La production de médicaments et de produits pharmaceutiques de masse nécessite souvent une grande quantité de molécules peu disponibles à l’état naturel. Dans le cadre de son doctorat sur mesure en chimie, Cécile Dedieu développe de nouveaux procédés pour les remplacer par des molécules de synthèse conçues en laboratoire. Une avenue prometteuse pour le monde de la santé.
Pour la chercheuse de l’UQAR, la chimie est une science qui combine parfaitement son intérêt pour la conception et la recherche. « J’aime chercher à comprendre comment les choses fonctionnent, mais surtout me demander ce qu’il serait possible de créer à partir de cette compréhension. Pendant mes études à la maîtrise, j’ai découvert la richesse des projets à l’interface entre synthèse organique, pharmacologie et biologie. Cette approche pluridisciplinaire permet de considérer la chimie comme un véritable outil pour répondre à des enjeux liés au vivant et à la santé. »
C’est pendant ses études à la maîtrise en chimie de la santé de l’Université de Toulouse que Mme Dedieu a découvert l’UQAR. « En 2023, j’ai eu l’occasion de réaliser un stage de quatre mois auprès du professeur Sébastien Cardinal. Cette première immersion m’a permis de découvrir l’environnement de recherche de l’UQAR et de travailler sur des problématiques en synthèse organique qui rejoignaient mes intérêts. J’ai particulièrement apprécié la proximité au sein de l’équipe et l’environnement scientifique stimulant. »
Originaire de Toulouse, Cécile Dedieu a entrepris son doctorat sur mesure en chimie, concentration en synthèse organique, à l’hiver 2025. « Mon doctorat me permet d’approfondir mes connaissances en synthèse organique et en catalyse, tout en développant ma capacité à concevoir et à mener un projet de recherche de manière autonome. J’aime le caractère exploratoire de la recherche en synthèse : il s’agit de comprendre comment et pourquoi une transformation fonctionne, puis de chercher à repousser les limites de ce qui est réalisable pour concevoir de nouvelles stratégies permettant d’accéder à des molécules complexes. »
En juin dernier, Mme Dedieu a l’occasion de réaliser un stage à l’École supérieure de biologie, biochimie et biotechnologies (ESTBB), de l’Université Catholique de Lyon (UCLy), aux côtés de Fanny Odet et Thanh-Nhat Pham. Ce stage a été rendu possible grâce à l’obtention de la bourse de mobilité Québec-France Sophie Germain, octroyée par le Fonds de recherche du Québec et le Consulat général de France à Québec.

« L’intérêt de ce stage était de poursuivre l’étude du potentiel biologique de molécules synthétiques développées au laboratoire du professeur Cardinal, ainsi que d’extraits et de composés comme le québécol et ses dérivés, en utilisant des approches complémentaires à celles développées à l’UQAR », explique Mme Dedieu. « J’ai notamment participé à l’évaluation de leur activité inhibitrice envers la tyrosinase, une enzyme clé impliquée dans la production de mélanine, ainsi qu’à leur étude sur des modèles cellulaires. »
Ce stage d’un mois a enrichi ses connaissances en biochimie et en biologie cellulaire, poursuit la chimiste qui est également chargée de cours à l’UQAR. « J’ai pu découvrir de nouvelles méthodes expérimentales et mieux comprendre comment les propriétés biologiques de molécules synthétisées en laboratoire peuvent être évaluées. Au-delà des compétences scientifiques, cette expérience m’a permis d’évoluer dans un nouvel environnement de recherche et de développer une collaboration internationale entre le Québec et mon pays d’origine, la France. C’est une expérience très enrichissante que je souhaite continuer à valoriser dans mon parcours doctoral. »
Le développement de nouvelles méthodes de fabrication de molécules complexes, en combinant la catalyse métallique et l’activation par la lumière, offre un grand intérêt pour le domaine de la santé, poursuit la chercheuse de l’UQAR. « Ces méthodes pourraient notamment faciliter l’accès à des molécules en chimie biologique et pharmaceutique. La synthèse organique permet de comprendre les mécanismes de réactivité à une échelle que l’on ne peut pas directement observer, de comprendre pourquoi une transformation fonctionne ou non, puis d’utiliser ces connaissances pour concevoir et créer de nouvelles molécules. ».
Les travaux de Cécile Dedieu vont se poursuivre au moins jusqu’en 2028. La recherche fera assurément partie de son avenir professionnel après son doctorat. « J’aimerais avant tout continuer à explorer, à apprendre et à découvrir de nouvelles choses, que ce soit ici ou ailleurs. J’envisage notamment de poursuivre avec un postdoctorat, qui pourrait être l’occasion de travailler sur une thématique complètement nouvelle et de sortir de ma zone de confort scientifique. Ce qui me plaît dans la recherche, c’est justement de pouvoir continuer à apprendre et de se laisser surprendre par les projets et les opportunités qui se présentent. J’aimerais simplement conserver cet état d’esprit : prendre plaisir à apprendre, relever de nouveaux défis et, pourquoi pas, transmettre à mon tour ce que j’aurai appris. »
Pour nous soumettre une nouvelle : communications@uqar.ca



