Face à l’ampleur des changements climatiques, la recherche universitaire est appelée à dépasser la production de connaissances pour devenir un moteur d’action collective. C’est dans cet esprit que l’Université du Québec à Rimouski a initié l’ambitieux programme de recherche Transformer l’action pour le climat (TAC), financé par le Fonds d’excellence en recherche Apogée Canada.
Ce programme vise à mieux comprendre le rôle de l’océan dans l’évolution du climat, à développer des mesures d’atténuation des changements climatiques et à élaborer et tester des stratégies d’adaptation justes et équitables pour les communautés. De 2023 à 2030, ce programme regroupant l’Université Dalhousie, l’UQAR, l’Université Memorial et l’Université Laval cherche notamment à mobiliser les savoirs scientifiques et à les faire interagir avec d’autres formes de savoirs locaux, expérientiels, culturels et autochtones afin de transformer notre rapport au climat et à l’océan.
Au cœur de cette transformation se trouve l’Agora, un laboratoire ouvert et multidisciplinaire logé à l’UQAR. Véritable « accélérateur de la transformation », l’Agora accompagne les chercheuses et chercheurs, les étudiantes et étudiants, les professionnelles et professionnels et les partenaires œuvrant dans le prototypage d’initiatives transformatrices dans plusieurs domaines, en favorisant le dialogue entre le milieu universitaire et les autres acteurs de la société.
Comme l’explique sa directrice exécutive, Andréane Bastien, « notre équipe, composée d‘expertes et d’experts est là pour faciliter la cocréation et la réalisation d’initiatives mobilisatrices sur les changements climatiques, la sensibilisation aux réalités autochtones et la valorisation de la recherche-création, entre autres. Concrètement, l’Agora a des ressources pour donner des conseils à la préparation de cours, pour la conception de trousses éducatives ou encore pour l’accompagnement dans la recherche et la formation en contexte autochtone. »
Agir avec et pour les communautés côtières
Le devenir des communautés côtières est au centre de plusieurs projets du programme TAC. Les équipes de l’UQAR documentent les expériences de maritimité et dee patrimoine, développent des modèles de partage de données de recherche et conçoivent des actions d’adaptation pour renforcer la résilience et la vitalité des milieux côtiers.
Par exemple, le Laboratoire d’archéologie et de patrimoine met en place un programme de monitorage citoyen pour préserver les sites archéologiques menacés par l’érosion côtière. Le groupe de recherche Archipel s’intéresse pour sa part aux facteurs historiques et sociaux ayant contribué à la disparition de villages du littoral canadien. Enfin, sur l’île d’Anticosti, ce joyau de l’espace maritime du Québec inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, une équipe documente et met en valeur le patrimoine culturel tout en favorisant une gouvernance partagée entre communautés autochtones et allochtones.
Ces projets témoignent d’une même conviction, soit que la transformation passe par la collaboration et que la recherche est un levier d’action pour et avec les communautés.
La recherche au service des territoires
Cette approche collaborative s’étend également à l’échelle municipale. Dans le cadre du chantier provincial Accélérer la transition climatique locale, l’équipe de l’Agora a rencontré plusieurs MRC de l’Est du Québec pour mieux comprendre leurs besoins et leurs défis liés à l’élaboration de plans pour le climat.
De ces échanges est née une première initiative : la conception de fiches éducatives sur les aléas climatiques, destinées aux élues et élus municipaux. Développées en collaboration avec les MRC de La Mitis et des Basques, ces fiches offrent une base commune de compréhension des concepts climatiques et soutiennent la planification territoriale. Ce projet illustre comment l’Agora rend la recherche accessible et crée des ponts durables entre l’université et les communautés.
Transformer ensemble
Au fil des projets, l’Agora s’affirme comme un modèle d’intervention, capable d’accompagner la recherche vers des actions concrètes et ancrées dans les collectivités.
« Notre objectif, c’est que l’Agora devienne un modèle pouvant être intégré à toute organisation qui cherche à transformer ses actions pour et par les communautés qu’elle dessert », ajoute Andréane Bastien.
D’ici 2030, l’équipe de l’Agora souhaite être reconnue comme un espace de transformation durable, où chercheuses et chercheurs, artistes, étudiantes et étudiants, et communautés coconstruisent des réponses justes et équitables aux défis climatiques. Parce que transformer l’action pour le climat, c’est avant tout apprendre à tisser des liens entre les savoirs, les disciplines et les personnes.






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