Diplômé au doctorat en lettres, Olivier Séguin-Brault vient d’obtenir le Grand Prix de thèse de la Ville de Tours. Une distinction qui souligne la qualité des travaux de ce spécialiste de Rabelais qui poursuit présentement son parcours de chercheur à l’Université d’Oxford.
Rabelais serait agréablement surpris de savoir l’intérêt que lui porte l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en histoire littéraire, création et patrimoine imprimé dirigée par le professeur Claude La Charité. Les travaux de l’un de ses membres ont d’ailleurs rayonné de belle façon jusqu’en France.
Olivier Séguin-Brault a mérité le Grand Prix de thèse de la Ville de Tours pour son projet doctoral intitulé Rabelais studieux d’architecture : savoirs architecturaux et culture encyclopédique dans la geste pantagruéline. Remis depuis 2015, ce prix récompense l’excellence scientifique, le caractère novateur et l’ancrage territorial des thèses issues de toutes disciplines. Une bourse de 3000 euros accompagne ce prix remis pour une première fois cette année à un chercheur en littérature française.
« Ma thèse propose une traversée des textes de Rabelais par l’architecture, un terme qui recouvre, à la Renaissance, des pratiques aussi diverses que l’art d’édifier, la topographie et l’ingénierie civile et militaire », explique M. Séguin-Brault. « Elle s’attache à documenter un aspect méconnu de la vie et de l’œuvre de Rabelais, qui fut un témoin attentif de la production artistique de son temps et possédait une connaissance érudite de l’art du bâtir. »
La thèse d’Olivier Séguin-Brault offre une lecture originale des textes de Rabelais et propose un nouvel éclairage sur les interactions entre techniques et fiction narrative, de même que sur la circulation des savoirs entre la France et l’Italie au XVIe siècle. Elle a été réalisée sous la direction du professeur La Charité et de Stéphan Geonget, de l’Université de Tours, « deux chercheurs d’exception auxquels je dois beaucoup dans mon parcours de recherche », souligne le lauréat.
Originaire de Montréal, Olivier Séguin-Brault a entrepris son doctorat en lettres en 2021, et ce, après avoir réalisé un baccalauréat et une maîtrise en littérature à l’Université McGill. Son doctorat a été effectué en cotutelle à l’UQAR et au Centre d’études supérieures de la Renaissance de l’Université de Tours. « Ce choix s’est imposé naturellement puisque Claude La Charité a été formé par ma superviseure à la maîtrise, Diane Desrosiers, et je percevais dans cette filiation une continuité riche de sens. »
Le chercheur a d’ailleurs de bons mots lorsqu’il évoque son passage à l’Université. « J’ai bénéficié à l’UQAR d’un cadre particulièrement favorable à l’écriture de ma thèse et j’encourage vivement les étudiants qui pourraient hésiter à l’idée de quitter la métropole à considérer l’Université du Québec à Rimouski pour la poursuite de leurs études aux cycles supérieurs. Le Département des lettres et humanités est un département à échelle humaine qui favorise un accès privilégié aux professeurs et offre un encadrement individualisé, ce qui permet aux étudiants de conduire leurs recherches dans les meilleures conditions. »
C’est en septembre dernier que M. Séguin-Brault a soutenu sa thèse. Aujourd’hui, il est un chercheur postdoctorant en littérature et culture de la Renaissance à l’Université d’Oxford. Il a d’ailleurs bénéficié du soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et du Fonds de recherche du Québec pour la réalisation de son postdoctorat.
« Oxford possède l’une des collections de livres anciens les mieux fournies et accueille une importante communauté de recherche en études de la Renaissance, dont plusieurs spécialistes de Rabelais, ce qui en fait un milieu idéal pour conduire des recherches sur la littérature de cette période », indique M. Séguin-Brault. « Mon projet postdoctoral s’inscrit dans la continuité de ma thèse et porte sur les techniques rabelaisiennes. Je m’intéresse en particulier aux pratiques lexicographiques de Rabelais et notamment à la « Briefve declaration », un glossaire annexé à certains exemplaires du Quart livre (1552) qui a peu retenu l’attention des spécialistes jusqu’à présent. »
Une monographie tirée de sa thèse est en préparation. En outre, Olivier Séguin-Brault a un autre projet de création littéraire qui pique la curiosité. « Il s’agit d’une fiction inspirée d’un projet de livre abandonné par Rabelais, la Topographie de la Rome ancienne, qui imagine ce qu’aurait pu être ce texte que Rabelais affirme avoir entrepris d’écrire lors de son premier séjour à Rome, à l’hiver 1534. Ces deux projets vont notamment m’occuper jusqu’à la fin de mon projet postdoctoral à l’automne 2027 », conclut-il.
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