Programme de bourses d’excellence en cotutelle de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’Université de Caen Normandie (UNICAEN)

Pour la première année et dans le cadre du renforcement de leur partenariat stratégique, l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) et l’Université de Caen Normandie (UNICAEN) en France lancent un prestigieux programme de bourses d’excellence en cotutelle.

L’objectif est de financer un projet de doctorat en cotutelle menant à un double diplôme pour les étudiants du Québec et des autres provinces du Canada, de la France et de l’international.

Deux projets de thèse font l’objet d’un appel à candidatures pour l’obtention de la bourse.

  • Composante et laboratoire de rattachement : UFR SEGGAT / CREM UMR CNRS 6211
  • Noms et contacts du binôme (UQAR/UNICAEN) : Philippe Kaboré / Bruno Drouot et Jean Bonnet
  • Doctorats et thématique visés : Doctorat en Gestion des ressources maritimes (Economie, Changement climatique, ostréiculture)
Contexte et problématique

L’ostréiculture constitue un pilier économique, social et culturel majeur dans deux régions maritimes emblématiques que sont le Québec (les eaux de la baie des Chaleurs et du golfe du Saint-Laurent) et la Normandie (les bassins de production du Bessin et de la Baie des Veys). Ces deux écosystèmes marins, bien que distincts sur les plans biogéographique et institutionnel, font face à des pressions climatiques croissantes et convergentes : hausse des températures marines, acidification des eaux, événements météorologiques extrêmes, perturbations des cycles de reproduction et prolifération de pathogènes. Face à ces menaces, la question de la résilience des systèmes ostréicoles et des capacités adaptatives des producteurs devient centrale pour la durabilité de la filière.

Objectifs de recherche

Cette thèse de doctorat en gestion des ressources maritimes poursuit cinq objectifs complémentaires articulés autour de la perception et de la réponse des ostréiculteurs face au risque climatique. Premièrement, elle documente les effets observés du changement climatique sur la production ostréicole au Québec et en Normandie. Deuxièmement, elle explore en profondeur les perceptions que les ostréiculteurs ont des impacts climatiques sur leur activité, en faisant émerger la diversité des représentations du risque selon les expériences individuelles, les ancrages territoriaux et les contextes institutionnels propres à chaque région. Troisièmement, elle examine la capacité perçue d’adoption de comportements adaptatifs – diversification des espèces, déplacement des zones de production, modification des calendriers d’élevage, recours à de nouvelles technologies – en interrogeant les freins économiques, sociaux, culturels et réglementaires que les producteurs identifient eux-mêmes. Quatrièmement, elle évalue la disposition des ostréiculteurs à envisager des investissements supplémentaires pour atténuer les effets négatifs des changements climatiques, en explorant leurs raisonnements, leurs horizons temporels de décision et leur rapport à l’incertitude. Pour terminer, elle recense et analyse les actions déjà entreprises individuellement et collectivement pour minimiser les conséquences négatives du changement climatique.

Approche méthodologique

La thèse s’appuie sur des méthodes de recherche variées et complémentaires. Dans un premier temps, une analyse descriptive et économétriques – à partir des données existantes – afin de comprendre la corrélation entre les changements environnementaux et la production d’huitres. Ensuite, une enquête par questionnaire structuré administrée à un échantillon de producteurs dans chacune des régions permettra de systématiser les perceptions, de cartographier les comportements adaptatifs déjà adoptés ou envisagés, et d’identifier les facteurs déterminants de la disposition à investir pour d’adapter à moyen terme. De manière complémentaire, des entretiens semi-directifs approfondis seront menés auprès d’une trentaine d’ostréiculteurs répartis entre le Québec et la Normandie, visant à recueillir des récits de vie professionnelle, des narrations des changements perçus et des logiques de décision face au risque.

Contribution attendue

La thèse produira une connaissance fine et ancrée dans les réalités de terrain sur la façon dont les ostréiculteurs québécois et normands vivent, interprètent et répondent au risque du changement climatique. Elle contribuera à combler le fossé persistant entre les modèles biophysiques du changement climatique et les processus décisionnels concrets des acteurs de première ligne. Ses résultats fourniront des bases solides pour orienter la prise de décision par les décideurs publics sur des adaptations pertinentes et opérationnellement efficaces dans le secteur de l’ostréiculture. Les résultats scientifiques pourraient aussi être transférables à d’autres filières aquacoles nord-atlantiques confrontées aux mêmes défis.

  • Composante et laboratoire de rattachement : UFR LVE / Laboratoire CRISCO
  • Noms et contacts du binôme (UQAR/UNICAEN) : Hugo Saint-Amant Lamy / Kizzi Edensor
  • Doctorats et thématique visés : Phonétique, variétés françaises et québécoises, acquisition seconde langue, psycholinguistique
Description

Ce projet de thèse vise à étudier l’impact du système phonologique de la langue maternelle (L1) sur la perception et la production en langue seconde. Il s’inscrit dans les travaux sur la relation L1–L2, où il est largement admis que la similarité ou les différences interlinguistiques façonnent l’acquisition phonétique (perceptive et productive) en L2 (Best, 1995 ; Flege, 1995). Les catégories et contrastes de la L1 conditionnent ainsi la manière dont les sons de la L2 sont perçus, catégorisés et produits.

Les variations dialectales au sein d’une même langue peuvent modifier la relation L1–L2. Les systèmes phonologiques des dialectes présentent des différences marquées, affectant perception et production en L2. Bien que peu étudiées, les travaux disponibles montrent que le dialecte L1 joue un rôle clé dans l’acquisition phonologique en L2. Teasdale (1997) illustre ainsi que locuteurs québécois et hexagonaux diffèrent dans leurs substitutions des fricatives dentales anglaises.

Une cotutelle avec l’Université du Québec à Rimouski (UQAR) offre un cadre pertinent. La comparaison entre francophones de France et du Québec permettrait d’examiner comment des variations intra-linguistiques influencent la perception et la production en anglais L2. Cette approche prolonge les travaux de Bent et Bradlow (2003, 2008) et de Dai et Roever (2019), qui montrent un avantage d’intelligibilité quand locuteurs et auditeurs partagent une L1, tout en laissant ouverte la question du degré réel de similarité des stratégies phonologiques utilisées.

Les fricatives dentales anglaises (/θ, ð/) sont une variable privilégiée, avec substitutions françaises hexagonales ([s, z]) vs québécoises ([t, d]). L’assibilation québécoise des occlusives alvéolaires devant voyelles fermées pourrait fournir des indices acoustiques facilitant la discrimination de contrastes vocaliques difficiles comme /i–y–u/ (Baker & Smith, 2010). Le protocole s’étendra à voyelles tendues/relâchées et diphtongues, testant via SLM-r (Flege & Bohn, 2021) l’hypothèse selon lequel un système phonologique L1 plus riche facilite la formation de nouvelles catégories en L2.

Les questions de recherche porteront sur l’influence des différences dialectales françaises (hexagonal vs québécois) sur perception/production phonologique anglaise L2 : ces variations modulent-elles la relation L1–L2 ? Les substitutions /θ, ð/ ([s, z] vs [t, d]) révèlent-elles les contraintes propres à chaque variété ? L’assibilation québécoise facilite-t-elle la discrimination /i–y–u/ ? Un système L1 plus riche favorise-t-il les catégories L2 (SLM-r) ? Les profils dialectaux génèrent-ils des intelligibilités L2 distinctes selon le partage de variété ?Une cotutelle entre CRISCO (Caen) et UQAR (Rimouski) sous la codirection du Pr. Hugo Saint-Amant Lamy serait extrêmement pertinente pour ce projet. Spécialiste des de la prononciation québécoise et de la dialectologie, il offre un accès unique à des locuteurs québécois natifs et une expertise en cartographie des contrastes phonologiques entre français hexagonal (EF) et français québécois (QF). Sa maîtrise complète mon profil (Kizzi Edensor) en phonétique expérimentale, apprentissage anglais L2 et psycholinguistique, générant des données inédites sur la richesse contrastive L1, des publications croisées et positionnant la thèse comme référence EF-QF-EN avec retombées didactiques. Cette cotutelle créerait un pont durable entre CRISCO et UQAR, bénéfique pour la thèse et l’ensemble du laboratoire. Les collègues du CRISCO spécialisés en variation française (axe « Changements et variations ») profiteraient particulièrement du contact avec le Pr. Hugo Saint-Amant Lamy, via des collaborations transatlantiques et un accès direct aux données empiriques québécoises.

30 000 $ CAD + 8 000 $ CAD (mobilité) – UQAR

39 600 € bruts – UNICAEN pour un stage de 18 mois à l’UQAR.

  • Être titulaire d’un Master 2, ou d’i’une Maîtrise (grade de maîtrise)
  • Débuter la thèse de doctorat entre l’automne 2026 ou l’hiver 2027.
  • Être inscrit à plein temps au programme de doctorat des deux établissements au moment de l’obtention de la bourse.
  • Réaliser sa thèse sous la direction d’un professeur de l’UQAR et d’un professeur d’UNICAEN.
  • Pouvoir déposer et soutenir en français.
  • Durée : 3 ans
  • Mobilité : 18 mois UQAR / 18 mois UNICAEN
  • Diplôme délivré conjointement par les deux établissements

Pour déposer sa candidature, la personne étudiante doit utiliser ce document et le transmettre avant le 15 mai 2026.

La sélection finale se fera lors d’une audition en distanciel pour le comité de sélection courant juin 2026.