Le renforcement du sentiment d’avoir le droit de bien vivre de même que l’amélioration de la santé et du bien-être de jeunes autochtones d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud sont au cœur d’un vaste projet de recherche mariant les arts et les sciences de la santé. S’inscrivant dans une perspective de coconstruction des savoirs, les travaux réuniront des spécialistes du milieu universitaire et de la société civile.
Intitulé « Nous avons le droit de (bien) vivre », ce projet dirigé par le professeur en sciences infirmières Dave Bergeron est financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Il est issu des réalités contemporaines de jeunes autochtones de l’Île de la Tortue, au Québec, et de l’Abya Yala, au Pérou et en Colombie, qui subissent encore les conséquences de la colonisation. Plus de 1,2 M$ seront versés par les IRSC au cours des cinq prochaines années pour la réalisation des travaux.
« À travers des politiques d’assimilation forcée, des déplacements territoriaux et de la marginalisation systémique, la colonisation a profondément affecté la santé et le bien-être de jeunes autochtones au Canada, au Pérou et en Colombie », indique le professeur Bergeron. « Certains de leurs liens culturels, linguistiques et communautaires ont été brisés, et cela a accentué un sentiment de marginalisation et de déracinement tout en affectant leur santé mentale. »
Réalisé en partenariat avec des communautés autochtones du Québec, du Pérou et de Colombie, le projet s’appuie sur un réseau développé au fil des ans par le professeur Bergeron et son équipe. « La conception de ce projet représente la matérialisation d’un processus de confiance, d’écoute et de respect mutuel, fruit d’une longue trajectoire partagée », souligne le professeur en sciences infirmières. « Nous aspirons à renforcer le tissu d’apprentissages, de savoirs et d’expériences qui, médié par la création et l’expression artistiques, rassemble divers récits et compréhensions autour de la santé, du bien-être, du “bien vivre” et du droit à la vie, principalement à partir des voix des jeunes issus de communautés autochtones du Nord et du Sud de l’Amérique. »
Le projet dirigé par le professeur Bergeron comprend des chercheuses et chercheurs en sciences de la santé et en sciences de l’éducation du Québec, du Pérou et de Colombie. L’équipe principale est formée d’Emmanuelle Bédard et d’Anne Marie Michaud de l’UQAR, de David Buetti de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, de Fernando Murillo de l’Université nationale de San Antonio Abad del Cusco et de Gabriel Vieira-Posada de l’Université d’Antioquia. Une vingtaine de cochercheuses et cochercheurs participent aussi au projet (voir encart).
Une recherche collaborative
« Nous avons le droit de (bien) vivre » est un projet de recherche qui permettra de mieux comprendre la perception des jeunes autochtones quant à leur santé, leur bien-être et leur droit de bien vivre. « Nous allons identifier des leviers pour renforcer leur sentiment d’avoir le droit de bien vivre et d’être en santé », explique le professeur Bergeron. « Les pratiques culturelles et artistiques qui façonnent l’identité des jeunes autochtones seront au cœur de notre démarche. Concrètement, nous allons cocréer avec eux des œuvres artistiques qui expriment leur vision et soutiennent leur sentiment quant au droit de bien vivre. »
Le dialogue interculturel et transnational permettra d’établir des ponts entre les générations et les territoires, poursuit le professeur en sciences infirmières de l’UQAR. « La parole des jeunes autochtones sera au cœur du projet. Nous voulons leur permettre d’exprimer leurs aspirations en leur offrant des espaces d’expression et de valorisation de leur identité culturelle. Les arts favoriseront une approche participative et décoloniale qui les considère comme de véritables actrices et acteurs de changement. »
Cette création de connaissances ancrées localement permettra de cocréer des outils d’intervention adaptés. « Plusieurs peuples et jeunes autochtones des Amériques partagent une vision holistique de la santé et du bien-être qui est ancrée dans les savoirs traditionnels ancestraux. Ils incluent des pratiques telles que la médecine traditionnelle et les cérémonies spirituelles qui reconnaissent l’importance des liens avec les écosystèmes et les cycles naturels. Notre objectif est de valoriser ces savoirs dans les outils qui seront développés pour améliorer leur santé et leur bien-être », précise le professeur Bergeron
Ces outils seront par la suite partagés à d’autres communautés autochtones selon un plan de transfert de connaissances établi en partenariat avec les participantes et participants. « Des articles scientifiques seront aussi produits pour rendre compte de notre démarche. De jeunes autochtones prendront part à leur rédaction de même qu’à des présentations dans des colloques internationaux. Ce processus de transfert des connaissances assurera une large diffusion des résultats afin d’enrichir le dialogue intercommunautaire et l’apprentissage mutuel », conclut le professeur Bergeron. Les travaux vont se poursuivre jusqu’en 2030.
Un projet de coconstruction des savoirs
« Nous avons le droit de (bien) vivre » rassemble une trentaine de chercheuses et chercheurs issus du milieu universitaire et de communautés autochtones. En plus de l’équipe de recherche principale, il compte sur l’expertise et le savoir de participantes et participants d’Amérique du Nord et d’Amérique du Sud.
Au Québec
- Brittany Wenniserí:iostha Jock de l’Université McGill
- Sandro Echaquan de l’Université de Montréal et du Centre de santé Masko-Siwin de Manawan
- Amanda Quitich-Ottawa du Centre de santé Masko-Siwin de Manawan
- Uauietilu Robertson-Laforge de la Communauté Pekuakamiulnuatsh de Mashteuiatsh
- Guillaume de Lafontaine de l’Université du Québec à Rimouski
- Jean-François Vachon – La Boîte Rouge VIF
- Malika Degrâce-Roy de l’Université du Québec à Rimouski
- Gloria Andrea Sánchez de l’Université du Québec à Rimouski
En Colombie
- Juan C. Calderon Farfan de l’Université Surcolombiana
- Alba L. Rojas Pimienta de l’Université d’Antioquia
- Cristian Londoño Hernandez de l’Universidad de Antioquia
- Faustino Vicente de la Communauté Gunadule de Caiman Alto
- Florita Chambes de l’Association Onmaggednega de la nation Gunadule de Colombie
- Olowaili Green Santacruz de la Communauté Gunadule de Caiman Bajo
- John F. Ariza Montoya de la Fondation Weaving Lives
- Giselly Matagira Rondón de l’Université CES
Au Pérou
- Humberto Alzamora Flores de l’Université nationale de San Antonio Abad del Cusco
- Raimunda Ccoyo Quispe l’Université nationale de San Antonio Abad del Cusco
- Teresa M. Campos Chong de la Direction de la Culture de Cusco
- Felipe Ccanahuire Laura de la Communauté autochtone de Callatiac
- Niel W. Ccanahuire Saire de la Communauté autochtone de Callatiac
- Maribel Yauri Zea de la Communauté autochtone de Urin Ccoscco




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