Pour atteindre ses objectifs, la Chaire de recherche du Canada en innovation sociale et développement des territoires a élaboré une programmation de recherche qui se divise en trois axes. 

Axe 1 : Conditions et trajectoires de vie de plusieurs groupes sociaux : les jeunes, les nouvelles populations et les aînés en région non métropolitaine

Le premier axe de la programmation de recherche porte sur l’analyse des conditions de vie et des trajectoires d’individus et de groupes diversifiés (les jeunes, les aînés et les nouvelles populations résidentes), ainsi que sur les défis qui se posent relativement aux caractéristiques des territoires.

L’objectif poursuivi  à travers cet axe est de comprendre et d’expliquer ces conditions de vie et ces trajectoires, et d’explorer de quelle façon des interventions en innovation sociale peuvent les améliorer. À cet égard, l’approche préconisée ne se limite pas à reprendre une classification purement économique et nationale dans l’analyse de phénomènes sociaux, telle que la pauvreté, mais de saisir la multi-dimensionnalité de ces phénomènes, en s’attardant aux processus qui leur sont propres, à leur manifestation à différentes échelles spatiales et dans une variété de domaines d’activités. Cette multi-dimensionnalité impose de se concentrer sur la combinaison dynamique des caractéristiques individuelles, familiales et communautaires qui conduisent à la formation de trajectoires d'inclusion ou d'exclusion.

Par exemple, la question de la mobilité est une caractéristique spatiale à étudier de façon spécifique aux milieux non métropolitains. En effet, les contraintes à la mobilité s’ajoutent aux autres variables, telles que familiales et individuelles, qui façonnent les conditions de vie des individus, notamment les adolescents et les aînés.

Axe 2 : Organisations et dynamiques d'acteurs dans les processus d'innovation sociale (IS)

Le deuxième axe consiste à relever et à répertorier les initiatives mises en place par des organisations voulant répondre à ces besoins de manière innovante sur le territoire. Il peut s’agir d’associations, d’entreprises du secteur privé, d’entreprises collectives et d’économie sociale, d’institutions (commissions scolaires, centres de santé et de services sociaux, etc.), impliquées directement ou indirectement dans le développement par le biais d’initiatives socioterritoriales.

À travers des études de cas, la Chaire ISDéT étudie les différentes formes que peuvent prendre ces initiatives ainsi que les modalités de participation des individus et des groupes dans la gestion quotidienne des organisations. Pour y parvenir, il est essentiel de s’attarder à saisir les dynamiques d’acteurs qui participent à l’intégration et à l’inclusion des populations ciblées. En d’autres mots, il s’agit ici plus particulièrement de comprendre les formes de la micro-gouvernance de l’IS lorsque celle-ci prend forme au sein et parmi les organisations.

Cette micro-gouvernance concerne entre autres la gestion interne des processus menant à l’IS, par la précision des enjeux et des contraintes; les questions de la pérennité des IS, à travers les processus d’apprentissage au sein de l’organisation et entre les organisations; le rôle et les relations des différents acteurs au sein et entre les organisations. La prise en compte du territoire permet ici d’expliquer les conditions et les processus qui favorisent ou limitent la capacité d’action des acteurs, ainsi que celles des populations plus vulnérables.

Axe 3 : Innovation sociale et gouvernance multiniveaux

Bien que la dimension territoriale traverse la programmation de la Chaire ISDéT, ce troisième axe lui est particulièrement dédié, de façon à se concentrer sur les mécanismes territoriaux pouvant contribuer aux processus d’IS et à sa diffusion, ainsi qu’à analyser les influences réciproques du territoire et de l'IS.

Les recherches menées tentent de faire le lien entre la gouvernance des IS et la gouvernance territoriale, de façon à mieux observer et comprendre les enjeux de coordination des initiatives porteuses d’IS. Elles questionnent comment, dans un sens, les conditions de circulation et de diffusion des innovations sociales entre les organisations sont influencées par les caractéristiques de la gouvernance territoriale. Et comment, en retour, la circulation de l’IS entre les organisations participe à la transformation des modalités de gouvernance territoriale.

Cet axe se distingue par sa forte dimension appliquée, qui exige de faire appel davantage que dans les autres axes à la recherche participative pour s’associer au travail d’une pluralité d’acteurs : municipalités, municipalités régionales de comté (MRC), tables de concertation, etc., et plus particulièrement dans le contexte actuel de recomposition du système de gouvernance territoriale et régionale au Canada et au Québec. Ce contexte permettra par ailleurs d’observer l’élaboration de nouvelles pratiques et instances de coordination des acteurs.