Résidus de bois : une solution acoustique durable pour le bâtiment


Le confort acoustique s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur dans la construction des bâtiments, avec une attention croissante portée à la réduction de l’empreinte environnementale des matériaux utilisés. Les matériaux conventionnels tels que la laine minérale, utilisée pour l’absorption sonore, et le contreplaqué, employé comme revêtement extérieur pour limiter la transmission sonore, reposent sur des procédés énergivores et des ressources non renouvelables. Parallèlement, l’industrie forestière québécoise génère d’importants volumes de résidus de bois, notamment les fibres thermomécaniques, qui demeurent largement sous-valorisés malgré leur potentiel acoustique.

Dans ce contexte, la valorisation des sous-produits de transformation du bois se présente comme une solution innovante pour développer des matériaux acoustiques performants, renouvelables et localement disponibles. Cette approche s’inscrit dans une démarche de construction durable en alliant efficacité acoustique et réduction de l’impact environnemental.

Ce projet explore la caractérisation et l’intégration des fibres thermomécaniques de bois pour des applications acoustiques dans le domaine du bâtiment. Une caractérisation expérimentale approfondie est menée par tube d’impédance à trois microphones pour évaluer l’influence de la densité sur l’absorption sonore et la perte par transmission, afin d’identifier les configurations optimales pour chacune de ces deux performances. Les propriétés de transport non acoustiques associées sont ensuite identifiées par méthode inverse à l’aide du modèle équivalent fluide de Johnson–Champoux–Allard, fournissant les données constitutives nécessaires pour la simulation numérique. Le matériau biosourcé est finalement intégré dans un assemblage mural multicouche extérieur représentatif des pratiques constructives québécoises, dont la réponse acoustique est évaluée par la méthode des matrices de transfert sous excitation en champ diffus. L’objectif est de démontrer la faisabilité de la substitution des matériaux conventionnels par les fibres de bois tout en assurant un compromis équilibré entre absorption sonore et isolation acoustique, contribuant à des enveloppes de bâtiment plus performantes et durables.

Présenté par

Mohamed Amine Ben Mansour
Étudiant à la maîtrise en ingénierie

Pr. Raef Cherif
Directeur de recherche (UQAR)

Suzhou Yin
Chercheur en sciences du bois (SEREX)

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