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Les troubles du spectre de l’autisme, ce n’est pas que les garçons!

Elsa Gilbert, Ph. D., neuropsychologue pédiatrique, est professeure au département des sciences de la santé.

Au Québec, environ 1 % des enfants de 4 à 17 ans présenteraient un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

Considérés comme un trouble neurodéveloppemental, les TSA impliquent des particularités de la communication et des interactions sociales combinées à la présence de comportements restreints et stéréotypés. Cette condition persiste tout au long de la vie et les manifestations varient à travers le temps, d’une personne à l’autre et selon le sexe. Depuis de nombreuses années, le TSA est perçu comme une condition majoritairement masculine avec un ratio de 4 hommes pour 1 femme. Or, un nombre croissant de recherches explique cette sous-représentation par une méconnaissance de l’expression différente de l’autisme chez les femmes.  

Un profil différent…mais comment?

Les connaissances scientifiques identifient des spécificités du profil féminin autant dans le fonctionnement du cerveau que dans les caractéristiques typiques de l’autisme. En enfance, il est possible de constater que les garçons et les filles autistes jouent différemment. Les filles ont tendance à jouer par imitation et ont un imaginaire souvent plus développé. La nature de leurs intérêts et passe-temps est aussi plus similaire à celle des filles au développement typique. La distinction est toutefois dans l’intensité avec laquelle elles s’y adonnent. Par exemple, une jeune fille autiste qui adore les animaux pourra consacrer la majorité de son temps à se documenter sur ce sujet, à en discuter inlassablement, à l’illustrer dans ses dessins, etc. Certaines études démontrent également que les filles présentent moins de comportements moteurs stéréotypés ou répétitifs, le plus connu étant le battement des mains.

La qualité de l’amitié et de l’empathie démontrée par les filles autistes serait plus élevée que celle observée chez les garçons. Or, elles vivraient autant de défis dans les situations sociales. Cela s’explique par une grande capacité des filles avec un TSA à camoufler les difficultés vécues en contexte social. D’un côté, elles cachent leurs manifestations autistiques pour mieux se conformer aux normes et de l’autre, elles imitent les autres pour compenser leurs difficultés sociales. En apparence, elles semblent avoir une certaine aisance sociale, mais leur vécu interne est teinté d’anxiété, de malaise et d’épuisement. Pour bien dépister les TSA chez les filles, il sera donc essentiel de ne pas s’arrêter qu’aux comportements observables, mais de s’intéresser à leurs perceptions, leurs incompréhensions et leurs ressentis.

Pourquoi obtenir un diagnostic ?

Pour plusieurs femmes, la quête d’un diagnostic permet de trouver des réponses aux difficultés et aux malaises vécus en silence. L’obtention du diagnostic permet non seulement d’obtenir des interventions appropriées, mais aussi d’améliorer la compréhension des proches, de réduire le jugement négatif ressenti envers elles-mêmes et de favoriser le développement d’une identité positive.

 

Pour nous soumettre une nouvelle : communications@uqar.ca