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Mieux concilier les impacts de la transition énergétique

La transition énergétique engendre une forte demande en minéraux dits critiques, notamment avec le développement de la filière batterie. Leur extraction entraîne toutefois des impacts socio-environnementaux dans des régions où l’on retrouve parfois des aires naturelles protégées. Une contradiction qui est au cœur des travaux d’une nouvelle chaire de recherche dirigée par le professeur en développement régional Nicolas Hubert.

L’électrification des transports et le stockage des énergies renouvelables nécessitent une production importante de batteries et de composantes en minerais comme le lithium et le graphite. Les politiques de transitions énergétiques et la croissance des économies émergentes ont d’ailleurs accentué la demande mondiale pour ces minéraux.

« Cette demande vient reconfigurer l’espace, l’accès aux territoires de même que les structures sociales et politiques à l’échelle locale. Elle contribue aussi à l’émergence de mobilisations construites en opposition aux répercussions observées ou anticipées de l’extraction des minéraux. Ainsi, il y a plusieurs enjeux à prendre en compte lorsqu’on veut concilier la lutte aux changements climatiques et le développement durable », indique le professeur Nicolas Hubert.

Spécialiste en conflits environnementaux, en gestion des ressources naturelles et en mobilisations sociales et politiques, le professeur Hubert s’est joint à l’Université du Québec à Rimouski l’automne dernier. Ses travaux allient les sciences politiques, la géographie humaine et politique, l’écologie politique et la sociologie du développement et de l’environnement. Une approche interdisciplinaire qui teintera la programmation scientifique de la Chaire de recherche du Canada en transitions territoriales et socio-environnementales.

Les travaux de recherche de la chaire comportent quatre axes. Ils porteront sur la dualité des programmes de développement extractif et ceux en conservation de l’environnement et sur les intégrations territoriales des activités extractives et leurs impacts socio-environnementaux. En outre, des recherches seront consacrées aux mobilisations sociales découlant de différents projets extractifs, à la transition énergétique et au développement des énergies vertes.

Le professeur Nicolas Hubert est le titulaire de la Chaire de recherche du Canada en transitions territoriales et socio-environnementales. (Photo : Stéphane Lizotte)

Plusieurs projets d’extraction de minéraux critiques seront étudiés par l’équipe de la chaire, notamment dans les régions de la Gaspésie, de Lanaudière et des Laurentides. D’autres projets réalisés dans différents territoires du Québec, dans d’autres provinces du pays et même à l’international seront également analysés. « Ils seront comparés afin d’identifier les dynamiques socio-environnementales et sociopolitiques », précise le professeur Hubert. « Cette perspective comparative permettra à la fois de mieux définir et comprendre les phénomènes en cours au Québec et de contribuer à décoloniser les études du développement en les décloisonnant du développement régional et international ainsi que de la coopération internationale. »

Un financement de près de 725 000 $ sur cinq ans a été octroyé pour les activités de la Chaire de recherche du Canada en transitions territoriales et socio-environnementales. « L’UQAR est depuis des décennies au cœur de recherches portant sur le développement régional et territorial ou encore sur des enjeux environnementaux et de développement durable. L’ajout de cette chaire, au confluent d’expertises complémentaires, est certes une belle reconnaissance à cet égard, mais il s’agit également d’un atout indéniable pour le développement des régions dans un contexte de transitions rapides, voire accélérées », observe le recteur François Deschênes.  

Des collaborations avec des membres du Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional, de l’Est du Québec (GRIDEQ), du Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT) et de l’Observatoire des trajectoires territoriales et régionales (OTTER) sont à prévoir au cours des prochaines années. « Il y a vraiment une belle complémentarité des expertises au Département sociétés, territoires et développement de l’UQAR. Elle va assurément enrichir nos travaux de recherche », souligne Nicolas Hubert.

Plusieurs étudiantes et étudiants au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat en développement régional et territorial participeront aux travaux de la Chaire de recherche du Canada en transitions territoriales et socio-environnementales. « Ces personnes auront l’occasion de développer une expertise qui sera recherchée lorsqu’il est question de concilier le développement durable, la lutte aux changements climatiques et les projets de développement énergétique. La réduction de notre empreinte carbone et l’amélioration de notre environnement reposent sur une bonne compréhension de ces enjeux et sur l’acceptabilité sociale des communautés qui sont directement touchées », conclut le professeur Hubert.

Pour nous soumettre une nouvelle : communications@uqar.ca