de foi liés à la mort. 

Avec la baisse de la croyance religieuse, on assiste dans la société à une évolution des rituels, des valeurs et des croyances. Cette conception collective change les mœurs et se traduit de plusieurs façons.  À titre d’exemples, mentionnons le multiculturalisme religieux, le sort réservé au patrimoine religieux et le phénomène grandissant de la crémation.

Évidemment, nos positions sur ces questions varieront selon qu’on est catholique, croyant non traditionnel ou athée. Et ici, la science ne peut nous aider, car ce n’est pas son rôle de répondre aux interrogations fondamentales. Or, le caractère inéluctable de la mort pose justement trois questions existentielles particulièrement aiguës : la finalité de l’acte médical, la signification de la mort et, enfin, la valeur de la vie et son caractère potentiellement sacré.

Il se trouve que les nouvelles lois (provinciale et fédérale) sur les soins de fin de vie touchent directement ces trois questions.  Elles autorisent en effet l’aide médicale à mourir (AMM) : selon quels principes et au nom de quoi peut-on donner la mort ?

Pour aborder ces questions exigeantes, le conférencier a proposé d’utiliser l’attitude philosophique. Selon lui, elle implique d’abord empathie et respect des personnes. Elle doit également être dépassionnée. Mais une attitude respectueuse et dépassionnée n’exclut nullement le bon sens et le jugement critique et c’est en appliquant ces préceptes qu’il a proposé d’analyser les deux nouvelles lois.

Habituellement, une loi sanctionne l’évolution des mœurs et entérine un consensus social.

Déjà, en 2001, un sondage montrait que 57 % des Canadiens et 78 % des Québécois étaient favorables à une forme d’euthanasie. Le consensus de la population était donc assez large. Sans compter le fait que certaines personnes souffrant de maladies dégénératives, devant l’absence d'autorisation légale au Canada, avaient choisi de se rendre dans d’autres pays pour obtenir l’AMM, un tourisme de la mort qui avait alors suscité beaucoup d'indignation au Québec.

La loi provinciale 52 a en conséquence décriminalisé l’euthanasie active, qui consiste à provoquer intentionnellement la mort.  Elle le fait en s’appuyant sur six balises : la maladie doit être grave, incurable et causer des souffrances intolérables, la personne doit être majeure et apte à consentir aux soins, elle doit exprimer elle-même la demande, librement et en connaissance de cause (décision libre et éclairée), elle doit donner son consentement par écrit deux fois, et le faire en outre devant au moins un témoin ; enfin, l’acte doit être administré par un médecin.

Parmi les arguments défavorables, l’AMM suscitait d’abord des inquiétudes chez les personnes âgées, qui craignaient un dérapage et le risque d’être euthanasiées contre leur gré. Étant donné les balises sévères encadrant la loi, cela ne s’est pas produit. De plus, l’AMM est peu compatible avec le serment d’Hippocrate, dont l’objectif est la guérison des personnes malades et non leur mort. Pour respecter la finalité de l’acte médical, la loi prévoit que l’institution financée publiquement doit assurer le service d’euthanasie active, mais qu’on ne peut pas forcer un médecin à l’administrer personnellement. Selon ses valeurs ou ses croyances, le médecin peut ainsi devenir, en quelque sorte, un objecteur de conscience et, depuis l’adoption de la loi à la fin de l’année 2015, certains d’entre eux ont d’ailleurs refusé de l’appliquer et incitent à la prudence.

Parmi les arguments favorables à l’AMM, il faut citer d’abord la liberté du patient. Ici, il faut rappeler la logique qui anime les trois questions philosophiques fondamentales entourant la signification de la mort et, par le fait même, le sens de la vie : l’origine de l’homme (d’où venons-nous?), sa destinée (où allons-nous?) et sa nature (qui sommes-nous?). Selon nos valeurs ou nos croyances, on apportera des réponses différentes à ces questions. En donnant au patient un pouvoir sur sa vie et en stipulant que la  décision d’y mettre éventuellement fin lui revient, la loi a clairement pris position et exclu une position religieuse faisant relever la vie de Dieu seul : chacun est maître de sa vie. Cette autonomie prend en compte une autre valeur : la dignité de la personne. Parmi les autres arguments favorables, on peut aussi relever le fait que la loi voulait éviter la possibilité d’euthanasie clandestine en la décriminalisant, pour la personne qui n'a plus de qualité de vie ni d'espoir.

Pour sa part, la loi fédérale C-14, postérieure, a décriminalisé le suicide assisté, c’est-à-dire le fait d’aider quelqu’un à se donner la mort. La Cour suprême avait avancé comme argument que le fait de ne pas l’autoriser aurait porté atteinte à la dignité de la personne en fin de vie et aurait donc été discriminatoire en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés. Puisqu’une loi fédérale a préséance sur la législation des provinces, le Québec a dû ajuster sa loi 52 en juillet dernier.

En définitive, les deux formes d’aide médicale à mourir, qu’on parle d’euthanasie active ou de suicide assisté, prennent pour acquis que la vie appartient aux individus. On donne le droit à chaque être humain de décider par lui-même de sa sortie, en tenant compte, évidemment, des balises légales.

En terminant, Jean-Claude Simard a rappelé une dernière fois le mystérieux extrait de Hamlet, par lequel il avait ouvert son allocution : « La mort, (…) cette contrée inexplorée d’où nul voyageur ne revient. » 

Le Prix de reconnaissance Raymond-Saint-Pierre 2016 remis à Mario Bélanger

Le prix de reconnaissance Raymond-Saint-Pierre a été remis pour l'année 2016 à M. Mario Bélanger. Ce prix souligne la contribution particulière d'une personne au développement de l'Association des retraités et retraitées de l'UQAR.

Mario Bélanger et Réjean MartinMario Bélanger et Réjean Martin« L'engagement de Mario Bélanger pour le développement des activités et des services de l'ARRUQAR est remarquable pour ce jeune retraité », explique le président sortant de l'Association, M. Réjean Martin, qui lui a remis le prix.

Dès le début de sa retraite à l'UQAR, Mario a naturellement intégré l'équipe du journal L'R du temps, en plus de collaborer au site internet de l'Association, notamment pour les comptes rendus des conférences organisées conjointement avec l'ADAUQAR.

Très actif dans les activités sociales de l'ARRUQAR, il est responsable de la Journée de tourisme culturel qui a lieu l'été, il collabore activement à l'organisation de la Fête de Noël et il participe régulièrement aux déjeuners mensuels de l'association. À l'écoute des projets qui lui semblent d'intérêt pour ses collègues retraités, il n'hésite pas à s'engager dans la réalisation de ceux-ci. Ainsi, il a accepté d'organiser une Promenade à travers les sculptures de l'artiste Roger Langevin, en juin 2016.

Amateur de voyages et de découvertes, Mario a participé à quelques voyages organisés par nos collègues retraités du réseau de l'Université du Québec, aux États-Unis et en Italie.

Réjean Martin a conclu ainsi son message : « Mario, je te souhaite de conserver ton enthousiasme et ton énergie afin d'en faire profiter tes collègues retraités pendant de nombreuses années. »

Au volant de ma santé, par Fernande Fournier

Il n'y a pas d'âge pour se conformer aux règles de la sécurité routière. Cependant, chez les personnes aînées, la conduite sécuritaire peut être particulièrement liée à l’état de santé.Marie-Claude BretonMarie-Claude Breton

Ainsi, Mme Marie-Claude Breton, conseillère régionale en sécurité routière à la Société de l’assurance automobile du Québec, a développé une expertise sur les relations entre la santé et la conduite automobile chez les aînés. Elle s'intéresse aussi aux habiletés requises qui permettent d’avoir une bonne technique de conduite.

Sa conférence, intitulée : « Au volant de ma santé », a été présentée à l’UQAR-Rimouski, le 19 février dernier, à l’invitation de l’Association des aînés et de l’Association des retraités de l’UQAR.

Selon les statistiques de 2014, on compte au Québec 18 % de titulaires de permis de conduire de 65 ans et plus.  De ce nombre, 11 % sont impliqués dans des accidents de la route.  Chez les jeunes, le nombre de titulaires est de 9,6 % et 20 % sont impliqués dans des accidents routiers.

La conduite automobile est une activité complexe qui sollicite plusieurs parties du corps.  Pour conduire, il faut avoir une bonne vision, être capable de bouger avec facilité toutes les parties du corps, non seulement les bras et les jambes, mais aussi le cou et le tronc.  Il faut également avoir une bonne mémoire et un bon jugement.

D’autres éléments peuvent affecter la capacité de conduire : alcool, drogues, médicaments, fatigue, insomnie, distraction, stress, émotions négatives, etc.

Certaines mesures préventives peuvent réduire les risques d’accident : circuler en dehors des heures de pointe, éviter les rues achalandées, planifier les longs trajets et prévoir des périodes de repos, éviter de conduire la nuit et par mauvais temps, éviter de conduire lorsqu’on ne se sent pas bien ou qu’on prend des médicaments qui peuvent diminuer notre concentration ou occasionner de la somnolence.

Le permis de conduire ne doit pas être considéré comme un droit acquis.  C’est un privilège dont le principe d’utilisation repose sur le respect de soi et des autres usagers de la route.

L’article 95 du Code de la sécurité routière oblige le titulaire d’un permis de conduire à informer la Société de tout changement à son état de santé dans les 30 jours suivant ce changement.

À partir de 75 ans, puis à 80 et à tous les deux ans par la suite, la SAAQ exige que le titulaire d’un permis soit soumis à un examen médical et optométrique.  Pour ce faire, la Société fait parvenir une lettre explicative avec les formulaires à remplir.  Ces formulaires, remplis et signés par les professionnels de la santé concernés, doivent être retournés dans un délai de 90 jours.  Ensuite, la Société analyse le dossier et informe le titulaire du permis de sa décision.

Peu de personnes voient leur permis de conduire suspendu à la suite de cette évaluation (environ 1 %). Cependant, pour plusieurs, des conditions sont ajoutées à leur permis de conduire, comme : conduire de jour seulement, porter des verres correcteurs pour conduire, ne pas conduire sur l’autoroute, etc.

Selon le rapport de l’examen médical ou visuel, une évaluation des compétences peut être exigée, soit dans un centre de services (un test sur route), ou soit par un ergothérapeute.

En revanche, si on ne peut plus conduire, d’autres options s’offrent à nous : l’autobus ou les autres formes de transport en commun, le covoiturage avec des amis et des membres de la famille, le taxi, les services d’accompagnement offerts par des organismes communautaires, le transport adapté, etc.

De nouvelles législations sont apparues au cours des années. Par exeb;.mple : le port de la ceinture de sécurité obligatoire (1976), les sièges d’auto pour enfants, les cours de conduite obligatoire, les pneus d’hiver (dates à respecter), le corridor de sécurité lors d’une intervention (2012), le virage à droite sur un feu rouge, etc.

Que l’on soit piéton, cycliste ou automobiliste, la signalisation routière est un élément indispensable pour assurer notre sécurité. La forme et la couleur des panneaux de signalisation déterminent le type d’information qu’ils diffusent. 

Pour en savoir plus à ce sujet, on peut consulter les dépliants et brochures de la SAAQ. Deux documents d’apprentissage (disponible aussi en version électronique) sont recommandés pour l’acquisition de connaissances théoriques liées à la conduite d’un véhicule de promenade : « Le Guide de la route » et « Conduire un véhicule de promenade ».  Ces documents sont en vente aux Publications du Québec et dans la plupart des librairies.

Vous trouverez sur le site de la SAAQ (www.saaq.gouv.qc.ca) un jeu-questionnaire intitulé : « Testez vos connaissances ».  Il s'agit de répondre à 30 questions qui portent sur la sécurité routière. Notons aussi que des écoles de conduite accréditées offrent des cours de perfectionnement sur mesure pour nous aider à adapter notre conduite.

Enfin, les brochures « La sécurité routière n’a pas d’âge » et « Au volant de ma santé » sont disponibles sur le site de la Société de l’assurance automobile du Québec. 

Soyons prudents!  Mieux vaut prévenir que guérir!

Les Grottes de Guacharo, par Gaston Dumont

Près de la petite ville de Caripe, dans le nord-est du Venezuela, on retrouve les plus grandes et les plus longues grottes de ce pays. Elles furent découvertes en 1799 par l'explorateur allemand Alexander von Humboldt. On y retrouve des stalagmites et des stalactites très ouvragées auxquelles l'imagination des visiteurs a donné des noms évocateurs d'animaux, de plantes ou d'humains.

Toutefois, ce qui en fait une attraction fort prisée dans la région, allant jusqu'à lui donner son nom, ce sont surtout les oiseaux qui y habitent : plus de 15 000 guacharos des cavernes! Cet oiseau nocturne, dont les ailes ont une envergure d’un mètre, a un comportement fort similaire aux chauves-souris : ils sont aveugles et se dirigent par écholocalisation.  À noter aussi qu'ils sont monogames et que les deux parents se partagent les tâches pour s’occuper des rejetons.

À la tombée de la nuit, la sortie des oiseaux de ces grottess est très bruyante et si impressionnante que le grand cinéaste Alfred Hitchock a enregistré ces cris pour son film Les Oiseaux. Nous avons assisté, dans la pénombre, à ce spectacle assourdissant. Les oiseaux vocalisent en groupe pendant près d'une heure à l'embouchure des grotte avant de s’envoler, réintégrant leur caverne vers 4 h du matin, après s’être nourri de fruits. Exclusivement frugivores, ils avalent les fruits entiers et expulsent ainsi une quantité impressionnante de guano (excréments d'oiseaux), qui s'amoncelle dans les cavernes.

Le lendemain matin, nous sommes retournés sur les lieux et avons pénétré dans une énorme caverne accompagnés d'une guide équipée d’un fanal au naphta et d’une lanterne éclairant seulement le sol, car la lumière dérange les oiseaux. C'est donc un peu à tâtons que nous avons parcouru en deux heures les 1200 mètres de galeries accessibles aux visiteurs, sondant le sol du bout du pied, allant parfois jusqu'à ramper pour avancer.  Interdit aux claustrophobes!

Il va sans dire que les photos sont interdites dans la partie habitée par les Guacharos. Nous n'avons pu prendre des photos qu'aux endroits où il n'y avait pas d'oiseaux, soit à l'entrée de la grotte ou encore là où les rétrécissements de la galerie rendaient l'accès impossible aux oiseaux.

Passion - Apprendre l'italien : pourquoi pas ?, par Mario Bélanger

Mi piace molto parlare italiano. Apprendre une nouvelle langue, passé le cap des 60 ans, est-ce possible ? Et pourquoi pas ? C'est le défi que nous nous sommes lancé, ma conjointe et moi, en vue d'un voyage éventuel en Italie.

L'Association des aînés de l'UQAR offrait justement, durant l'hiver 2016, un cours d'italien pour débutants. Nous y avons trouvé un petit groupe de neuf personnes désireuses de se familiariser avec cette belle langue chantante. En plus, l'animateur, Alexandre Clément, un polyglotte surprenant, s'est révélé être un guide dynamique et stimulant.

Ainsi, chaque semaine, nous avions rendez-vous pour un cours de deux heures intensives, en plus des exercices à faire à la maison. Il y avait des dialogues à essayer de comprendre, des chansons, des phrases utiles, des jeux, des devinettes, etc. Pas de travaux obligatoires ni d'examens, mais, en adultes consentants, nous avons tous besogné fort pour nous améliorer. L'atmosphère était joviale, conviviale.

Comme je me débrouille déjà en espagnol, j'étais un peu craintif de mélanger ces deux langues latines qui se ressemblent. Oui, c'est un peu ce qui arrive, parfois, mais, en général, j'ai l'impression que le cerveau réussit à aménager un petit espace distinct pour chacune des langues qu'on apprend.

Loin de moi l'idée de prétendre que je parle couramment l'italien maintenant, mais cette langue m'est beaucoup plus familière. Avec plaisir, je réussis à saisir de nombreux mots et plusieurs tournures quand j'entends ou que je lis de l'italien.

Aimeriez-vous en apprendre un peu sur les particularités de la langue italienne ? Tiens! Je vous résume une douzaine de découvertes que j'ai faites.

1) On connaît déjà une belle série de mots qui proviennent directement de l'italien, notamment dans l'alimentation (pizza, spaghetti, salami, brocoli, cappuccino, etc.) et en musique (concerto, piano, tempo, crescendo, adagio, allegro, scherzo, soprano, ténor, solfège, arpège, trémolo, opéra, diva, maestro, duo, fugue, improviser, etc.). On peut également ajouter : casino, confetti, fiasco, graffiti, incognito, paparazzi, scénario, virtuose, etc. Sans oublier : Bravo!

2) Regardez dans un dictionnaire français-italien, vous constaterez facilement que la moitié des mots se ressemblent entre ces deux langues. Avec de petites différences dans l'écriture et la prononciation, ce qu'il est nécessaire d'apprendre... Ainsi, chanson devient canzone; penser se dit pensare; observer : osservare; trop : troppo; participation : partecipazione, lundi : lunedì. Ça paraît que ce sont deux langues qui ont le latin comme mère génitrice. Avouez que ça facilite l'apprentissage, si on compare avec l'allemand ou le japonais.

3) Et maintenant, ça se complique! Voici venir les faux amis. Ce sont des mots qui se ressemblent, mais qui ont un sens différent. Par exemple, piano veut dire étage (comme nom) ou doucement (comme adverbe). Macchina peut signifier machine, mais aussi une voiture. Patente, c'est le permis de conduire. Sentire peut autant être l'équivalent des verbes sentir et entendre. (Sentire la musica.) Guardare, ce n'est pas garder, c'est regarder. Colazione, c'est le petit-déjeuner. Morbido n'a rien de morbide, c'est souple, délicat. Solito n'a pas le sens de solitaire, mais de familier, habituel.

4) Signalons qu'une partie du vocabulaire italien est complètement différente du français. Simplement dans l'alimentation, par exemple : fraise (fragola), framboise (lampone), pomme (mela), céleri (sedano), oignon (cipolla), champignons (funghi), tomate (pomodoro), porc (maiale), boeuf (manzo), mouton (pecorino), veau (vitello).

5) Comme en français, l'italien utilise les genres masculin et féminin. La grande majorité des mots ont le même genre qu'en français, mais attention, il y a quelques exceptions. Par exemple, la mer (il mare) est masculin et le navire (la nave) est féminin. Pour ce qui est du pluriel, un grand nombre de mots masculins qui se terminent en o ont leur pluriel en i (bambino, bambini : enfant, enfants) alors que les mots féminins en a signalent le pluriel en e (scuola, scuole : école, écoles).

6) La conjugaison des verbes en italien n'est pas de tout repos. Beaucoup de verbes se déclinent de façon assez logique. Mais, comme en français, il y a de nombreux verbes irréguliers. Et ce sont les plus courants, bien sûr! En plus, on retrouve le subjonctif présent… et imparfait (comme : que je trouvasse, che trovassi).

7) Ce qui est surprenant, c'est que pour exprimer le « vous de politesse » en italien, quand on s'adresse à une personne âgée ou en autorité par exemple, c'est la 3e personne du singulier féminin que l'on utilise (et non la 2 e du pluriel). D'ailleurs, on le fait parfois en français : au lieu de «Prendrez-vous... », on dira : « Sa Majesté prendra-t-elle du café ? »

8) Les Italiens ont réglementé leur écriture phonétique d'une manière différente du français. Ainsi, devant une voyelle molle comme e ou i, ge- se prononce « djé » et gi- se prononce « dji ». Pour avoir en italien l'équivalent de «gue- » ou «gui- », il faut écrire « ghe » ou « ghi ». (Comme dans spaghetti.) Par contre, quand on connaît la prononciation de tel groupe de lettres, ça se prononce presque toujours de la même façon. Très peu d'exceptions. À noter : les Italiens doivent faire beaucoup moins de fautes que les francophones...

9) Plonger dans une nouvelle langue, c'est toujours l'occasion de découvrir des expressions inusitées. Ainsi, en italien, l'expression « il n'y a pas un chat » se traduit par Non c'è un cane (il n'y a pas un chien). On ne dit pas « jeter un coup d'œil », mais Dare un'occhiata (donner un coup œil). « Ça vous va comme un gant » se dira plutôt Le va a pennello (ça vous va au pinceau). Au lieu de « Touchez du bois », les Italiens diront : Tacca ferro (touchez du fer..., ce qui est plus… résistant).

10) Quand on apprend un nouveau mot, on peut l'appliquer à différents endroits. Par exemple, sotto, ça veut dire sous. Alors, on apprend sottosuolo (sous-sol), sottobosco (sous-bois) ou sottoalimentato (sous-alimenté).

11) Apprendre une langue, c'est aussi découvrir la signification de certains noms de famille, comme ceux de Serge Fiori (Les fleurs), de Pierre Foglia (La feuille) ou de Silvester Stalone (L'étalon)... April (Avril) et Vignola (Petite vigne) sont aussi des noms d'origine italienne.

12) Je garde la meilleure pour la fin. Sur une bouteille de bon vin italien (La Paccio), il est écrit, en français et en anglais, qu'il s'agit d'un « vin de couleur profonde, aux arômes de cerises et de prunes ». (Cherry and plum, en anglais). Mais il y a aussi, sur la même bouteille, la version italienne, qui indique que c'est « un vino dal colore rosso intenso con sentori di mora e vaniglia » Ça se traduit ainsi : un vin de couleur rouge intense, avec des arômes de mûres et de vanille... Oups!

Arrivederci! 

Conférence sur le Caucase : zone turbulente, par Gaston Dumont

Le 8 avril 2016, les professeurs retraités de l’UQAR Yves Dion et Vélitko Velikov ont présenté une conférence sur le Caucase. Située en Eurasie, cette vaste région, dont nous entendons parler surtout lorsqu’il y a des troubles sociaux, est relativement méconnue. Les tensions qui y règnent peuvent s’expliquer par la présence sur le territoire d’une cinquantaine d’ethnies, avec pas moins de 102 langues et une mosaïque de religions, dont les principales sont les cultes chrétiens et musulmans.

Les conférenciers ont visité en 2014 trois pays du Caucase, sur une période de trois semaines : l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Arménie. À l’époque des tsars, la région constituait le verger de la Russie et servait de station balnéaire.  La Première Guerre mondiale a grandement bouleversé la région, qui a subi par la suite une industrialisation à la soviétique sans liens avec ses potentiels. À la période postsoviétique, au début des années 1990, ces pays se sont retrouvé sans industrialisation et ont tenté difficilement de reconvertir leur économie.  Aux conflits politiques et à la détérioration de l’économie s’est ajoutée, comme conséquence, une émigration importante qui a touché les trois pays.

L’Azerbaïdjan est la plus peuplée des trois régions, avec au delà de 9 millions d’habitants dont le tiers demeure dans la capitale, Bakou. Ses réserves de pétrole et de gaz lui assurent une certaine richesse et représentent les seuls investissements extérieurs de la région. Par contre, on ne se soucie pas trop de développer des secteurs alternatifs pour le futur. L’architecture y est diversifiée et caractérisée par la présence de nombreux balcons.

La Géorgie compte 4 millions et demi d’habitants. Elle a vécu une crise nationale en plus de subir une importante lutte d’influence entre Moscou et les Occidentaux. Elle peine à restructurer son économie. Son patrimoine architectural est constitué d’édifices religieux.

L’Arménie est le plus petit pays des trois, avec un peu moins de 3 millions d’habitants dont 38 % demeurent dans la capitale, Erevan.  Le christianisme y est la religion officielle. Rappelons qu'un génocide a eu lieu en 1915 et 1916. Plus de 1,2 million d'Arméniens ont alors été exterminés de différentes façons par les Turcs. Cette extermination était en marche depuis plusieurs années, mais elle a connu son apogée durant la Première Guerre. Les causes en sont relativement complexes. L’Arménie compte beaucoup sur la diaspora pour sa survie. Le sud du pays a une production viticole qui remonte à près de 4000 ans. De nos jours, un conflit ouvert existe entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, entre autres pour le contrôle du Haut-Karabakh, peuplé principalement d’Arméniens.

Passion - Cultiver son jardin, par Fernande Fournier

Selon le dictionnaire de l’Académie française, l’horticulture est un art. C’est l’art de cultiver les jardins, de pratiquer la culture des légumes, des fleurs, des arbres ou des arbustes fruitiers et d’ornement.

Vous l’aurez deviné.  Je suis passionnée par la plantation et l’entretien des végétaux de toutes sortes.  Dès que le soleil se pointe au printemps, je m’imagine déjà dans mes plates-bandes et dans mon jardin potager.  Avez-vous déjà savouré une tomate fraîchement cueillie du jardin ? Ou encore des fraises, des framboises et des bleuets que vous avez cultivés avec amour ?  Même la culture de plantes comestibles et de fines herbes agrémentent nos plats. Non seulement ces végétaux ne contiennent pas de produits de synthèse, mais en plus, leur goût est incomparable.

Et que dire des arbres, des arbustes et des fleurs qui se parent de leurs plus beaux atours, à la condition d’être placés au bon endroit.  Eh oui!  Certains préfèrent le soleil, d’autres l’ombre… Certains exigent une terre riche, d’autres un sol pauvre… Certains réclament beaucoup d’eau, d’autres très peu…

Afin d’améliorer mes connaissances, je me suis inscrite à des cours offerts par l’Association des aînés de l’UQAR pour mieux connaître les plantes.  Entre autres, j'ai suivi des cours portant sur les sols, sur la multiplication des plantes, sur le potager, sur les principes d’un aménagement réussi.  Ces ateliers, donnés par Mme Patricia Gallant, des Jardins de Métis, ont été vraiment éclairants pour moi.

Par ailleurs, plus j’en apprends sur l’horticulture, plus je me rends compte que cet art est toujours en mouvement avec ses nouveaux cultivars plus colorés, plus rustiques, plus résistants aux maladies, etc.

J’ai la chance de posséder un grand terrain en campagne.  L’espace n’est donc pas une contrainte pour moi.  Mais savez-vous que plusieurs végétaux peuvent être cultivés facilement dans un contenant, sur une terrasse ou un balcon ?  Les pépinières et les centres de jardinage regorgent de nouveautés adaptées aux petits espaces.

Cette année, pour une cinquième saison estivale, je travaille dans une pépinière.  Ma fonction principale consiste à conseiller les personnes quant au choix des arbres, des arbustes et des fleurs vivaces qui sont à privilégier pour un endroit donné.  De surcroît, j’entretiens minutieusement ces beautés de la nature afin qu’elles soient bien nourries et à l'abri d’insectes indésirables ou de maladies. C’est un milieu de travail incomparable puisqu’il est toujours fleuri. C'est comme si je recevais des fleurs chaque jour…

Il est prouvé que la pratique quotidienne du jardinage stimule à la fois le physique, le mental, les sensations et les relations. Bref, prendre soin des plantes et de son jardin, c’est bon pour la santé !  Les Français n’hésitent pas à parler d’hortithérapie pour décrire l’action du jardinage sur notre santé globale. Aussi, le jardinage nous fait profiter de tous les bienfaits de l’exposition au soleil et des activités de plein air.

Le jardinage permet de bouger tout en étant contemplatif. Et croyez-moi, après avoir passé une longue journée au grand air, les mains dans la terre, le sommeil ne tarde jamais à venir.

De travailleur... à retraité... à bénévole... à heureux..., par Richard Fournier

Je travaillais encore à l'UQAR, comme graphiste, lorsque j'ai commencé à faire du bénévolat. Treize années se sont écoulées depuis, et je suis encore là, le lundi soir de 18 h 30 à 21 h 30, et même plus, pour l'Association du cancer de l'Est du Québec, à l'Hôtellerie Omer-Brazeau de Rimouski.

Parler de bénévolat, c'est parler aussi des expériences vécues qui nous ont amenés à donner du temps à des gens qui vivent des moments difficiles. En 1986, ma femme Claude, qui travaillait à cette époque comme secrétaire pour notre syndicat à l'UQAR, a reçu un diagnostic de cancer. Elle a passé quatre semaines à Québec pour des traitements de radiothérapie, pour guérir un cancer du sein. Elle avait accouché seulement quelques mois auparavant.

En 1990, après une rencontre avec M. Omer Brazeau, elle s'est impliquée bénévolement dans un nouveau projet. M. Brazeau voulait instaurer à l'Hôpital de Rimouski des traitements de radiothérapie pour soigner efficacement des gens atteints de cancer. En plus, il souhaitait construire une hôtellerie, annexée à l'hôpital, qui pourrait accueillir et héberger des gens de la Gaspésie, de la Côte-Nord et de tout le Bas-St-Laurent. Ces gens n'auraient plus à s'exiler à Québec pendant quatre à sept semaines, loin de leur famille, pour recevoir ce qu'il leur est dû, soit des traitements à la fine pointe de la technologie. L'hôtellerie est devenue aujourd'hui un outil indispensable dans notre région.  

Quelques années après le décès de Claude, qui a été victime d'une récidive de son cancer, j'ai suivi en 2003 une formation pour être bénévole au groupe d'entraide et d'accompagnement Perce-Neige. Être bénévole Perce-Neige, c'est s'engager pour une mission de mieux-être envers les personnes touchées par le cancer. Ce rôle, nous le jouons à l'Hôtellerie, au centre de cancer de l'hôpital, mais aussi chez les gens qui en font la demande. Notre but premier est l'écoute, l'entraide, le soutien et l'information pour la personne qui est en traitement et celui ou celle qui l'accompagne. 

Je me rappelle avoir dit à la monitrice, lors de ma formation, que je voulais m'impliquer à rencontrer des personnes, pas des « malades ». Mes amis me demandent souvent : « ça ne doit pas être drôle là... ». Pourtant, je peux dire que j'ai vécu à cet endroit des moments de rigolades et de  fous rires avec des gens généreux et ouverts aux autres. J'ai pu voir se développer des amitiés sincères. À la fin des traitements, certains départs sont déchirants.

Mon temps à l'Hôtellerie consiste à rencontrer les personnes qui y demeurent pendant des semaines, à vivre un moment de vie avec elles, à discuter simplement, à partager leurs préoccupations. Ce sont des personnes qui doivent non seulement réorganiser toute la routine de leur vie quotidienne, mais surtout, recevoir la chimiothérapie ou la radiothérapie, et parfois les deux en même temps. Ces personnes sont souvent accompagnées de leur mari ou de leur femme, mais on trouve aussi des gens qui sont tout seuls dans cet épreuve.

Ce que toutes ces personnes vivent frise l'extrême. C'est leur vie qui est en jeu. Mais lorsque tu les côtoies, tu te rends compte qu'elles sont toutes extrêmement courageuses et qu'elles veulent à tout prix recouvrer la santé. Lors de mes rencontres, rares sont les personnes qui te parlent de leur état de santé actuel. Elles préfèrent de beaucoup discuter de la vie, des expériences qu'elles ont vécues. Les personnes qui vivent à l'Hôtellerie partagent entre elles la sincérité, la compassion et l'entraide. Il n'y a plus de classes sociales, elles se retrouvent là toutes sur le même pied.  

On dit souvent que le monde est petit : il y a parfois des gens qui se sont connus il y a très longtemps, soit pour le travail ou pour d'autres occasions, et qui, par hasard, se revoient là, aujourd'hui, aux prises avec une problématique de cancer.

Si, par mon action, j'ai l'impression d'avoir pu faire oublier à ces personnes ne serait-ce qu'une minute leur situation de malade, je suis le plus heureux des hommes. Lorsque que je quitte l'Hôtellerie en fin de soirée, j'ai toujours ce sentiment au cœur d'avoir reçu beaucoup plus que ce que j'ai donné.

J'ai beaucoup de respect pour le dévouement de bénévoles pour des causes aussi nobles que la Maison Marie-Élisabeth, Moisson Rimouski-Neigette, Centraide, et plus encore, pour tous ceux et celles qui s’impliquent pour des clubs sociaux, sportifs et autres. Un constat s’impose : s'il n'y a plus de bénévolat, il n'y a plus d’organismes viables.

En te remémorant le fil de ta vie, tu constates qu'elle a été bonne pour toi, même avec des petits problèmes de santé ou des ennuis financiers. Si tu le veux, tu peux te tourner vers ceux et celles qui ont vraiment besoin d'aide. Lorsque tu t'approches de ceux qui souffrent physiquement et psychologiquement, ton sentiment d'être en vie est encore plus grand et tu l'apprécies davantage. Aider l'autre te rend plus vivant, plus satisfait.

Chacun peut donc jouer un rôle dans notre société. Il s'agit de chercher et de trouver là où on sera le plus utile. Et ayant trouvé ce domaine d'intérêt, une implication bénévole rapportera tellement de bonheur. Donc, soyez heureux...