Adoptée à l’âge de 14 mois en Roumanie, Alicia Desrochers a choisi de transformer son histoire personnelle en moteur d’action sociale. Étudiante à la maîtrise en travail social à l’UQAR au campus de Lévis, elle prépare un projet d’intervention inédit : la création d’un groupe de soutien par et pour les adolescents adoptés à l’international.
« Je veux que les jeunes adoptés reprennent le contrôle de leur narratif, qu’ils puissent parler librement de leur parcours dans un espace sécuritaire et bienveillant », explique l’étudiante.
L’expérience comme source de soutien
Son initiative s’inscrit dans une approche où les personnes adoptées deviennent elles-mêmes détentrices d’un savoir expérientiel essentiel, capables de soutenir d’autres jeunes vivant des défis semblables.
Les rencontres viseront à créer un espace d’entraide, d’expression identitaire et de compréhension mutuelle, en tenant compte des réalités liées à l’attachement, au trauma complexe et à la recherche de sens.
Un projet porteur
La direction du projet est assurée par les professeures Catherine Turbide (UQAR) et Anne-Marie Piché (UQAM). La professeure Turbide a consacré son mémoire aux adolescents adoptés, tandis que la professeure Piché a publié de nombreux articles traitant de l’adoption. La professeure Julie Richard, qui a dirigé ce projet au tout début, souligne la pertinence du projet et l’engagement de son étudiante : « Son intérêt pour la question est profond et authentique, et je crois que cette exploration pourrait apporter un éclairage nouveau dans le champ du travail social. Alicia fait preuve d’une grande rigueur, d’une sensibilité et d’une maturité impressionnante dans sa démarche, ce qui rend son projet crédible et porteur ».
Travailleuse sociale inscrite à l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec (OTSTCFQ), Alicia cumule déjà plusieurs expériences auprès de jeunes et de personnes en situation de vulnérabilité. Sa maîtrise à l’UQAR lui permettra de développer un modèle d’intervention sensible aux traumas, qui pourrait inspirer d’autres milieux du travail social.
« Je crois profondément à la résilience, mais aussi à la nécessité d’être mieux compris et mieux outillé pour y arriver. Les jeunes adoptés méritent cet espace de soutien, et je suis convaincue que l’UQAR est le bon endroit pour faire grandir cette idée », souligne la travailleuse sociale.
Situation actuelle de l’adoption internationale au Québec
Le Québec traverse actuellement une période charnière en matière d’adoption internationale. Le gouvernement a décrété un moratoire sur l’ouverture de nouveaux dossiers par l’entremise des organismes agréés, invoquant la nécessité de renforcer les mécanismes de protection, la conformité éthique et la prévention des situations d’abus. Les dossiers déjà amorcés poursuivent toutefois leur cheminement.
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