Former la relève vétérinaire en région

(Photos : Stéphane Lizotte)

Il s’agit d’un partenariat inédit au Canada. Afin de favoriser l’accessibilité aux soins vétérinaires en région, l’UQAR et l’Université de Montréal (UdeM) se sont mobilisées pour offrir, au campus de Rimouski, un doctorat en médecine vétérinaire. Un projet de longue haleine qui aura des retombées pour l’ensemble du Québec.

Cela fait des années que le Québec souffre d’une pénurie de vétérinaires, et ce, tant pour les animaux de la ferme que pour les animaux de compagnie. Or, la capacité d’accueil du programme de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal – le seul offert au Québec – a été limitée ces dernières années à 96 personnes par cohorte. Le partenariat avec l’Université du Québec à Rimouski est venu changer la donne.

Depuis l’automne 2024, l’Université de Montréal a augmenté sa capacité d’accueil de 25 % dans son programme de doctorat en médecine vétérinaire. « Il s’agit d’un accroissement considérable. Pour l’UdeM et sa Faculté de médecine vétérinaire, ce programme délocalisé représente une avancée majeure pour la formation d’une relève dont les besoins se font sentir partout au Québec », indique le recteur de l’Université de Montréal, Daniel Jutras.

Concrètement, le partenariat permet d’ajouter annuellement une cohorte de 24 étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire de l’UdeM au campus de Rimouski de l’UQAR. La moitié des places est réservée à la pratique vétérinaire auprès des animaux de la ferme, l’autre aux animaux domestiques. Désormais, 120 personnes ont la possibilité d’entreprendre annuellement leur formation en médecine vétérinaire au campus de Saint-Hyacinthe de l’UdeM et au campus de Rimouski de l’UQAR.

Un nouveau pavillon de quatre étages a été construit sur le campus de Rimouski dans la foulée de la délocalisation du programme de médecine vétérinaire. Le gouvernement du Québec a appuyé financièrement ce projet de construction de plus de 50 M$ géré par l’UQAR.

Doté d’infrastructures de pointe, le pavillon comporte des salles de classe, un centre de simulation vétérinaire, des laboratoires, une unité vétérinaire de soins et d’enseignement clinique et des bureaux. En plus des aires dédiées à la médecine vétérinaire, le pavillon de 7500 mètres carrés compte de nombreux espaces pour les étudiantes et étudiants de l’UQAR, notamment des salles de classe, des salles pour le travail d’équipe et une aire de détente.

L’intégration à la communauté universitaire de l’UQAR constitue un objectif fondamental du partenariat avec l’UdeM. Les étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire bénéficient ainsi des mêmes services que la communauté étudiante de l’UQAR, incluant le soutien psychosocial et les équipes sportives du Nordet, l’accès au centre sportif, au complexe Desjardins ainsi qu’à la bibliothèque.

« Les étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire qui sont en nos murs profitent d’un milieu d’études et de recherche à la fine pointe. Le fait d’être formés à Rimouski leur permet de découvrir la pratique vétérinaire en région tout en bénéficiant d’une vie universitaire riche et stimulante et en s’impreignant de la qualité de vie dans l’Est-du-Québec. Il s’agit d’ingrédients importants pour favoriser l’établissement de vétérinaires en région », observe le recteur de l’UQAR, François Deschênes.

Découvrir la pratique vétérinaire en région

C’est en 2019 que les premières discussions entourant la décentralisation du doctorat en médecine vétérinaire ont eu lieu entre l’UdeM et l’UQAR. La première cohorte a été accueillie au campus de Rimouski à la rentrée universitaire de 2024. Comme le nouveau pavillon était encore en construction, des espaces ont temporairement été mis à la disposition de la Faculté de médecine vétérinaire jusqu’à l’automne 2025. Les étudiantes et étudiants de l’UdeM ont pu découvrir le nouveau pavillon de l’UQAR au début de l’année 2026.

Le doctorat en médecine vétérinaire est une formation de cinq ans. Pour les étudiantes et étudiants de Rimouski, les trois premières années se déroulent dans le nouveau pavillon de l’UQAR. « Le personnel enseignant est rattaché à l’UdeM. Au total, une vingtaine de postes seront créés pour soutenir l’enseignement des cohortes, principalement à Rimouski, en complémentarité avec le campus de Saint-Hyacinthe », précise le doyen de la Faculté de médecine vétérinaire, David Francoz. La Faculté a en outre établi des collaborations avec l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) de La Pocatière, le Centre de services animaliers de Rimouski et des producteurs du Bas-Saint-Laurent afin d’offrir aux étudiantes et étudiants une formation qui allie théorie et pratique sur le terrain.

À la suite de leurs trois années au campus de Rimouski, les étudiantes et étudiants au doctorat en médecine vétérinaire poursuivront leur formation au campus de Saint-Hyacinthe de l’UdeM. « La quatrième année du programme combine des cours, des activités pratiques et des stages, notamment au Centre hospitalier universitaire vétérinaire de Saint-Hyacinthe, et permet aux étudiantes et étudiants d’orienter leur parcours selon leurs préférences. La cinquième année est entièrement consacrée à des stages, que nous souhaitons voir se dérouler dans les régions où les besoins en services vétérinaires sont les plus importants. C’est cette volonté de mieux répondre aux besoins du territoire qui est à la base du partenariat avec l’UQAR », souligne M. Francoz.

L’attrait pour le doctorat en médecine vétérinaire de l’UdeM est constant d’année en année. « Chaque année, nous recevons près de 1000 demandes d’admission. Ce partenariat avec l’UQAR marque un tournant historique pour la médecine vétérinaire au Québec en étendant la formation vers l’Est. C’est une excellente nouvelle pour l’ensemble du Québec », observe le recteur Jutras.

Selon le recteur de l’UQAR, le partenariat avec l’Université de Montréal est un modèle de concertation pour le milieu universitaire. « L’UdeM et l’UQAR avaient à cœur de collaborer pour contrer la précarité de services vétérinaires en région. En plus de bonifier l’accès au doctorat en médecine vétérinaire, le partenariat favorisera la rétention de vétérinaires. C’est une dimension importante dans un contexte de pénurie », conclut François Deschênes. Reconnu par l’Association canadienne des médecins vétérinaires et par l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le programme de médecine vétérinaire de l’UdeM a reçu l’agrément de l’American Veterinary Medical Association.

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