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Un nouvel essor pour la recherche en santé animale

(Photo : Stéphane Lizotte)

La délocalisation du programme de doctorat en médecine vétérinaire a ouvert un chapitre prometteur de collaboration en recherche entre l’Université de Montréal et l’UQAR. La complémentarité des expertises des chercheuses et chercheurs des deux universités permettra la réalisation de projets inédits touchant la santé animale, humaine et environnementale.

Dès les premières discussions entourant le partenariat entre l’UdeM et l’UQAR pour offrir le doctorat en médecine vétérinaire au campus de Rimouski, les partenaires ont désiré saisir l’occasion de développer leur collaboration scientifique. « La Faculté de médecine vétérinaire et l’UQAR ont une volonté commune de favoriser les collaborations en recherche. L’interdisciplinarité est d’ailleurs une clé essentielle pour creuser une question scientifique par des approches originales et permettre ainsi d’enrichir l’expérience de formation aux cycles supérieurs », indique le doyen de la recherche de l’UQAR, Pietro-Luciano Buono.

Selon le vice-doyen à la recherche et aux études supérieures de la Faculté de médecine vétérinaire, Younès Chorfi, la collaboration avec les chercheuses et chercheurs de l’UQAR ouvre de nouvelles perspectives de recherche en santé animale. « La mise en commun de nos expertises permet de concevoir des projets innovants et inédits. Nous sommes persuadés que les collaborations vont se multiplier à mesure que les différentes équipes de recherche vont travailler ensemble. »

Les domaines de la biologie, de la chimie et de l’océanographie à l’UQAR ont été identifiés comme présentant des affinités naturelles pour la recherche avec les sciences vétérinaires. Deux activités de maillage ont eu lieu entre des chercheuses et chercheurs de l’UQAR et de l’UdeM afin d’explorer des collaborations possibles. Un appel à projets a par la suite été lancé par les universités partenaires et trois propositions ont été retenues.

Une équipe réunissant des chercheuses et chercheurs en chimie, en océanographie et en sciences vétérinaires a entrepris un projet sur les microplastiques qui affectent les océans et l’aquaculture. Les ténébrions meuniers, ces petits insectes souvent associés au compostage, sont au cœur du projet, L’équipe va évaluer leur rôle potentiel dans la biodégradation des microplastiques, tout en évaluant le risque de transfert d’autres polluants émergents lorsque ces insectes sont utilisés comme source de nourriture alternative en aquaculture.

La qualité de l’air dans les élevages intensifs est un enjeu majeur pour la santé animale. Bien qu’ils emprisonnent les micro-organismes vivants, les systèmes de purification ne sont pas en mesure de les inactiver totalement, ce qui pose un risque pour la biosécurité. Une équipe en chimie et en sciences vétérinaires travaille de concert afin de développer un nouveau filtre à ionisation pour assainir l’air dans un contexte d’élevage d’insectes.

Une autre équipe en chimie et en sciences vétérinaires réalise des travaux pour extraire les composantes responsables des odeurs et des goûts prononcés de la farine d’insecte afin de favoriser son acceptation sociale. Le projet vise également à valoriser le chitosane présent dans les insectes afin de développer des applications en santé et en agriculture, et ce, dans une perspective de développement durable et d’économie circulaire.

Les perspectives de développement sont particulièrement intéressantes en sciences de la mer, indique le directeur de l’ISMER-UQAR et vice-recteur associé à la recherche, Guillaume St-Onge. « Que l’on pense aux mammifères marins, à l’aquaculture, aux pêches ou à l’impact des polluants émergents sur les espèces marines, les thèmes de recherche sont vastes. De plus, l’agrandissement de la station aquicole permettra de lancer un laboratoire sur les conséquences des changements globaux sur les organismes de l’estuaire du Saint-Laurent. Notre souhait, c’est de développer des projets intersectoriels auxquels seront intégrés des étudiantes et étudiants qui réalisent leur maîtrise ou leur doctorat en océanographie avec l’approche Une seule santé ». D’ailleurs, l’Institut des sciences de la mer recrute présentement une étudiante ou un étudiant pour réaliser une thèse de doctorat en codirection avec des professeures de l’ISMER, de l’UQAR et de la Faculté de médecine vétérinaire sur l’identification des causes de mortalité et les implications populationnelles chez les mammifères marins du Saint-Laurent.

D’autres appels de collaboration sont à venir et incluront, en plus des disciplines précédentes, les secteurs de la santé, du génie et du développement régional. « En vertu de l’entente de partenariat, les deux institutions travailleront à l’élaboration de projets de recherche spécifiques en coopérant par la mise en commun de leurs équipements, matériels et infrastructures de manière équitable. Ceci facilitera l’élaboration de projets de même que l’intégration du corps professoral, des équipes de recherche et des étudiantes et étudiants en médecine vétérinaire au sein de la communauté de l’UQAR », conclut M. Buono. 

Pour nous soumettre une nouvelle : communications@uqar.ca