Diplômée de l’UQAR au baccalauréat en développement des sociétés et territoires, Marianne Poirier met au service des collectivités rurales du Bas-Saint-Laurent son expertise pour un projet touchant aussi bien la santé, le bien-être, l’environnement et la sécurité alimentaire. À titre d’agente de projet pour Moisson Rimouski-Neigette, elle développe des ateliers culinaires pour les jeunes en milieu rural.

En collaboration avec l’organisme COSMOSS Rimouski-Neigette, Marianne Poirier poursuit l’objectif d’intégrer de saines habitudes alimentaires et de vie aux jeunes des municipalités rurales qui présentent certaines conditions de dévitalisation : exode des jeunes, sédentarité de la population, le manque d’accès aux services, etc. Financé par la Direction de la Santé publique du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, le projet est en résonnance avec la mission de Table intersectorielle en saines habitudes de vie du Bas-Saint-Laurent et avec des enjeux sociaux de l'heure, le mouvement écologique « manger local ».

« La population de certains villages du Bas-Saint-Laurent vit dans des déserts alimentaires, des milieux où il n’y a pas de commerces alimentaires dans un rayon de 16 kilomètres. Les ateliers culinaires que nous développons avec une nutritionniste du CISSS du Bas-Saint-Laurent s’inscrivent dans le Plan d’agriculture urbaine de la MRC de Rimouski-Neigette.  Ce plan vise à mettre sur pied une MRC nourricière, où les projets de proximité comme des jardins communautaires, des cuisines collectives et des vergers d’arbres fruitiers sont mis de l’avant », précise Mme Poirier.

À l’instar du baccalauréat en développement des sociétés et territoires, cet emploi permet à Marianne Poirier de toucher à la multidisciplinarité du développement territorial. « Une des conditions gagnantes est un développement local PAR et POUR les gens qui vivent dans les collectivités rurales. Ma formation m’a permis d'aborder les enjeux sociaux et territoriaux à partir de ces différents points de vue, afin d’avoir une perspective complète et critique des réalités étudiées », explique-t-elle.

La diplômée de l’UQAR œuvre également au projet Fruits Partagés, qui vise à approvisionner les services d’aide alimentaire de Moisson Rimouski-Neigette en fruits et légumes frais. Des bénévoles sont jumelés avec des propriétaires d’arbres fruitiers, de potagers ou des producteurs et productrices agricoles qui disposent de surplus pour la cueillette. « Les questions de souveraineté alimentaire et de gaspillage des denrées sont intimement liées au développement social des communautés. Même après ma formation universitaire, cette expérience me permet de continuer à progresser dans l’intégration des acquis de différentes disciplines, mais aussi de confronter les acquis théoriques et la réalité vécue sur le terrain », indique-t-elle.

Le développement territorial est souvent associé au développement économique local. Toutefois, ce champ d’études va bien au-delà de la discipline économique : anthropologie, sociologie, géographie, sciences politiques, économie, histoire et environnement sont autant de matières abordées dans le baccalauréat en développement des sociétés et territoires. « Les professeurs et professeures qui interviennent dans le programme viennent de tous les horizons : des juristes, des politologues, des spécialistes en environnement et en sociologie, etc. L’interdisciplinarité est d’une importance majeure, car elle nous permet d’observer la réalité à travers différentes lunettes et d'avoir ainsi une vue d’ensemble pour mieux la comprendre », résume Mme Poirier.