Le parcours engagé d’Alice Marcoux

Originaire de Lévis, Alice Marcoux a d’abord complété un certificat en philosophie à l’Université Laval avant de poursuivre son cheminement au baccalauréat en travail social à l’UQAR de 2015 à 2018. Ce qui l’a attirée? « Les groupes de taille réduite et la proximité avec les professeures ont fait toute la différence dans mon parcours », explique la diplômée.

À la fin de son baccalauréat, le programme de maîtrise en travail social n’était pas encore offert à l’UQAR. Elle amorce alors sa carrière professionnelle. Quelques années plus tard, lorsque la maîtrise est lancée, le désir de retourner aux études s’impose. « L’approche en intervention collective des cours que j’ai choisi correspondait exactement à mes valeurs et à ma vision du travail social », précise-t-elle.

Durant sa maîtrise, Alice Marcoux a pu compter sur l’accompagnement de la professeure Lucie Gélineau, qui a dirigé ses travaux de recherche. « C’est une chance d’avoir été initiée à la recherche dès le baccalauréat par une chercheuse aussi passionnée et rigoureuse. Elle m’a offert la liberté d’explorer et de choisir, tout en étant un solide rempart contre l’errance », souligne la diplômée dans les remerciements inclus dans son mémoire.

Pour Lucie Gélineau, le parcours d’Alice Marcoux se distingue par sa profondeur et son engagement: « Alice est une femme de conviction et de visions. Elle est une praticienne-chercheure engagée envers la défense des droits et des univers culturels liés à la pauvreté et aux milieux populaires. Ses questions (comment favoriser la rencontre, comment bâtir des ponts entre les pratiques militantes d’hier et celles d’aujourd’hui, comment faire en sorte que notre société soit riche de tout son monde) demandent courage, volonté et talent. Ces questions l’habitent. Elle les a portées avec rigueur dans une recherche dont le monde actuel a grand besoin. »

La justice sociale au cœur de ses intérêts

Alice s’intéresse particulièrement aux enjeux du vivre-ensemble, de justice sociale et d’inclusion : « La justice sociale et les pratiques féministes sont au cœur de ma réflexion et de ma manière d’intervenir ».

En parallèle, elle cultive une fibre artistique : feutrine, laine, broderie, argile… Un équilibre entre engagement social et créativité.

Les dynamiques communautaires

Son projet de maîtrise porte sur l’évolution des organismes communautaires, historiquement créés dans des quartiers populaires par des citoyennes et citoyens mobilisés. Avec le temps, ces milieux se sont professionnalisés et les quartiers se sont transformés.

Son mémoire s’est penché sur la rencontre entre les travailleuses et travailleurs communautaires, souvent universitaires, et les personnes issues de classes populaires qui s’y impliquent. Elle a exploré la manière dont la culture des classes populaires est reconnue et intégrée au sein de ces espaces. Une recherche sensible aux rapports sociaux et aux dynamiques de pouvoir.

Une pratique professionnelle engagée

Aujourd’hui, Alice travaille dans un centre de femmes à Sainte-Foy, un organisme voué à la défense des droits et à l’amélioration des conditions de vie des femmes. Groupes de soutien, cuisines collectives, mobilisations, activités culturelles : le centre est un véritable lieu de solidarité.

Le changement social est au cœur de ses actions, qu’il s’agisse de pauvreté, de violences, de logement ou d’accès aux services de santé.

Transformer l’intervention

Son passage à l’UQAR a influencé sa pratique professionnelle. Elle y a développé une analyse large et politique des problèmes sociaux. En travail social, on parle souvent de « l’humain dans son environnement ». Pour elle, cet environnement ne se limite pas au cercle familial ou professionnel : il inclut aussi les contextes socioéconomiques, les lois et les politiques publiques.

La maîtrise lui a permis de consacrer du temps à la lecture d’articles scientifiques, à l’analyse de pratiques et à des échanges approfondis avec ses pairs et ses professeures sur les enjeux qu’elle rencontrait sur le terrain. Ce recul lui a donné des repères pour réfléchir à ses interventions en portant une attention aux rapports de pouvoir dans les groupes, en créant des espaces où les femmes issues de milieux populaires peuvent nommer leur expérience dans leurs propres mots, en adaptant le langage utilisé et en questionnant certaines normes implicites dans les milieux communautaires. Aujourd’hui, ces apprentissages se traduisent par des interventions plus cohérentes avec ses valeurs et par des pratiques davantage inclusives.

Un parcours engagé et inspirant d’une diplômée qui met son savoir au service de la communauté.

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