Professeure en gestion des technologies d’affaires, Amal Marzouki s’est imposée comme une spécialiste de la transformation numérique, de l’intelligence d’affaires et de la gouvernance technologique. Titulaire d’un doctorat en systèmes d’information organisationnelle de l’Université Laval, elle développe une approche stratégique des technologies en gardant en tête leurs dimensions humaine et organisationnelle.
Ses travaux portent sur la transformation numérique du secteur public, l’intelligence artificielle, l’analyse de données et la gouvernance des projets numériques complexes. Elle insiste sur un point central : « La transformation numérique n’est pas seulement un enjeu technologique. C’est un enjeu humain, organisationnel, éthique et social ».
Selon elle, les échecs ne sont que rarement attribuables aux outils eux-mêmes. « Les technologies ne transforment rien par elles-mêmes : ce sont les personnes, les institutions et les valeurs qui orientent leurs usages et leur portée. En plus, la technologie doit soutenir la valeur d’affaires et les objectifs organisationnels, ne jamais les précéder », précise-t-elle.
Une expertise reconnue
Amal Marzouki est active au sein de réseaux scientifiques internationaux et participe aux débats contemporains sur l’intégration responsable de l’IA. Son témoignage à la Commission d’enquête sur la gestion du projet SAAQclic a illustré la portée de ses travaux. Elle y a rappelé l’importance d’une analyse rigoureuse des besoins avant tout choix technologique.
Une bâtisseuse de programmes
Au sein de l’Unité départementale des sciences de la gestion au campus de Lévis, elle joue un rôle central dans le développement du DESS en intelligence artificielle pour gestionnaires. Pour Olivier Choinière, directeur des programmes d’études de cycles supérieurs en gestion de projet à Lévis, elle incarne pleinement l’esprit d’équipe : « Amal est un exemple en matière de collaboration et de collégialité. Son engagement dans le développement du DESS en intelligence artificielle est remarquable ».
Francis Belzile, directeur de l’Unité départementale des sciences de la gestion au campus de Lévis, souligne pour sa part son investissement pédagogique : « Animée par une passion profonde pour la pédagogie, Amal accompagne nos futures et futurs gestionnaires pour qu’ils soient parfaitement préparés à relever les défis de l’intégration de l’IA dans leurs organisations ».
En classe, Amal Marzouki expose ses étudiantes et étudiants aux promesses de l’IA, mais aussi à ses limites et à ses biais. « Je veux former des professionnelles et professionnels capables de penser la technologie avec nuance et responsabilité. L’IA doit augmenter l’intelligence humaine, ne jamais la remplacer », dit-elle. À travers la recherche, l’enseignement et l’engagement public, elle contribue à bâtir des organisations plus intelligentes, plus résilientes et plus alignées avec les valeurs démocratiques.
Des racines tunisiennes et une vision humaine
Née en Tunisie, Amal Marzouki conserve de son pays d’origine des valeurs qui la définissent. Son père, feu Mokhtar Marzouki, ingénieur en télécommunications, a été son premier modèle professionnel et intellectuel. « Il m’a appris à regarder les objets technologiques, non seulement pour ce qu’ils permettent, mais pour ce qu’ils transforment dans nos vies, nos institutions et notre société. C’est lui qui m’a inculqué une forme d’esprit critique tournée vers les répercussions sociales et organisationnelles des technologies », raconte-t-elle. Son directeur de doctorat, Sehl Mellouli, a renforcé cette idée.
Le choix du Québec et de l’UQAR
Poursuivre ses études au Québec représentait pour elle l’accès à la liberté académique et à un environnement scientifique dynamique. À l’UQAR, elle a trouvé un équilibre entre ambition de recherche et proximité humaine. « J’aime garder l’humain dans la salle de classe. La proximité favorise des échanges authentiques et une réelle réussite », affirme-t-elle.
Amal Marzouki valorise la préparation, la rigueur et l’engagement sincère. « La compétence n’est pas un statut, c’est une responsabilité. Il est essentiel que l’humain demeure aux commandes, que la pensée critique soit nourrie et que nos capacités cognitives guident les décisions, dans un cadre éthique, responsable et pleinement assumé collectivement », conclut‑elle.
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