Des membres de la Chaire de recherche du Canada en biologie intégrative de la flore nordique sont de retour du Nunavik où ils ont été à la rencontre de communautés pour partager des résultats de recherche sur l’écologie végétale de ce territoire. Un séjour nordique particulièrement formateur pour la candidate à la maîtrise en biologie Alice Désaulniers.
Du 6 au 15 mars, Mme Désaulniers a accompagné le titulaire de la chaire, le professeur Guillaume de Lafontaine, et la professionnelle de recherche Ariane Langlois lors d’une mission qui les a conduit à Umiujaq et à Kuujjuarapik-Whapmagoostui. Les trois biologistes ont présenté des ateliers dans des écoles, ont tenu des kiosques dans des coopératives, ont organisé une soirée de vulgarisation scientifique, ont rencontré le Conseil de bande de la communauté Cri de même que les mairies des communautés inuites.

Alice Désaulniers a pris part tant à l’organisation du séjour qu’à la préparation du matériel de vulgarisation. « J’ai produit un rapport synthèse de mon mémoire de maîtrise pour les acteurs territoriaux concernés ainsi qu’une affiche de vulgarisation scientifique traduite en inuktitut et en cri. Ariane et moi avons aussi préparé des ateliers que nous avons eu la chance de présenter dans les écoles primaires et secondaires. Les ateliers portaient sur les différentes manières d’étudier les arbres en sciences. On y abordait les thématiques de la dendrochronologie, la paléoécologie, les stratégies de dispersion et la migration des espèces. »
Mme Désaulniers n’en était pas à sa première visite au Nunavik. L’été, elle s’y rend pour réaliser des travaux de recherche sur le terrain. « Nous sommes habitués à effectuer des séjours d’échantillonnage plutôt serrés l’été, alors cette expérience nous a permis de prendre le temps de discuter avec les différents acteurs et habitants des communautés nordiques, ce qui a mené à des échanges très enrichissants. Revenir l’hiver nous a aussi permis de rencontrer les enfants, ce qui n’était pas possible l’été puisqu’ils ne sont pas à l’école. L’expérience a aussi représenté plusieurs défis de vulgarisation stimulants pour que le contenu soit accessible à tous. »
Les communautés nordiques sont particulièrement interpellées par les travaux de recherche de la Chaire de recherche du Canada en biologie intégrative de la flore nordique, poursuit Mme Désaulniers. « Les habitants des communautés nordiques du Québec vivent les effets que les changements globaux d’origine anthropique ont sur leurs écosystèmes. C’est dans le nord du Québec qu’on anticipe un réchauffement du climat des plus marqués sur terre, alors ce qui arrive aux arbres, cela les concerne directement. Cela va affecter leur mode de vie dans les années à venir. »
L’étudiante de l’UQAR consacre son projet de maîtrise aux interaction feu-climat ayant menés à la formation du paysage actuel de la toundra forestière. « J’ai effectué la reconstitution historique des feux de forêts de six peuplements forestiers ainsi que leurs milieux environnant par des méthodes paléoécologiques. Ce portrait local des feux des 6000 dernières années nous aide à comprendre comment les forêts situées à la limite nordique des arbres ont pu se maintenir dans le paysage depuis la dernière déglaciation. »
Titulaire d’un baccalauréat en foresterie, Alice Désaulniers a choisi de travailler sur la toundra forestière car elle touche à plusieurs de ses intérêts comme chercheuse, soit la nordicité, les feux de forêt et l’écologie forestière. « Cela m’apporte un regard nouveau et plus intégré de la forêt. J’ai l’opportunité de redécouvrir les écosystèmes forestiers que je connais, mais dans un contexte nordique et sur des échelles temporelles complètement différentes », conclut la chercheuse.
La Chaire de recherche du Canada en biologie intégrative de la flore nordique consacre ses travaux aux réponses écologiques, biogéographiques et évolutives de la flore arcto-boréale aux variations environnementales induites par les changements climatiques historiques et ceux liés à l’activité humaine. Ses recherches permettent de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes continentaux en climat froid afin de répondre aux enjeux de conservation et de gestion durable.
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